Société

Être végane, en vert et contre tout

Le véganisme, combien de divisions ? Si les végétariens de toute obédience et de plus ou moins stricte observance représenteraient moins de 3 % des Français, les véganes, eux, animalistes et végétaliens militants, ne sont qu’une petite poignée. Alors, pourquoi les entend-on autant ? Et pourquoi s’en inquiète-t-on autant ? Pourquoi nous émeuvent-ils tant – d’amitié ou de colère, qu’importe ? Parce qu’ils remettent en cause de manière radicale une institution centrale, fondamentale, de notre civilisation : la consommation de chair et le meurtre alimentaire. Manger, ce n’est pas rien. Et c’est même quelque chose, comme diraient les Dupondt. S’alimenter, ça n’est pas qu’un acte biologique, mais aussi un acte symbolique, social, moral, politique. Bref, éthique – à entendre en premier lieu dans son premier sens d’ethos.

Loin d’être une simple mode alimentaire, le véganisme est un mode de vie – et une revendication – révolutionnaire. Qui concerne seulement une minorité de personnes, certes, mais de plus en plus actives. C’est ainsi, par exemple, depuis peu, quelques années à peine, une véritable explosion éditoriale en France et en francophonie, et exponentielle, à laquelle participent notamment les éditions de L’Âge d’Homme, d’heureuse mémoire, désormais acquises à la cause animale et au véganisme dont elles sont le principal traducteur mais aussi éditeur original en langue française. C’est aussi la célébrité de l’association L214 qui s’est fait connaître par son travail d’information sur l’élevage et l’abattage, notamment par la diffusion de vidéos extrêmement choquantes réalisées clandestinement dans des abattoirs certifiés et soi-disant contrôlés – dont certains officiellement “bio”. C’est la loi de février 2015, depuis laquelle les animaux ne sont plus considérés juridiquement comme des meubles, mais comme des “êtres vivants doués de sensibilité”. C’est encore la sortie cette année du Code de l’animal, un manuel de plus de 1 000 pages rassemblant les articles de loi et jurisprudence en rapport avec les animaux, outil majeur pour mieux défendre les animaux sur le plan judiciaire. Bref, la question animale revient sur les devants de scène.

Faire le jeu du système

D’où l’enthousiasme des uns, très minoritaires, il faut le dire, et l’amusement ou l’agacement des autres, massivement majoritaires. Le vegan bashing est à la mode – c’est facile, et ça ne mange pas de pain (de viande). Notamment parmi toute une droite (mais une gauche aussi) qui, se voulant anticonformiste, fait passer les mangeurs de viande pour une minorité opprimée “politiquement incorrecte” et les végétariens, “bobos parisiens” (forcément), “puritains hygiénistes” et “ayatollahs du radis”, pour leurs persécuteurs – ces soi-disants non-conformistes se faisant propagandistes bénévoles, idiots utiles et compagnons de route du big business que la boucherie industrielle génère sur le dos des animaux et des consommateurs. L’animalisme n’est-il qu’une forme de moralisme, de purisme et d’apolitisme ? L’actualité a pourtant vu la création d’un parti animaliste, le Rassemblement des écologistes pour le vivant, à l’initiative de cette médiatique tête à claques d’Aymeric Caron, que son engagement antispéciste rend sympathique à certains mais encore plus insupportable à beaucoup d’autres – mouvement dont on attend peut-être un rôle de conscientisation, mais sans doute pas de résultats électoraux significatifs.

« L’animalisme n’est-il qu’une forme de moralisme, de purisme et d’apolitisme ? »

Pro et anti steak s’affrontent donc par médias interposés, et même les écologistes et autres décroissants se déchirent sur la question – s’accusant mutuellement, et à qui mieux mieux, de collusion avec le “système”, entendre : le capitalisme responsable de l’exploitation industrielle du vivant en général et des animaux en particulier. Ainsi Paul Ariès, Frédéric Denhez et Jocelyne Porcher accusent-ils carrément les véganes d’être les apôtres du capitalisme 4.0 et du… transhumanisme ! Ce qui semble ici contre-productif si ce n’est carrément stupide, c’est de s’en prendre de manière aussi caricaturale et agressive aux véganes au lieu d’unir les forces de tous les défenseurs du bien-être animal et de tous les contempteurs de l’élevage industriel.

En attendant, l’industrie de la viande se frotte les mains de ce genre de tribunes (ce qui fait chambre froide dans le dos) – même pas besoin de diviser pour régner, ça se divise tout seul, bénévolement… Pour le moment, pourtant, c’est bien l’association végane L214 qui fait le meilleur boulot de dénonciation des conditions d’élevage et d’abattage, pas les partisans de l’élevage traditionnel, qui sert le plus souvent de cache-sexe esthético-sentimental et publicitaire et de justification sociale indirecte à l’élevage industriel.

Abolitionisme !

© Gerhard Haderer

Car si on n’a jamais autant parlé d’intelligence animale, de sensibilité animale, si l’éthologie comme l’écologie sont largement vulgarisées depuis des décennies, etc., comment expliquer que pourtant tout empire pour les animaux ? Tel est le paradoxe de notre époque. Alors, la bonne question à se poser ici, comme souvent, est : à qui profite le crime ? L’animalisme est-il compatible avec le libéralisme et l’individualisme possessif ? Les animalistes insistent au contraire sur la responsabilité du capitalisme dans le sort meurtrier toujours plus massivement infligé chaque année à des milliards d’animaux d’élevage. Pour eux, animalisme implique anticapitalisme. Faut-il alors prôner et pratiquer une convergence des luttes anticapitalistes – animalistes ou non ? Zadistes, zapatistes, végans, même(s) combat(s)? Et quelle société postcapitaliste penser ? La révolution industrielle et la mondialisation accélérée de l’économie de marché depuis la fin du XVIIIe siècle, et la révolution agricole de l’après Seconde Guerre mondiale, ont vu l’apparition et le développement inouï de l’élevage industriel. Ne suffirait-il pas de revenir à des modes d’élevage plus modestes, plus respectueux ? Sortir de l’industrialisme, du productivisme ? Opter pour la sobriété, la décroissance ? Ou faut-il carrément abolir toute exploitation animale ? Telle est l’alternative.

Certains, comme Jocelyne Porcher et Paul Ariès, accusent donc avec virulence les véganes de vouloir la disparition non seulement des éleveurs mais des animaux d’élevage. Ainsi, les “abolitionnistes” souhaitent l’abolition de toute domination humaine sur les animaux et donc la disparition des animaux domestiques, de compagnie, etc., car à la différence des esclaves humains qui sont des humains esclavagisés, l’existence de ces esclaves animaux est liée à leur esclavage même. Mais n’y aurait-il pas injustice à leur égard, de les faire disparaître après les avoir quasi créés ? Et perte de biodiversité, de familiarité également ? Cependant, est-on condamné à les exploiter, les tuer, les manger ? Ne peut-on alors coexister en paix avec eux ? Ne peut-on envisager de vivre en société avec les animaux ? Comment penser une coexistence de tous les vivants, une zoopolitique ? De plus, peut-on penser une révolution agricole écologique soutenable sans animaux (trait, fumure, etc.) ? Peut-on se passer totalement d’animaux de labour, de travail animal ? Peut-on faire travailler les animaux, sans ipso facto les contraindre et les exploiter ? Ces questions restent ouvertes, et divisent jusqu’aux animalistes mêmes.

Lesquels, aussi radicaux soient-ils, sont aussi pragmatiques, et préconisent des changements concrets et progressifs. Dont les plus modérés cependant (abolition de la captivité d’animaux sauvages dans les cirques, zoos et autres delphinariums, de la corrida et autres combats d’animaux, de la chasse à courre puis de la chasse tout court, du foie gras et de la fourrure…) provoquent déjà de telles levées de boucliers qu’on voit mal comment arriver à l’abolition même progressive de l’élevage et de toute exploitation animale qui semble un idéal moral certes vertueux, mais inaccessible – un peu comme celui d’un monde sans violence, sans guerre. Ils répondent que par le passé d’autres institutions qui paraissaient inébranlables et indispensables, comme l’esclavage humain se sont écroulées – non sans résistances et remous. Comme l’écrivait Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra (1883) – lui-même si attentif à la portée éthique de toute diététique : « Ce sont les paroles les plus silencieuses qui apportent la tempête. Ce sont les pensées qui viennent comme portées sur des pattes de colombes qui dirigent le monde. » Les lignes bougent, certes de manière infinitésimale, mais ce sont, en profondeur, d’encore incommensurables mouvements de la tectonique des plaques civilisationnelles et mentales qui sont en cours. Les séismes ne font que commencer – accrochez-vous, ça va secouer !

Benoît Labre

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21 réponses »

  1. « Alors, pourquoi les entend-on autant ? Et pourquoi s’en inquiète-t-on autant ? Pourquoi nous émeuvent-ils tant – d’amitié ou de colère, qu’importe ? »

    Parce que les médias, sous ordre du Capital, mettent en avant tout ce qui permet de ne pas parler de la lutte des classes, ne soyez pas dupes. Les vegans sont clivants et ne parlent pas de la question sociale : parfait pour les médias.

    Maintenant oui je suis pour une réduction massive de la consommation de viande, plusieurs pistes sont à explorer.

  2. Le complot du Capital est assez improbable : l’exploitation animale génère autant de revenus qu’elle gaspille de ressources.

    On entend parler de la cause animale simplement car les gens s’y intéressent. Les journaux veulent vendre et faire réagir.
    D’un coté on a des militantes décidées à faire parler de la condition animale et organisent et pensent leur com’ pour y arriver. De l’autre on a une masse que la question déchaine autant qu’elle les culpabilise. Les gens savent bien, au fond, qu’il n’est plus nécessaire de manger des animaux, mais mettent tout en œuvre pour justifier l’injustifiable. Les défenseurs de l’exploitation animale les plus virulents (comme les plus homophobes) sont probablement ceux qui se sentent les plus coupables.

  3. Homo sapiens, chasseur cueilleur ? Comme beaucoup d’autres prédateurs non ? Ce que combattent les végans, c’est peut-être plus l’industrialisation de la production et de la consommation de la viande que le fait de consommer de temps en temps de la chair animale. Et si c’est le cas, on en peut qu’être d’accord avec leur combat.

  4. En projetant les conséquences de leur pensée à leur terme, c’est à l’industrialisation totale de l’alimentaire qu’on aboutit. Il n’est pas nécessaire d’être ingénieur agronome pour le comprendre. Il faut au moins être paysan ou jardinier. Je ne connais pas de vegans ruraux, néo-ruraux, oui, c’est un signe. Il faut ignorer tout des équilibres de la terre, des amendements et de la symbiose du végétal et de l’animal dans l’agriculture paysanne pour tenir des propos aussi délirants.

    • @ Chevailler: En plus des liens postés par Cmp, voir aussi les conférences ou les cours de Konrad Schreiber qui est à la pointe de la production végétale sans fertilisation animale aujourd’hui. Lui même n’était clairement pas végan mais son travail apportera beaucoup à l’agriculture du futur sans élevage.

  5. Lire l’écomarxiste Andreas Malm, entre autres : on ne sortira pas pas du capitalisme et de l’exploitation, sans parler de l’effondrement écosystémique, sans un quasi végétarisme mondial. Lire aussi Pierre Madelin sur ce sujet, animaliste et anticapitaliste.

  6. Je rejoins l’avis de Chevailler. Le véganisme est clairement un mouvement essentiellement urbain. Tout comme l’agriculture industrielle (conventionnelle comme biologique) et l’élevage concentrationnaire, il relève d’un mode de vie hors sol bien éloigné des savoir faire paysans.
    Quiconque a déjà expérimenté la différence de valeur agronomique entre un compost purement végétal et un fumier de poule obtenu à partir des mêmes végétaux doit se poser la question de la pérennité d’un système agricole qui exclurait les amendements d’origine animale. Et même si les techniques d’engrais vert et les cultures à dominante de légumineuses (un point fort des végans, car les légumineuses sont injustement exclues de l’alimentation moderne) peuvent peut-être résoudre le problème des apports d’azote, reste les autres éléments. J’attends la démonstration scientifique (et non le discours ésotérique) qui prouvera qu’une agriculture purement végétale ne revient pas à détruire petit à petit les sols, à l’image de l’agriculture chimique (qui le fait bien plus rapidement).
    Nous sommes dans un monde délirant d’hubris, et à lire ces débats il semble ne plus exister de moyen terme entre les partisans de l’élevage concentrationnaire avec steak à chaque repas et les partisans de campagnes vidées de leurs animaux après avoir été vidées de leurs habitants.

    • @JN : Voir Konrad Schreiber (nombreux cours et conférences visibles sur youtube), à la pointe de la fertilisation des sols 100% végétale (qui exclut tout compost végétaux ou animaux d’ailleurs).
      Mais par ailleurs je ne vois pas en quoi une agriculture végane exclurait l’usage de fumures animales si besoin. Le véganisme n’étant pas en faveur de l’exclusion des animaux mais au contraire de leur pleine inclusion dans une société apaisée. L’agriculture végane ne souhaite pas des campagnes sans animaux mais sans exploitation animale.

  7. Les animalistes et vegans, abolitionnistes de l’exploitation animale (et du meurtre, industriel ou artisanal, des animaux ), ne sont pas forcément pour l’abolition du travail animal, ni la disparition des animaux domestiques ou de compagnie. Cf. Pierre Madelin ou Corine Pelluchon. Seul certains, ultraminoritaires, sont des abolitionnistes radicaux comme Gary Francione. Et encore, lui-même a des chiens issus de la rue ou de la SPA. Il peut très bien y avoir travail animal et travailleurs animaux dans nos sociétés pourvu qu’il y ait conditions de travail et de vie décentes, retraite correcte, respect de l’éthologie spécifique, etc. Exemples concrets : peut-on manger les oeufs des poules ou utiliser la fumure des sanctuaires animaux mis en place par les animalistes/vegans pour donner une vraie vie (et une vie tout court) à des animaux sauvés de l’élevage industriel ou traditionnel ? Il me semble que oui.

  8. Et une agriculture « animaliste » ou « vegan » écologique remplirait à nouveau les campagnes de néo-paysans : agriculture bio, agroécologie, permaculture, agriculture paysanne, etc.

  9. Andreas Malm, L’anthropocène contre l’histoire (La Fabrique, 2017) : On ne sortira pas de la crise écologique (notamment climatique) mondiale sans le démantèlement total de l’industrie de l’élevage c’es-à-dire un quasi végétarisme mondialisé.

  10. « Les partisans de l’élevage traditionnel, qui sert le plus souvent de cache-sexe esthético-sentimental et publicitaire et de justification sociale indirecte à l’élevage industriel. »

    Vous n’avez pas entendu parler du mouvement contre les normes en agriculture qui se développe autour de l’assassinat de Jérome Laronze par des gendarmes suite à un harcèlement administratif?

    La mort fait partie du renouvellement de la vie. Le nier c’est justement un article de foi du transhumanisme, et les anti spécistes qui veulent la fin de l’abattage des animaux – la plupart du temps sans faire de distinction entre l’abattage industriel et la mise à mort à la ferme (cf. les réactions à la tribune Aries-Porcher) – s’inscrivent, qu’ils le veuillent ou non, dans la création de la viande in vitro.

  11. Beaucoup d’hypothèses.. Le savoir vient de l »expérience..le reste n’est que de l’information..
    En dehors de cette noble lutte pour la protection des animaux ,il y a aussi une meilleur santé pour l’ être humain qui en dépend..
    Ne sommes nous pas dans l’ère de la connaissance ? Alors ,maintenant que la nature n’a plus de secret pour nous , pourquoi ne pas en profiter pour un mieux être ? Il y a une grande variété de délicieuses recettes végétaliennes de quoi ravir tous les palais !!!!
    Essayer donc sincèrement ,6 mois, 2 ans et vous pourrez comparer l’avant et l’après. Pour ceux qui sont très attachés à la consommation des animaux ,toutes tentatives de discussions restent stériles et parfois pire..rien ne vaut l’essai..Je vous invite à regarder la vidéo de Irène GROSJEAN « Guider vers la guérison et la pleine santé » (version longue).

    MANU

  12. Oui, on est dans un domaine qui touche au-delà du rationnel et de l’argumentatif : ce curieux attachement à la viande, à la chair, au lait, à l’oeuf, et au meurtre alimentaire qui est derrière.

    Pourquoi pas le cannibalisme, alors ? Ah ! parce que là on touche à l’humain, à ce dieu-sur-terre ?

    Pourtant, puisque « la mort fait partie du renouvellement de la vie », comme on dit (et comme disaient les nazis pour justifier leur vaste entreprise de mort – point Godwin atteint !), donc pourquoi ne pas manger de l’humain, si l’on est carnivore ?

    Qu’est-ce qui justifie le fait d’exploiter, esclavagiser, manger, tuer d’autres animaux, à part le droit du plus fort ?

    A partir de là, pourquoi pas l’esclavage humain et la consommation de viande humaine – comme tant de sociétés les ont pratiqués ?

  13. L’animalisme, le véganisme, l’antispécisme ou le non-spécisme, sont une extension de la logique humaniste, égalitaire, socialiste ou sociétaliste (écosociétaliste), libertaire, non-violente, au-delà de l’humain : autant que possible, vivre et laisser vivre.

    L’exploitation animale n’est pas plus nécessaire que l’exploitation humaine à une une vie décente pour tous sur Terre : l’exploitation animale est même tout aussi contraire que l’exploitation humaine à une une vie décente pour tous sur Terre.

    C’est inquiétant et symptomatique à la fois, cette résistance même des socialistes, égalitaires, libertaires, anticapitalistes, etc., à la justice pour tous sur Terre – animaux compris.

  14. Quant à dire que véganisme = viande de synthèse = big business = capitalisme, c’est à pouffer de rire : quand on voit le big business de l’élevage industriel, intensif ou extensif…

  15. « Qu’est-ce qui justifie le fait d’exploiter, esclavagiser, manger, tuer d’autres animaux, à part le droit du plus fort  »

    Le problème lorsqu’on rentre dans cette logique, c’est que l’on ne voit pas bien ce qui justifie de s’arrêter aux animaux. Car il y a désormais des preuves que les végétaux sont sensibles, qu’ils ressentent la douleur et sont capables de la communiquer entre eux pour mettre en œuvre des mécanismes de défense (sécrétion de substances répulsives notamment). Pour ceux que cela intéresse, ce sont des recherches menées entre autres au département de biologie moléculaire à Lausanne.

    On en revient donc à ce que Chevailler et moi écrivions plus haut : la conséquence nécessaire de cette logique poussée à ses conséquences, c’est l’abandon de la nourriture « naturelle » (animale comme végétale) et l’industrialisation totale de notre alimentation.

    J’en revient donc à l’idée de mesure : si l’on refuse l’artificialisation de notre alimentation, alors il faut refuser ces deux extrêmes, l’élevage (et la culture végétale) industriel et le véganisme jusqu’auboutiste. On en revient alors à ce que l’humanité fait depuis qu’elle est devenue sédentaire, les cultures paysannes, si possible vivrières.

    • @ JN : Les plantes sont reconnues comme sensibles et communicantes, pas conscientes et encore moins sentientes. Si vous voulez vous en convaincre vous pouvez lire ou écouter Stefano Mancuso, fondateur de la neurologie végétale, qui explique bien la différence entre sensibilité et sentience. https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-04-avril-2018
      Par ailleurs aucune nourriture humaine n’est naturelle : tout ce que nous mangeons a été soigneusement sélectionné et manipulé par l’Homme.
      De manière générale, hormis quelques isolés, les antispécistes sont pour un plus grand respect du vivant de manière générale, et donc plus proches des partisans de la décroissance que du développement industriel.

  16. Ce qui est drôle, c’est que ce sont la plupart du temps ceux qui refusent d’exploiter et de tuer des animaux pour les manger ou les utiliser de quelque manière que ce soit, les végétariens, végétaliens et autres vegans, qui passent pour des extrémistes, et même les animalistes pour des écoterroristes, etc.

    De même les pacifistes, les non-violents que l’on fait passer pour des extrémistes, des radicaux, (ou en voie de radicalisation, attention !).

    Gandhi ? Terroriste !

  17. Ce qui me rebute dans l’animalisme, c’est cette idée que la nature serait un monde de paix et d’harmonie que seule la violence humaine viendrait briser. Alors que la prédation et la mort violente sont bien sûr la règle dans le monde sauvage, et qu’elles sont nécessaires au maintien des équilibres écologiques. Maintenant qu’on a éliminé les loups et les ours, ce sont des chasseurs qui doivent limiter la prolifération des cervidés, des sangliers, etc.. Et la mort par balle n’est pas plus atroce que de se faire déchiqueter par une meute. Si rien de tout cela n’est fait, ce n’est pas la paix et l’harmonie mais la mort par famine qui guette nos braves petits herbivores, comme cela a été démontré sur l’île Saint-Matthieu. Il n’ est donc pas possible d’éliminer la souffrance animale, à moins d’échafauder des projets délirants en contradiction complète avec l’objectif de réduction de l’empreinte humaine sur la planète.

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