À la carte

liberte

  • Le Comptoir est une revue réunissant plusieurs auteurs socialistes et républicains. Revenant à une définition plus originelle du socialisme, nous exprimons par-là, à travers la diversité des courants qui l’animent, notre commune opposition à l’individualisme narcissique contemporain et notre défense d’une société sans classes – et sans aucun autre rapport de domination –, fondée sur les valeurs traditionnelles du don et de l’entraide.
  • Nous sommes de ce fait anti-utilitaristes, et critiquons le paradigme libéral de l’homo œconomicus, central à la mise en place du capitalisme. Nous combattons ainsi la vision d’un homme égoïste, calculateur et solitaire par nature. L’homme est un animal social et non un loup pour l’homme.
  • Écologistes, nous le sommes aussi car nous envisageons l’homme dans son environnement ; membres à part entière et non « maître et possesseur de la nature » (Descartes), nous désirons la protéger des ravages causés par le système capitaliste.
  • Démocrates, nous sommes attachés à la souveraineté du peuple et des citoyens qui le composent et nous pensons que la démocratie ne peut se limiter au simple système représentatif. Nous défendons donc pour cette raison une démocratie directe où les gens seraient « tour à tour gouvernants et gouvernés » (Aristote).
  • Républicains, enfin, nous défendons le principe de laïcité et nous pensons avec Pierre Leroux que « Nos pères avaient mis sur leur drapeau Liberté, Égalité, Fraternité. Que cette devise soit aussi la nôtre. »

« Ce n’est pas une miette de pain, c’est la moisson du monde entier qu’il faut à la race humaine, sans exploiteur et sans exploité. » Louise Michel

PS : Le blog entend être un espace de débat au sein du socialisme et s’attache à défendre le pluralisme. De ce fait, les opinions défendues par les auteurs n’engagent qu’eux et en aucun cas le blog tout entier.

19 réponses »

  1. Descartes nuançait en ajoutant l’adverbe « comme » maître et possesseur de la nature. Ce n’était pas, à son époque bien plus « écologique » que la nôtre, un appel à jeter les frigos périmés par les fenêtres.

    J’aurais une question à propos de votre anthropologie : Hobbes disait que l’hommes pouvait être tout autant « un Dieu pour l’homme, qu’un loup pour l’homme » : lui aussi était plus nuancé que vous ne semblez le suggérer. Vous ne gardez chez l’homme que son penchant social et moral – thèse tout à fait défendable à l’échelle morale ou micro-sociale – mais que faites-vous des relations internationales ? Des nécessaires pulsions asociales, garantes de l’individualité des personnes et des peuples ? Bref, est-ce que vous pourriez faire, si vous aviez le temps un jour, un papier sur votre anthropologie épistémologique et ses conséquences sur votre conception :

    – de la prise du pouvoir
    – des relations internationales

    ce serait complètement sympa et socialiste de votre part,
    Bien à vous

    Votre blog est un vrai changement de thon, j’en ai les nageoires qui frémissent.

    • Bonsoir,

      Quelqu’un a-t-il répondu quelque part au commentaire précédent (çelui du club des thons) ?
      Sa question me paraît en effet cruciale (d’autant plus que je partage pour l’essentiel les valeurs du comptoir).

      Bien camaradement,

      Brieuc

      • Kan je pense que vous n’avez pas un mot pour l’exploitation des femmes dans le monde. Voici :  » On dit que l’esclavage a disparu des civilisations européennes. C’est une erreur. Il existe toujours.Mais il ne repose plus que sur la femme, et, il s’appelle prostitution
        .

      • Ce genre de profession de foi est sympathique, si on veut, mais elle ne mange pas de pain, et mise à part la référence aux valeurs républicaine, elle a été répétée un million de fois depuis mai 68, par exemple, sans émouvoir qui que ce soit, et sans empêcher de dormir ceux qui profitent de l’état d’abaissement dans lequel on tient la classe ouvrière aujourd’hui.
        Effectivement, la question des relations internationales est un point obscur de toutes les constructions idéologiques libertaires.
        C’est une grande naïveté, ou plutôt, je crois, un grand confort de pensée, de faire l’impasse sur les conflits bien réels qui opposent, et qui opposeront encore les groupes humains et les individus, même dans une société libérée de l’emprise capitaliste : pour l’appropriation des ressources naturelles, qui ne se trouveront pas toutes en abondance du seul fait qu’on aura changé le régime social, pour des questions qui n’ont rien d’économique également, de souveraineté, d’honneur, de préséance, de religion; et j’en passe.
        Des conflits et des contradictions qui sont proprement inextricables aujourd’hui, ou qui se résolvent par des moyens qui sont pires que le mal. Ce qu’on peut espérer c’est d’établir, parfois de rétablir, des conditions telles que l’humanité retrouve la voie d’un progrès humain, autrement dit, d’une difficile progression, en résolvant ces questions au cas par cas.

        Ce confort tranquille de la pensée ne m’est pas sympathique, car s’opposant au sens commun, il rends nos projets inaudibles. Comment en effet accorder sa confiance à des gens qui appellent à rien de moins qu’une révolution, ce qui suppose le risque de guerre civile, sans prendre la mesure des difficultés que représente la cohabitation des individus et des peuples, et la confrontation de toutes les cultures, sur un territoire limité (la terre) ?

    • Moi je vais lui répondre au gros thon: ce qu’on fait des relations internationales? On les envoie se faire dorer le fion au goulag, dans des grands champs à moissonner. Ca leur fera la b…comme on dit à l’armée. La charité chrétienne vaut bien ça. Il n’y a pas de pulsions asociales, il n’y a que des exploiteurs qui voudraient faire passer pour naturelles leur besoin barbare de créer de la pauvreté et de laisser aux pauvres les os de poulets à lécher de leur babines.
      Bien cordialement,
      Change de fion.com

  2. C est bien, un simple commentaire comme celui de Goulag pour les bourgeois suffit à me rappeler que je ne suis pas de gauche alors que tout aujourd hui m éloigné de la droite et que je me retrouve dans l ensemble des piliers du comptoir.

    • « le goulag pour les bourgeois ? »

      Dans un monde où l’actualité présente tous les jours les exemples effrayants de la barbarie qui s’installe en cas de vide de pouvoir, où l’ombre du goulag continue à planer sur toute tentative un peu déterminée d’instaurer le socialisme, où le projet révolutionnaire ne peut plus s’appuyer sur les modes de sociabilité qui lui conféraient un caractère d’évidence, parce que ces modes de sociabilité ont été détruits, ce genre de pose radicale disqualifie nos prétentions à mettre en œuvre un changement décisif, et ils jettent même un sérieux doute sur notre réelle intention de passer un jour à la pratique.
      C’est une des raisons, non des moindres, pour laquelle le parti révolutionnaire est exsangue.

  3. Les écologistes y z’ont voté a Bruxelles qui z’etaient contre que les femmes touchent pareil que les mecs…..au lit les Tartuffes !

  4. Depuis au moins la révolution, la gauche libertaire se cherche, sans succès jusqu’ici, malgré un avantage moral indéniable. De Bakounine à nuit debout, la recherche d’émancipation n’a pas réussi a rassembler assez de forces. Est-ce que les nouvelles conditions matérielles sous-tendues par les NTIC (Nouvelles techno de l’info et de la com) peuvent apporter une contribution déterminante pour une percée de la gauche libertaire? Est-ce que l’intelligence collective holomidale (cf JF Noubel) sera assez puissante pour dominer l’intelligence collective pyramidale? Je crois que c’est possible, que la gauche peut se régénérer autour de la connaissance et de la pratique de l’intelligence collective pour donner naissance à une gauche libertaire inédite.

  5. L’ennui, en général, avec les socialistes et/ou républicains, c’est qu’ils s’imaginent que l’on peut fonder une morale universelle sans métaphysique, autrement dit qu’on peut la fonder sur la pure raison (idéal positiviste) ou que l’homme serait « miraculeusement » doué d’une morale naturelle et donc innée (illusion rousseauiste). L’histoire nous montre sans répit qu’il n’en est rien. C’est bien là la faiblesse de la morale athée (ou plutôt de l’éthique) face à la morale religieuse.
    Ainsi, parler de « convictions politiques », si on veut aller au fond des choses, suppose avant tout d’examiner se propres croyances et de les éprouver afin de voir lesquelles sont susceptibles de fonder une morale. L’homme n’est certainement ni bon ni mauvais mais Dieu, lui, s’il existe, est nécessairement bon. Voila qui mérite qu’un quiconque se penche un tant soit peu sur cette question et que les « athées » se penchent sur leurs propres croyances.

  6. Bonjour,

    Un point de votre profession de foi me paraît contestable ou plutôt discutable: votre affirmation selon laquelle l’homme n’est pas un loup pour l’homme ni un homo économicus égoïste et calculateur mais un animal social.
    Il est les deux.

    Pas simultanément, parfois l’un, parfois l’autre mais il est constitué de ces deux dimensions contradictoires et parfois complémentaires, certains plus de l’une, certains plus de l’autre mais tous des deux.
    Le capitalisme fait effectivement de la dimension égoïste un paradigme qu’il convient de dénoncer comme erroné et de combattre comme nocif mais un socialisme rousseauiste généreux, bien intentionné mais bien naïf défend une vision diamétralement opposée tout aussi fausse par son idéalisme (au sens de: « éloigné de la réalité »).

    Le principe de base d’une société socialiste devrait être à mon avis, non pas de fonder ses institutions sur le postulat que l’homme est altruiste et solidaire par nature mais sur l’objectif de favoriser et de valoriser chez tous et chez chacun les tendances solidaires et altruistes et de défavoriser et dévaloriser les penchants égoïstes sans les nier ni viser à les éradiquer. Cela par les lois tout d’abord mais aussi par l’éducation et la culture.
    Un bon exemple de ce genre d’institution est le Code de la Route: il ne nie pas que l’homme (certains hommes) aime la vitesse et le risque (et ne porte pas de jugement de valeur sur cette tendance) ou qu’il ait parfois envie de griller une priorité parce qu’il est pressé ou encore de téléphoner au volant. Il décourage ce genre de comportements par des sanctions.

    Les humains savent se doter d’institutions, de règles (écrites ou implicites), de valeurs, visant à réguler leurs comportements, leurs relations. Certains régimes, certaines civilisations, certaines périodes historiques, favorisent et valorisent plus certaines tendances, que d’autres.

    Il nous revient d’instaurer un socialisme écologiste valorisant les tendances anti-utilitaristes en prenant garde de ne pas nier ou pire de vouloir éradiquer les tendances inverses (comme on a pu vouloir éradiquer les religions en croyant pouvoir éradiquer cette tendance profonde de l’humain à avoir parfois besoin de croire ou simplement à chercher une explication sur-naturelle au monde …avec le succès que l’on sait…).

    Un second point appellerait des nuances ou peut être des précisions : votre positionnement en faveur d’une démocratie directe.
    Autant le système représentatif actuel est effectivement à rejeter, autant la démocratie directe que vous appelez de vos vœux mérite d’être explicitée en détails.
    Si déjà les représentants pouvaient pour partie être tirés au sort, si les mandats étaient plus impératifs, si obligation était faite aux représentants de consulter régulièrement des assemblées citoyennes pour partie élues et pour partie tirées au sort, si les lois étaient préparées avec les représentants dans le cadre de ces assemblées (cantonales, départementales) et dont les travaux seraient transmis en direct sur des web TV, si les services publics étaient gérés de manière décentralisée par des agences conçues sur le modèle des SCIC (Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif, associant Salariés, Usagers-Consommateurs, Dirigeants-Entrepreneurs et Collectivités Locales ou État), le système représentatif serait viable.
    Je crains en effet que la dêmocratie directe, comme le tirage au sort intégral, ne soit une utopie reposant sur le même genre d’erreur que celle qui consiste à ne voir chez l’homme qu’un être social altruiste et solidaire, tout comme Jean-Claude MICHEA voit les classes populaires comme avant tout animées par une « Common décency » et non par la compétition.

    Ceci dit j’apprécie beaucoup l’orientation générale de votre site.

    Bien cordialement
    Cassius

    • Je suis d’accord avec vous, mais ça ne contredit pas, selon moi, notre affirmation. Être un animal social, ne signifie pas être constamment altruiste et solidaire, mais que l’homme appartient d’abord à une communauté (et que ses rapports avec les autres ne sont pas purement contractuels). Effectivement, nous n’avons pas la naïveté d’ignorer que l’homme est aussi un animal par moment égoïste et calculateur.

  7. Dans ce cas, ne pourriez-vous pas alors remplacer :
    « Nous sommes de ce fait anti-utilitaristes, et critiquons le paradigme libéral de l’homo œconomicus, central à la mise en place du capitalisme. Nous combattons ainsi la vision d’un homme égoïste, calculateur et solitaire par nature. L’homme est un animal social et non un loup pour l’homme. »

    par quelque chose comme:

    « Nous critiquons le paradigme libéral de l’homo œconomicus, central à la mise en place du capitalisme, nous combattons ainsi la vision d’un homme principalement égoïste, calculateur et solitaire par nature. L’homme est un animal social capable de se donner des institutions qui valorisent et développent d’autres tendances également présentes en tout être humain: l’empathie, l’altruisme, la solidarité, le sens de l’intérêt général. C’est ce genre d’institutions que le capitalisme (et plus encore son actuelle version néo-libérale) s’acharne à dénigrer et à détruire lorsqu’elles existent malgré lui et qu’il nous revient non seulement de défendre mais aussi de dépasser en les prolongeant, en les développant, en phase avec les attentes et les besoins contemporains. » ?

    Cordialement,
    Cassius

  8. Je suis athée et je crois penser et agir selon une certaine morale, la mienne, en construction depuis ma naissance et jamais définitive jusqu’à ma mort. La morale d’un athée, c’est comme la science telle qu’elle évolue avec la recherche et sans cesse remise en cause. La morale religieuse est beaucoup plus commode, préfabriquée ou toute construite, en fait dogmatique. Sachez-le, ce n’est pas facile de se construire une morale soi-même et revenir sur les principes découverts est parfois très douloureux. Pourquoi parlez-vous de croyance ? Un athée ne croit pas ou, tout au moins, n’a pas de foi inébranlable dans les conclusions de ses réflexions. Non, il ne croit pas, il pense et le doute fait partie de ses pensées, mais un doute positif qui a pour objet de toujours perfectionner. Quand on veut vraiment vivre, en toute conscience, et non se laisser survivre, ce n’est pas facile d’être athée, mais cela vous donne une liberté appréciée qui vous fait regretter la vie lorsqu’elle approche de la fin.

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