Politique

Faut-il avoir peur des black blocs ?

Le hasard a voulu que « Les black blocs », ouvrage de référence sur le sujet écrit par Francis Dupuis-Déri, soit réédité en France au moment même où le mouvement des Gilets jaunes, auxquels des militants « d’ultra-gauche » vêtus de noir et cagoulés participent désormais régulièrement, bat son plein. Ces militants n’ont pas bonne presse : des sommets de l’État jusqu’aux organisations de la gauche institutionnelle en passant par les manifestants non-violents, ils font l’objet d’une réprobation quasi-unanime. « Violents », « vandales », « sauvages », « terroristes », ils discréditeraient les mouvements auxquels ils participent aux yeux de l’opinion publique et contribueraient à légitimer leur répression. Vraiment ?

téléchargementLe livre de Dupuis-Déri, à mi-chemin entre l’enquête sociologique (l’auteur s’interroge sur les origines sociales des membres du black bloc, sur le nombre respectif d’hommes et de femmes parmi eux, sur leur mode de fonctionnement, etc.) et le texte militant – il ne cache pas une certaine sympathie pour ces milieux – permet d’adopter une vision beaucoup plus nuancée du black bloc. Sans prétendre rendre compte de toutes les données rassemblées ni de toutes les analyses proposées, appuyons-nous sur elles pour essayer de répondre à certaines des questions récurrentes soulevées par la présence et les actes des black blocs dans les manifestions.

Les black blocs sont-ils si violents ?

Des “casseurs”, des “extrémistes ultra-violents” qui menacent la “démocratie” et la “civilisation” (rien moins !) : voilà le discours le plus répandu parmi les hommes politiques et les médias dès lors qu’il est question des hommes en noir des cortèges de tête. Et il est vrai que ceux-ci s’attaquent aux biens matériels – généralement des symboles du capitalisme (banques et magasins de luxe) ou du pouvoir de L’État – et parfois aux forces de l’ordre.

Pourtant, à bien y regarder, leur violence est minime, surtout si on la compare à celle qu’exerce la société industrielle et capitaliste sur les humains et sur la Terre. Dépourvus de mitrailleuses, de porte-avions, de sous-marins nucléaires, de drones ou encore de bombardiers et d’avions de chasse, les black blocs apparaissent bien inoffensifs, et même franchement vulnérables vis-à-vis des États dont ils menaceraient soi-disant l’intégrité.

« On peut ne pas être d’accord avec les tactiques et les méthodes employées par les black blocs, mais ayons au-moins la décence de ne pas focaliser notre attention sur une violence somme toute dérisoire au regard des multiples conflits qui ravagent ce monde. »

Sont-ils responsables du sort réservé aux centaines de millions de personnes exploitées et exclues aux quatre coins de la planète ? Pas que nous sachions. Ont-ils une quelconque responsabilité dans la mort, chaque année, de milliers de journalistes, de militants des droits de l’homme et de la Terre un peu partout dans le monde, par exemple, au hasard, celle de Berta Cáceres au Honduras ou celle de Rémi Fraisse en France sur la ZAD de Sivens ? Il y avait bien des hommes cagoulés derrière ces meurtres, mais de toute évidence, ce n’étaient pas des black blocs. Participent-ils activement à la destruction des conditions de la vie sur sur Terre, par exemple à la déforestation de l’Amazonie ou aux forages pétroliers ? Manifestement, non. Ces violences systémiques, autrement plus graves qu’une vitrine brisée ou un véhicule incendié, sont généralement le fait de grandes entreprises, d’États ou de milices armées tolérées par les premières comme par les seconds.

Enfin, pour en revenir à la situation actuelle en France, les black blocs n’ont aucune responsabilité dans les violences qui ont conduit des hordes de brutes en uniforme à tuer une femme de 80 ans à Marseille, à éborgner, à mutiler et à blesser gravement plus de 200 manifestants. Et quand bien même leur “violence” serait d’une ampleur comparable à celle de l’État, celle-ci, servie par des moyens infiniment plus puissants – policiers, juridiques, médiatiques, etc. – devrait toujours être tenue pour beaucoup plus grave et dangereuse.

On peut donc ne pas être d’accord avec les tactiques et les méthodes employées par les black blocs, mais ayons au-moins la décence de ne pas focaliser notre attention sur une violence somme toute dérisoire au regard des multiples conflits qui ravagent ce monde. Gardons toujours à l’esprit les paroles désormais fameuses, d’une force et d’une clarté inépuisables, de Dom Helder Camara : « Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »

Black blocs, États, même combat ?

À défaut d’être intentionnellement complices, les black blocs et les forces de l’ordre ne seraient-ils pas fonctionnellement, structurellement complices ? La violence des uns n’attise-t-elle pas celle des autres ? Les vitres brisées et les restaurants incendiés ne permettent-ils pas de légitimer la répression auprès de l’opinion et des médias ? Voilà des propos que l’on entend souvent. Mais ce raisonnement est pervers parce qu’il tend à attribuer aux black blocs et aux manifestants “violents” la responsabilité de la répression dont ils sont souvent les premières victimes, et dont l’État doit être tenu pour le principal responsable. Ce raisonnement est boiteux dans la mesure où il feint d’ignorer toutes les situations historiques où l’État n’a eu nul besoin d’invoquer la violence de ses opposants pour déchaîner la sienne. L’usage de la force par un mouvement social peut être un prétexte de plus pour le réprimer, mais il ne saurait en aucun cas être tenu pour la cause de cette répression.

« La première [violence], mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. » Dom Helder Camara

Pour quiconque s’est interrogé sur la nature profonde du capitalisme ou de l’État, il apparaît rapidement que ceux-ci ne sauraient être réduits, si ce n’est au prix d’une simplification extrême, à un ensemble d’institutions, et encore moins à un ensemble de lieux de pouvoir ou de consommation. « Une table, on peut la renverser et une vitre, on peut la briser, mais quels beaux parleurs, quels naïfs adorateurs de formules, tous ceux qui considèrent l’État comme une chose ou un fétiche que l’on pourrait détruire, simplement en le brisant ! », écrivait le grand anarchiste juif-allemand Gustav Landauer. À l’image du Capital théorisé par Marx, « l’État est un rapport, c’est une relation entre les hommes, c’est une manière qu’ont les hommes de se comporter entre eux ; et on le détruit en entrant dans d’autres relations, en se comportant différemment les uns envers les autres. »

Les black blocs, qui non seulement aiment briser les vitres et renverser les tables, mais aussi brûler les voitures et les restaurants de luxe, seraient-ils prisonniers d’une conception fétichiste du capitalisme et de l’État ? Autrement dit, seraient-ils des imbéciles ? La thèse est souvent avancée, mais à lire les entretiens réalisés par F. Dupuis-Déri avec nombre d’entre eux, rien n’est moins sûr. La plupart des personnes qui participent à un black bloc sont en effet parfaitement conscientes que leurs actions ne détruiront ni le capitalisme ni l’État, et il sont souvent engagés par ailleurs dans des formes de militantisme plus discrètes, visant justement à transformer en profondeur les rapports sociaux (ZAD, habitats partagés, remise en cause des relations hiérarchiques sous toutes leurs formes, etc.). Leurs actions spectaculaires sont essentiellement d’ordre symbolique et tactique. Mais cette tactique est-elle efficace ?

« Une table, on peut la renverser et une vitre, on peut la briser, mais quels beaux parleurs, quels naïfs adorateurs de formules, tous ceux qui considèrent l’État comme une chose ou un fétiche que l’on pourrait détruire, simplement en le brisant ! » Gustav Landauer

Les black blocs sont-ils des clowns inefficaces ?

Là encore, tout dépend de l’objectif qui leur est prêté. Si l’on part du principe qu’ils prétendent abolir le capitalisme et l’organisation étatique de la société en pillant des magasins et en affrontant les forces de l’ordre, on pourra à bon droit penser que les actions des black blocs sont totalement inefficaces, et à bien des égards contre-productives. Mais, comme nous venons de le souligner, telle n’est pas leur ambition. Par ailleurs, quoique rien ne garantisse l’efficacité des stratégies impliquant un certain usage de la violence, force est de constater que les stratégies non-violentes, en dehors de certains contextes bien précis, sont souvent, et de plus en plus, totalement inefficaces.

« Si voter changeait quoique ce soit, ils le rendraient illégal » (Emma Goldman)

Les revendications scandées dans la plupart des grandes manifestations déclarées et encadrées sont superbement ignorées par les autorités, précisément parce qu’elles… ne dérangent rien ni personne (à part peut-être les gens qui font la sieste et n’ont pas de double-vitrage). En réalité, il n’est pas interdit de penser que les black blocs, à travers leurs méthodes, cherchent avant tout à dissiper l’illusion tenace de la neutralité de l’État – qui serait au service de “l’intérêt général” et avec lequel il serait par conséquent possible de négocier entre personnes “raisonnables”, comme voudrait encore le faire croire le misérable “Grand Débat” organisé par la présidence – et à révéler aux yeux d’un nombre croissant de personnes le caractère intrinsèquement hiérarchique, violent et autoritaire des États capitalistes.

« Dans un contexte de répression violente dont l’État porte l’entière responsabilité, l’action directe et l’usage de la force ont permis de mettre en lumière […] que cette société attribue davantage de valeur à la propriété privée qu’à un œil ou à une main. »

Par là, il ne s’agit aucunement de dire que l’action des black blocs et autres manifestants “violents” a joué un rôle positif dans la mesure où elle a poussé le gouvernement à une escalade répressive. Cela reviendrait à soutenir qu’il est globalement bénéfique que des personnes aient perdu un œil ou une main au prétexte que cela aurait permis de mettre en lumière la violence de la police. Non, il s’agit de dire que dans un contexte de répression violente dont l’État porte l’entière responsabilité, l’action directe et l’usage de la force ont permis de mettre en lumière l’échelle de valeurs sur laquelle reposent les appréciations et les décisions de l’immense majorité du personnel médiatique et politique, lequel n’a cessé d’insister sur les actes de “vandalisme” tout en occultant, en minimisant ou en légitimant les atteintes aux droits des personnes. De ce point de vue, autant dire que la tactique du black bloc s’est avérée extrêmement efficace. Car après plus de quatre mois de mobilisations en France, s’il est vrai qu’une frange significative de la population s’est rangée, volontairement ou sous l’effet de la propagande médiatique, aux discours sécuritaires et criminalisant du gouvernement, il est vrai également qu’une frange non moins significative de la population a désormais la preuve, réitérée semaine après semaine au vu des réactions des uns et des autres, que cette société attribue davantage de valeur à la propriété privée qu’à un œil ou à une main. Qu’elle considère qu’il est plus grave de s’en prendre à un restaurant de luxe que de mutiler un corps et de détruire une vie humaine. Le masque est tombé, et le vrai visage de cette société mortifère est apparu au grand jour pour de nombreuses personnes qui, hier encore, conservaient une certaine confiance dans les institutions.

Bien sûr, il ne faudrait pas que la violence devienne une fin en soi, un fétiche, qu’elle cesse d’être avant tout une méthode et une tactique. Mais face à la violence inouïe d’une société intrinsèquement hiérarchique qui organise méthodiquement la destruction de la vie sur Terre, il devient de plus en plus évident que les actions non-violentes, méprisées par ceux-là même auxquels elles s’adressent, ne suffiront pas, et que l’on ne pourra pas éternellement tendre l’autre joue.

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12 réponses »

  1. Merci beaucoup pour cet article qui remet les pendules à l’heure, ce qui est bien nécessaire à l’heure où tant de personnes s’indignent facilement devant une vitrine brisée, et ne trouvent rien à redire à la vue du sang qui jonche le pavé chaque samedi.

    Une autre analyse de la violence politique, et en particulier de celle des gilets jaunes, sous l’angle historique et stratégique :
    lemoinedefroque.home.blog/2019/03/17/la-violence-revolutionnaire/

    Et un texte qui développe l’idée évoquée dans cet article que l’action des BB (et plus largement celle des GJ) a eu un immense mérite, celui de faire s’envoler le décor libéral qui justifie le capitalisme et la pseudo-démocratie « représentative » :
    lemoinedefroque.home.blog/2019/01/17/quand-le-vent-se-leve-senvole-le-decor-liberal/

  2. Un éclairage intéressant. Comment ne pas partager les sous-jacents théoriques de ton analyse? Malheureusement, la boutique ou le restaurant de luxe ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La violence du black bloc frappe aveuglément les biens de ceux qui subissent aussi le système : voitures particulières, kiosques à journaux, boulangeries, la liste est longue. Elle contribue donc à créer une double injustice et en même temps, elle se prive de tout soutien populaire. Tant que ce problème ne sera pas réglé, en ciblant d’abord et surtout les symboles de la violence capitaliste, le black bloc est condamné à rester un mode d’expression marginal, facilement instrumentalisé par l’État. Tu me répondras que « la révolution n’est pas un dîner de gala ». Certes, mais notre société semble encore avoir plus à y perdre qu’à y gagner.

    • Il y a sans doute du vrai dans ce que tu dis. Mais finalement mon article ne vise pas tant à substituer à la diabolisation des black blocs un éloge inconditionnel de leur stratégie, mais plutôt à rééquilibrer les débats, notamment en essayant de relativiser leur importance que ce soit en termes de violence, ou en termes de force révolutionnaire. Ils ne menacent pas la « démocratie », ne vont pas renverser le capitalisme et ne le prétendent pas. Ils permettent, dans le meilleur des cas et parmi d’autres acteurs, de mettre en lumière des antagonismes sociaux et politiques que les mobilisations trop consensuelles tendent à occulter. C’est en tout cas d’après moi leur principal mérite. Mais c’est un débat qui reste ouvert, j’en conviens.

  3. Pas vraiment d’accord, voici pour moi les raisons pour lesquelles les black blocks sont précieux pour le Capital :

    – L’article ne prend pas en compte l’adoucissement des mœurs en termes de violences politiques de nos sociétés occidentales qui a atteint un niveau inédit dans l’histoire humaine, ce qui rend toute comparaison historique entre les gilets jaunes et les révolutions précédentes caduque.
    – Le pouvoir a aujourd’hui absolument besoin d’images de manifestants violents pour pouvoir justifier une répression, car oui à notre époque de mœurs politiques radoucis et où l’image est triomphante, une répression du pouvoir est inconcevable sans justification (contrairement à ce qui est affirmé dans l’article). C’est à ce titre que les blacks blocs sont utiles au pouvoir, ils donnent une bonne excuse pour pouvoir réprimer.
    – Les blacks blocs sapent le lien entre le peuple et les policiers (qui appartiennent au peuple d’ailleurs). Si vous voulez faire une révolution, le seul moyen aujourd’hui est que la police finisse par rejoindre le peuple or les black blocs (et les gauchistes en général), par leurs attitudes provocantes, rendent impossible une union entre le peuple et la police, et rendent donc toute révolution impossible.
    – Vous pouvez toujours rêver une révolution armé mais c’est aujourd’hui impossible à cause de l’adoucissement des mœurs politiques dont j’ai parlé au-dessus. Lisez plutôt Les Misérables, « Faits d’où l’histoire sort et que l’histoire ignore » (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_01/05) –> pour faire une révolution armé il vous faut une myriade d’organisations secrètes branchés sur les réseaux de trafics d’armes, il vous faut une milice prête à agir le jour J, il faut être prêt à monter des barricades de 10 mètres de haut, il faut être prêt à des affrontements sanglants avec l’armée régulière.
    Existe-t-il une seule personne ayant la volonté et les couilles de faire ceci aujourd’hui ? Non.

    Seul une violence extrême peut produire des effets politiques, la violence à demi tel que pratiqué par les blacks blocs ne sert que le pouvoir.
    A ce titre je suis moi persuadé que les leaders des Blacks blocks sont dans leur majorité des barbouzes infiltrés.

    • Ecrire que « Le pouvoir a aujourd’hui absolument besoin d’images de manifestants violents pour pouvoir justifier une répression » est de toute évidence faux. Les manifestations de GJ non violentes sont réprimées tout aussi durement que celles où les BB sont présents, et cela depuis l’acte II. Si ce n’est pas plus : en présence du BB, les policiers de la BAC (responsables de la majorité des blessés graves) font beaucoup moins les malins.
      Et puis à l’heure où l’on mobilise les services antiterroristes contre les activistes d’ANV-COP21 qui ont seulement décroché des portraits du despote des murs de quelques mairies, il est clair que l’oligarchie n’estime plus avoir besoin de prétexte à sa politique de terreur.
      https://reporterre.net/Le-gouvernement-mobilise-la-lutte-anti-terroriste-contre-les-activistes-du

      L’argument qu’une révolution victorieuse impose la fraternisation d’une partie des forces répressives est juste. Mais dire que la violence des manifestants la rend impossible n’est pas certain. Il ne faut pas négliger l’effet de l’usure sur l’adhésion des troupes. Et puis ayant dans mon entourage plusieurs policiers et militaires, il reste à démontrer qu’ils aillent avec enthousiasme au casse-pipe pour sauver le costume de personnages aussi respectables qu’un Castaner.

      • Il est vrai que dans un premier temps le pouvoir a opté pour une stratégie de répression dur sans avoir de justification mais le besoin d’une justification s’est fait très rapidement sentir justement et les black blocs sont arrivés à point nommé pour cela.. Il suffit d’une image de bâtiments brûlés sur Paris qui tourne en boucle sur toutes les chaînes pour pouvoir justifier la répression de l’ensemble des GJ non-violents sur l’entiéreté du territoire. Tout bénef pour le pouvoir..

        L’usure joue sûrement mais de manière marginale.. La meilleure stratégie révolutionnaire est me semble-t-il que les manifestants chantent « La police avec nous » plutôt que « CRS/SS »

    • renard dit :  » La meilleure stratégie révolutionnaire est me semble-t-il que les manifestants chantent « La police avec nous » plutôt que « CRS/SS » » j’ai beaucoup rigoler j’etait a Paris le 24 novembre et en fait les deux furent dit: dans un premier temps les gens scandait la police avec nous puis quand les flics se sont mis a lancer lacrymo et charger dans le tas sans que de mon coté je n’ai vu aucune violence de la part des manifestant ! il se sont mis a scander crs=ss !(et a faire des barricades ou relancé les palets mais ceci seulement apres les violences policieres )

      • et j’etait passer a coté de sa  » A ce titre je suis moi persuadé que les leaders des Blacks blocks sont dans leur majorité des barbouzes infiltrés. » euh je croit que t’as pas bien compris ce qu’est un black block , un black block est un modes d’action reunissant des personne pas toujours semblable (ex on peut en faire parti sans forcement casser ) mais y chercher un leader est une érreur que seul les média ou les politique essaye de faire ….. le black block c’est comme l’ hydre de lerne tu peut toujours lui couper une tete , elle repoussera et doublement (la reference a la mythologie s’arrete d’ailleurs la puisque elle n’a même pas de tete central immortel ou pas )

  4. Je suis très méfiante envers les black blocks, qui tout comme les antifas, agissent de telle manière qu’ils en deviennent les alliés objectifs de ceux qu’ils prétendent combattre, à savoir le gouvernement (quel qu’il soit). Ils sont souvent là pour pourrir les manifs, donner une mauvaise réputation aux organisateurs de ces manifs (syndicats ou GJ), et pour dissuader les gens de venir et revenir en manif. Tout bénéf’ pour les pouvoirs en place !

    La citation de Don Helder Camara est tout à fait juste. Nous la voyons vérifiée depuis des décennies de manifestations. L’un des meilleurs exemple reste à mes yeux celui des chemises arrachées des DRH d’Air France il y a quelques années. Que de cris d’orfraie poussés pour quelques chemises – alors que les mêmes DRH venaient de saccager la vie de plusieurs milliers de salariés de leur entreprise !

    Par ma culture, je suis adepte de la pensée de Martin Luther King, l’autre grand théoricien et praticien de la non-violence, qu’il avait mise en place lors de la lutte des droits civiques dans le Sud des USA. Il avait réussi à démontrer que l’action non-violente, si elle n’arrêtait pas la 3ème violence dont parle Camara, avait pour avantage de susciter l’indignation dans d’autres parties de la population américaine, qui ont fini par faire pression sur leurs représentants pour que cesse la ségrégation. A moyen et long terme, King a eu raison.

    Ce sont toujours les gouvernements qui fixent les niveaux de violence. Jamais les manifestants. Si nous autres GJ (et manifestants) restons dans la non-violence – ce qui n’est pas tendre l’autre joue, soyons bien clairs, car une action de protestation peut être non-violente tout en restant spectaculaire – alors les médias ne seront plus nourris en images reflétant la 2nde violence dont parle Camara. Il ne subsistera que les images de cette 3ème violence, des images alors susceptibles de faire encore plus basculer l’opinion publique dans le camp des manifestants et de leur cause. Des gouvernements peuvent ainsi tomber. Voilà pourquoi je crois fermement en la non-violence.

    Les GJ font peur au gouvernement et à l’oligarchie non pas parce qu’il y a des restaus de luxe incendiés. Mais rien que par leur présence en nombre dans les lieux du pouvoir officieux (mais bien réels) comme les Champs Elysées. Dit autrement : les GJ manifestent aux bons endroits, contrairement aux syndicats qui ne risquaient pas de faire peur vu qu’ils manifestaient loin des lieux fétiches de l’oligarchie…

    • tu semble oublier qu’a coté de la non violence de luther king y avait la violence des blacks panthere (qui par ailleurs allait bien plus loin dans leur revendication que luther king )ou de malcom X lesquel on mis « fin » a la segregation « officiel » (vu que franchemet au state la segregation elle existe toujours mais elle devenu plus économique et spatial (ghetto )) je ne sais pas je dirait un peu de tout sa !

  5. Comme le dit très bien l’auteur, les manifs ou protestations plan-plan qui ne dérangent personne et surtout pas les puissants qui organisent l’ordre du monde, sont vaines depuis longtemps. Ce serait-ce que pour cela, les actions des BB infligent un coût qui n’est pas que symbolique à ces mêmes garants de l’ordre. Et ça les fatiguent, ils ruminent la perte de leur tranquillité. Vous n’imaginez pas, en effet, la peine et la sécrétion de bile que la démolition du Fouquet’s ou autre magasin de luxe provoque chez les profiteurs et rentiers du système. Là, ils sont touchés, parfois abattus et montrent leur vraie nature, faite de rage et de mépris de classe. Car oui, il faut être malsain et déséquilibré pour hurler au recours à l’armée après la destruction d’un restau pour rupins qui te vend un café serré à 12€. Leur fétichisme de parvenus est atteint, leur innocence aussi, c’est plutôt jouissif je trouve. Dévoiler ça, c’est pas mal…

    • Vous supposez une bourgeoisie chochotte, faiblarde, fragile, prête à lâcher ses privilèges pour quelques dégâts matériels sur les Champs.

      Moi je suppose la bourgeoisie maligne, inflexible, vicelarde et prête à saboter le pays plutôt que de lâcher ses privilèges.

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