Les piliers de Comptoir

« Ce n’est pas une miette de pain, c’est la moisson du monde entier qu’il faut à la race humaine, sans exploiteur et sans exploité. » Louise Michel

Proclamation-Commune

  • Le Comptoir est une revue réunissant plusieurs auteurs socialistes et républicains. Revenant à une définition plus originelle du socialisme, nous exprimons par-là, à travers la diversité des courants qui l’animent, notre commune opposition à l’individualisme narcissique contemporain et notre défense d’une société sans classes – et sans aucun autre rapport de domination –, fondée sur les valeurs traditionnelles du don et de l’entraide.
  • Nous sommes de ce fait anti-utilitaristes, et critiquons le paradigme libéral de l’homo œconomicus, central à la mise en place du capitalisme. Nous combattons ainsi la vision d’un homme égoïste, calculateur et solitaire par nature. L’homme est un animal social et non un loup pour l’homme.
  • Écologistes, nous le sommes aussi car nous envisageons l’homme dans son environnement ; membres à part entière et non « maître et possesseur de la nature » (Descartes), nous désirons la protéger des ravages causés par le système capitaliste.
  • Démocrates, nous sommes attachés à la souveraineté du peuple et des citoyens qui le composent et nous pensons que la démocratie ne peut se limiter au simple système représentatif. Nous défendons donc pour cette raison une démocratie directe où les gens seraient « tour à tour gouvernants et gouvernés » (Aristote).
  • Républicains, enfin, nous défendons le principe de laïcité et nous pensons avec Pierre Leroux que « Nos pères avaient mis sur leur drapeau Liberté, Égalité, Fraternité. Que cette devise soit aussi la nôtre. »

 

PS : Le blog entend être un espace de débat au sein du socialisme et s’attache à défendre le pluralisme. De ce fait, les opinions défendues par les auteurs n’engagent qu’eux et en aucun cas le blog tout entier.

13 réponses »

  1. Descartes nuançait en ajoutant l’adverbe « comme » maître et possesseur de la nature. Ce n’était pas, à son époque bien plus « écologique » que la nôtre, un appel à jeter les frigos périmés par les fenêtres.

    J’aurais une question à propos de votre anthropologie : Hobbes disait que l’hommes pouvait être tout autant « un Dieu pour l’homme, qu’un loup pour l’homme » : lui aussi était plus nuancé que vous ne semblez le suggérer. Vous ne gardez chez l’homme que son penchant social et moral – thèse tout à fait défendable à l’échelle morale ou micro-sociale – mais que faites-vous des relations internationales ? Des nécessaires pulsions asociales, garantes de l’individualité des personnes et des peuples ? Bref, est-ce que vous pourriez faire, si vous aviez le temps un jour, un papier sur votre anthropologie épistémologique et ses conséquences sur votre conception :

    – de la prise du pouvoir
    – des relations internationales

    ce serait complètement sympa et socialiste de votre part,
    Bien à vous

    Votre blog est un vrai changement de thon, j’en ai les nageoires qui frémissent.

    • Bonsoir,

      Quelqu’un a-t-il répondu quelque part au commentaire précédent (çelui du club des thons) ?
      Sa question me paraît en effet cruciale (d’autant plus que je partage pour l’essentiel les valeurs du comptoir).

      Bien camaradement,

      Brieuc

      • Kan je pense que vous n’avez pas un mot pour l’exploitation des femmes dans le monde. Voici :  » On dit que l’esclavage a disparu des civilisations européennes. C’est une erreur. Il existe toujours.Mais il ne repose plus que sur la femme, et, il s’appelle prostitution
        .

    • Moi je vais lui répondre au gros thon: ce qu’on fait des relations internationales? On les envoie se faire dorer le fion au goulag, dans des grands champs à moissonner. Ca leur fera la b…comme on dit à l’armée. La charité chrétienne vaut bien ça. Il n’y a pas de pulsions asociales, il n’y a que des exploiteurs qui voudraient faire passer pour naturelles leur besoin barbare de créer de la pauvreté et de laisser aux pauvres les os de poulets à lécher de leur babines.
      Bien cordialement,
      Change de fion.com

  2. C est bien, un simple commentaire comme celui de Goulag pour les bourgeois suffit à me rappeler que je ne suis pas de gauche alors que tout aujourd hui m éloigné de la droite et que je me retrouve dans l ensemble des piliers du comptoir.

    • « le goulag pour les bourgeois ? »

      Dans un monde où l’actualité présente tous les jours les exemples effrayants de la barbarie qui s’installe en cas de vide de pouvoir, où l’ombre du goulag continue à planer sur toute tentative un peu déterminée d’instaurer le socialisme, où le projet révolutionnaire ne peut plus s’appuyer sur les modes de sociabilité qui lui conféraient un caractère d’évidence, parce que ces modes de sociabilité ont été détruits, ce genre de pose radicale disqualifie nos prétentions à mettre en œuvre un changement décisif, et ils jettent même un sérieux doute sur notre réelle intention de passer un jour à la pratique.
      C’est une des raisons, non des moindres, pour laquelle le parti révolutionnaire est exsangue.

  3. Depuis au moins la révolution, la gauche libertaire se cherche, sans succès jusqu’ici, malgré un avantage moral indéniable. De Bakounine à nuit debout, la recherche d’émancipation n’a pas réussi a rassembler assez de forces. Est-ce que les nouvelles conditions matérielles sous-tendues par les NTIC (Nouvelles techno de l’info et de la com) peuvent apporter une contribution déterminante pour une percée de la gauche libertaire? Est-ce que l’intelligence collective holomidale (cf JF Noubel) sera assez puissante pour dominer l’intelligence collective pyramidale? Je crois que c’est possible, que la gauche peut se régénérer autour de la connaissance et de la pratique de l’intelligence collective pour donner naissance à une gauche libertaire inédite.

  4. L’ennui, en général, avec les socialistes et/ou républicains, c’est qu’ils s’imaginent que l’on peut fonder une morale universelle sans métaphysique, autrement dit qu’on peut la fonder sur la pure raison (idéal positiviste) ou que l’homme serait « miraculeusement » doué d’une morale naturelle et donc innée (illusion rousseauiste). L’histoire nous montre sans répit qu’il n’en est rien. C’est bien là la faiblesse de la morale athée (ou plutôt de l’éthique) face à la morale religieuse.
    Ainsi, parler de « convictions politiques », si on veut aller au fond des choses, suppose avant tout d’examiner se propres croyances et de les éprouver afin de voir lesquelles sont susceptibles de fonder une morale. L’homme n’est certainement ni bon ni mauvais mais Dieu, lui, s’il existe, est nécessairement bon. Voila qui mérite qu’un quiconque se penche un tant soit peu sur cette question et que les « athées » se penchent sur leurs propres croyances.

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