Culture

Stéphane François : « L’occultisme nazi est devenu un sous-genre à part entière, une forme de micro-contre-culture »

Hellboy

Stéphane François est docteur en sciences politiques et historien des idées, maître de conférence à l’IPAG de l’Université de Valenciennes. Spécialiste des droites radicales françaises, ses travaux se concentrent sur les pratiques et aspects culturels de ces milieux politiques. Il a publié au début de l’année « Les mystères du nazisme : Aux sources d’un fantasme contemporain » (PUF), où il livre une analyse éclairante du mythe entourant les rapports entre le nazisme et l’occulte. Selon lui, un des faits marquants de ce phénomène est notamment sa diffusion postérieure dans la culture populaire.

Le Comptoir : Jean-Yves Camus remarquait que l’étude des radicalités politiques et de leurs marges culturelles a toujours fait l’objet d’un certain mépris de la part de nombreux universitaires. Sur une thématique telle que le mysticisme nazi, faites-vous le même constat ? Êtes-vous toujours confronté aux assimilations entre le chercheur et son objet d’étude ?

Stéphane François : Non seulement je fais le même constat, mais je vais plus loin : ces sujets sont traités avec un SONY DSCmépris profond, surtout de la part d’une certaine gauche morale, qui confond sujet d’étude et militantisme…  D’autre part, il y a un côté cartésien dans les milieux universitaires qui a du mal à gérer les pensées irrationnelles, le mysticisme. L’anthropologue Wiktor Stoczkowski a bien montré cette attitude dans un très bel article intitulé « Rires d’ethnologues » qui montre que les universitaires français acceptent l’altérité conceptuelle dans d’autres aires civilisationnelles mais la rejettent dès qu’il s’agit de l’Occident, la qualifiant généralement de « folie », « stupidité » ou « délires ». A contrario, les universitaires anglo-saxons ont décidé de les étudier. C’est ce qu’ils appellent les rejected knowledges, les « savoirs rejetés », c’est-à-dire des formes de savoirs, rejetés par les savoirs officiels mais qui n’en sont pas moins des éléments constitutifs de la culture populaire, ou de contre-cultures comme ici.

Pour répondre à la seconde question, effectivement, régulièrement, je suis assimilé à un dangereux nazi. J’espère que cela changera dans le futur, mais je ne suis guère optimiste sur la capacité d’évolution de certains de mes collègues. En fait, la culture du soupçon est très prégnante dans les milieux politologiques français, souvent issus des milieux antifascistes des années 1980 (Ras l’Front, Scalp, etc.). De fait, ce « combat » antifasciste a accrédité l’idée fausse selon laquelle toute recherche sur ces sujets participe à une entreprise de réhabilitation, même partielle, de l’extrême droite. Cette attitude hostile et réductrice se manifeste par une foule de publications antifascistes très mal documentées mais qui ont atteint leur but : entraver l’étude de ces sujets …

« Antifascistes » dont la méthodologie et le regard sur les autres sont souvent assez proches de ceux qu’ils affirment combattre, non ?

Cette question est très polémique, non ? La réponse est dans la question. Effectivement, certains groupes « antifas » ont des méthodes, des pratiques et des visions du monde fermées qui peuvent être analysées comme des constructions en miroir, comme des doubles inversés de ceux qu’ils affirment combattre… Avec ces personnes, il est impossible de discuter : si on n’adhère pas à leur vision du monde, on est forcément dans le camp adverse. Toutefois, cette conception fermée de la discussion n’est pas propre à ces milieux, elle est très répandue : pour s’en convaincre, il suffit d’essayer de discuter avec certains militants politiques, qui sont en « mission », cherchant à « convertir » et à propager la « bonne parole », voire à faire du « prosélytisme ». Le choix du vocabulaire religieux est délibéré.

Heinrich Himmler, Reichsführer de la SS

Heinrich Himmler, Reichsführer de la SS

Le sujet a déjà été exploré par certains chercheurs anglo-saxons. On pense notamment à l’historien britannique Nicholas Goodrick-Clarke et son livre fondateur sur les origines occultes du nazisme. Qu’avez-vous voulu apporter de plus ?

Je n’ai pas cherché à apporter quelque chose de plus au livre de Nicholas Goodrick-Clarke, car j’ai une démarche différente de la sienne : il a étudié l’importance de la culture ésotérique d’extrême droite dans l’Allemagne et l’Autriche au début du XXe siècle tout en battant en brèche l’idée d’un nazisme occulte. Je montre et je déconstruis la postérité de ce mythe durant la seconde moitié de ce siècle. En fait, mes travaux sont plutôt proches du thème de l’un de ses autres livres, Black Sun… À l’époque, nous avions échangé sur des points développés dans ce livre, car Nicholas Goodrick-Clarke ne connaissait pas bien les contre-cultures.

Pour compléter la liste des livres qui ont analysé le mythe de l’occultisme nazi, il faut également prendre en compte la brochure Unknown Sources. National Socialism and the Occult de Hans Thomas Hakl, un universitaire autrichien. Cette brochure de 35 pages est une déconstruction brillante du Matin des magiciens.

Dans son ouvrage sur les racines intellectuelles du IIIe Reich, George Mosse pointait déjà les liens entre ce mysticisme et le romantisme allemand du XIXe siècle, avec le mouvement völkisch, le pangermanisme, le culte de la terre et du sang. Les idéologues nazis y ont-ils ajouté des thématiques neuves ou n’ont-ils fait que reprendre de la culture prémâchée ?

Figure de soleil noir découverte dans l'obergruppenführersaal du château du Wewelsburg

Figure de soleil noir découverte dans l’Obergruppenführersaal du château du Wewelsburg

Une mise au point d’emblée : on ne peut pas dire que « les idéologues nazis » ont eu cet intérêt. En effet, il y avait dans le parti nazi des cadres, des hiérarques, qui ne s’intéressaient pas à ces questions, voire qui avaient un profond mépris pour le bric-à-brac völkisch… Pour ceux qui s’y intéressaient, en particulier Himmler, ils n’ont guère innové : ils ont principalement repris des éléments préexistants, auxquels ils ont adjoint un rationalisme et un technicisme, qu’on verra à l’œuvre lors de la mise à mort des Juifs européens.

Cet intérêt pour l’occulte et pour le nazisme en général n’a pas touché que des illuminés, contrairement à ce qu’a longtemps affirmé l’analyse marxiste. Comment expliquer que des individus parfois très diplômés et brillants dans leur domaine aient pu se rapprocher de thèmes aussi peu scientifiques ?

En fait l’analyse marxiste s’est surtout franchement trompée, et lors de l’accession au pouvoir des nazis, et dans la façon de les combattre (ils n’ont vu en rien l’aspect foncièrement révolutionnaire du nazisme), et dans leur analyse postérieure à 1945. Comme vous le faites remarquer, – et c’est la grande leçon des livres de Johann Chapoutot ou de Christian Ingrao – de nombreux universitaires, de nombreux médecins, scientifiques, juristes ont adhéré au nazisme, y compris dans la variante païenne de cette idéologie. Pour une raison simple : le nazisme a surtout attiré les électeurs et les militants par son rejet du « Diktat » de Versailles et de la République de Weimar, par son nationalisme, son antisémitisme, sa volonté de redonner sa place à l’Allemagne, etc. Carl Schmitt, par exemple, était un catholique et n’avait pas d’inclinaison pour les spéculations völkisch. Par contre, il est vrai que le nazisme a attiré des völkisch, y compris « brillants dans leur domaine », pour reprendre votre expression.

Peinture

Emblème de la Société Thulé

Emblème de la Société Thulé

Lorsqu’on mentionne les rapports d’Adolf Hitler à l’occulte, un lieu commun consiste à évoquer sa supposée appartenance à des sociétés secrètes, et notamment la Société Thulé, un groupuscule fondé en 1918 à Munich et se destinant à l’étude de l’Antiquité germanique et de l’aryanité. Pour le chancelier, était-ce une source idéologique crédible ou bien un simple élément accessoire ?

C’est un simple élément accessoire. Déjà, on ne peut guère prouver qu’il en ait fait partie. Et si c’était le cas, au vu du caractère foncièrement aristocratique de ce groupuscule, il y aurait eu une place subalterne. Tenant compte de sa supposée appartenance à cette société, s’il n’en avait pas été membre, il se serait abouché à n’importe quelle autre structure nationaliste qui pullulait dans le Munich de la défaite. De fait, l’importance de ce groupuscule a été très largement surestimée dans la naissance du parti nazi.

Dans le livre, vous insistez sur le fait que le paganisme et les thématiques occultes concernaient essentiellement une petite élite au sein de la SS. Dans une Allemagne majoritairement protestante et catholique, n’y a-t-il eu aucune tentative de diffuser ces thématiques au sein des classes populaires ? Y aurait-il eu un intérêt à le faire ?

Pas dans « une petite élite » : le paganisme a été largement diffusé dans la SS par Himmler, par des discours ou des brochures. Il était d’ailleurs très hostile au christianisme, qu’il soit protestant ou catholique. Le paganisme était très présent dans l’Allemagne du début du XXe siècle, en particulier dans ce que l’historien Louis Dupeux a appelé « l’alternative 1900 ». La période agitée de l’après Grande Guerre fut propice au renouveau des sociétés völkisch, la défaite et la proclamation de république confirmant les thèses du déclin. En outre, l’instabilité politique (l’ambiance de guerre civile avec les agitations spartakistes et celles des corps-francs) et économique (l’inflation galopante) créaient un excellent terreau pour les mouvements alternatifs et pour l’irrationalisme. Berlin grouillait de sectes. Les débuts de la république de Weimar connaissaient une recrudescence de « mages », d’astrologues, de « gourous » de tout genre et de charlatans de tous ordres profitant de ce climat délétère. Ainsi, le général Ludendorff (1865-1937) fit, à la fin de sa vie, la synthèse entre le paganisme et le christianisme dans une optique nationaliste et raciale. Pour diffuser ses idées, il fonda aussi un mouvement, le Ludendorff-Bewegung (mouvement Ludendorff). Ses thèses trouvèrent un écho dans les milieux anciens combattants. Bref, il y avait déjà un terreau favorable.

D’ailleurs, les militants néopaïens pensaient obtenir du nouveau régime une reconnaissance de la part de l’État nazi, mais ils furent progressivement interdits, y compris ceux qui étaient proches du régime. Malgré tout, une confédération néopaïenne, la Arbeitsgemenschaft der Deutschen Glaubensbewegung (Communauté de travail de la foi allemande) ou DGB, vit le jour en juillet 1933. Créée par l’orientaliste Jacob Wilhelm Hauer et le comte zu Reventlow, un nazi de la première heure, son but était de solliciter Hitler afin d’obtenir pour les groupes qu’elle représentait la reconnaissance officielle en tant que troisième confession. Ce statut fut promulgué peu de temps après. Par la suite, d’autres mouvements, ligues, communautés fusionnèrent avec la DGB afin d’échapper à la mise au pas de la société allemande. Cette reconnaissance officielle n’empêcha pas la persécution du mouvement par les autorités nazies.

Marc Augier, dit "Saint-Loup"

Marc Augier, dit « Saint-Loup »

Chez des auteurs d’extrême-droite comme Jean Mabire ou Marc Augier (alias Saint-Loup, qui fut officier au sein de la Division Charlemagne), on retrouve cet intérêt pour la spiritualité, le cérémonial, l’effet de groupe, avec cette magnification d’un idéal de fraternité virile. Comment expliquez-vous cette fascination pour la SS, qu’elle provienne d’individus idéologiquement proches du nazisme ou non ?

La SS représente l’esthétisation du Mal, par excellence. Le côté froid, cruel, criminel, mais intellectuel, associé au decorum mis en place par Himmler et à son élitisme joue un rôle important dans cette fascination, qu’on soit d’extrême droite ou non. Une fascination d’ailleurs renforcée par la disparition de ceux-ci après la guerre. On la retrouve par exemple dans les innombrables livres ou documentaires dans les 1970 sur les « Internationales noires ». Cet élan a été très bien analysé par Peter Reichel dans son livre intitulé La Fascination du nazisme. Les pages consacrées à la SS sont éclairantes : les années d’après-guerre voient l’ordre noir se charger d’un érotisme morbide… Bref, on est dans une forme d’attirance perverse.

Vous évoquez l’influence majeure qu’a eue Le Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier pour la diffusion de la culture ésotérique et occulte en France. Peut-on parler de l’émergence d’une véritable contre-culture ?

MatinTout à fait ! Nous sommes en présence d’une contre-culture, avec ses normes, ses références, ses canons. Celle-ci est née, comme vous le faites remarquer, à la suite de la parution du Matin des magiciens en 1960. Ce livre relève du « réalisme fantastique », c’est-à-dire d’un mélange de réalité et de contenu fantastique. Son succès a déclenché, au début des années 1960, une frénésie éditoriale pour tout un courant cherchant à mettre à jour les soubassements secrets de l’histoire camouflés par les tenants de l’ »histoire officielle » – en gros, les universitaires. Ce livre et les thèmes qu’il portait a ensuite influencé la culture populaire sous tous ses aspects : la bande-dessinée, la musique, les films, les romans, les jeux vidéo, la science fiction, etc.

Dans le livre vous pointez d’ailleurs à plusieurs reprises le succès parfois considérable de la littérature abordant ces sujets dans les années 1960-70. Comment l’expliquer ? Il est vrai qu’on imagine assez mal aujourd’hui trouver des revues comme Planète dans n’importe quel kiosque…

C’est une question à laquelle je n’ai pas de réponse, malheureusement. Les chiffres des ventes de ce type d’ouvrage laissent songeur : en moyenne 50 000 exemplaires vendus, avec plusieurs traductions. Je constate, mais j’ai du mal à l’expliquer : conséquence de la diffusion de l’irrationalisme hippie dans la culture ? Rejet plus large du rationalisme ? Volonté de réenchanter le monde ? Désir d’expliquer l’incompréhensible ? Tout cela à la fois ? Cela reste un mystère. Toutefois, il est intéressant de noter que cela a été un phénomène très étrange dans l’histoire culturelle. Cette littérature existait avant cette mode et était très marginale, et elle est redevenue marginale à partir du milieu des années 1980.

On a pu voir se développer des références explicitement néo-nazies, comme chez les groupes de NSBM (National Socialist Black Metal) dans les pays scandinaves, mais également dans des milieux n’ayant a priori rien à voir avec le nazisme…

Le NSBM n’est pas uniquement produit en Scandinavie : il y a des groupes relevant de ce registre dans tous les pays occidentaux. Ces thèmes se sont effectivement diffusés hors de leur milieu d’origine. Cette diffusion s’est également opérée dans certaines contre-cultures. Des groupes comme Current 93 (plutôt proche de l’imaginaire des hippies) ont consacré des chansons à l’idée selon laquelle Hitler serait un avatar du dieu indien Kalki.

Le groupe de NSBM français "Ad Hominem"

Le groupe de NSBM français Ad Hominem

Pour l’assimilation à la Scandinavie, le grand public vit beaucoup avec l’image laissée par le groupe Mayhem !

C’est vrai, sans parler de Varg Vikernes et de Burzum… Pourtant, il existe des groupes NSBM en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis, en France, etc. Le NSBM scandinave a beaucoup essaimé dans les années 1990-2000.

J’en profite pour faire une précision : Mayhem n’est pas un groupe NSBM, mais « juste » de black metal. Il est vrai qu’il est parmi les plus violents et les plus provocateurs du registre (surtout dans sa première période, c’est-à-dire le début des années 1990), en partie à cause de Varg Vikernes qui en fut membre, mais aussi à cause du suicide de l’un de ses chanteurs et l’assassinat de l’un de ses membres (Euronymous) par Varg Vikernes justement…

Y a-t-il eu une influence, même mineure, de Mai 68 dans l’émergence et la diffusion de cette contre-culture ? On a régulièrement pointé l’atmosphère culturellement « étouffante » des années De Gaulle.

C’est plus large que notre petit « Mai 68 ». En effet, dans les années 1960, il y a une volonté d’émancipation, de contre-modèles, dans différents pays occidentaux (France, Allemagne, États-Unis, etc.). Et les contre-cultures vont proposer des modèles de vie alternatifs, qui passent par une redécouverte des spiritualités indiennes ou arabo-musulmanes grâce à des auteurs forts peu progressistes comme Evola, Guénon, Eliade, qui deviendront des références intellectuelles pour les hippies. À cette époque, il y a une réelle volonté de réenchanter le monde et de s’éloigner de la société consumériste des Trente Glorieuses pour se tourner vers « autre chose ».

En France, la principale revue qui offrira cette « autre chose » a été Planète. Aux États-Unis, il y aura l’escroquerie intellectuelle que fut Carlos Castaneda, qui est autant anthropologue que moi. Cette volonté de plus de liberté et de quête spirituelle, voire de contre-culture, est antérieure à Mai 68, comme le montre le succès de Planète, dont le premier numéro est sorti en 1961. Aux États-Unis, l’apparition des contre-cultures est également antérieure au moment 68. La Beat Generation, son goût pour les drogues, les déviances, les spiritualités alternatives, apparaît dès les années 1950. En Allemagne, la « première alternative » pour reprendre l’expression de l’historien Louis Dupeux est à chercher à l’orée du XXe siècle. Bref, pour répondre à votre question, Mai 68 n’a rien à voir avec l’essor de cette contre-culture car : 1) le Matin des magiciens a été publié en 1960 et, 2) son succès a été quasi immédiat.

Le métaphysicien italien Julius Evola

Le métaphysicien italien Julius Evola

L’ésotérisme et le mysticisme nazis sont souvent accolés aux théories conspirationnistes (comme la désormais célèbre fuite d’Hitler en soucoupe volante depuis les ruines de Berlin) dont le développement a été grandement facilité par internet. Quelle est la nature précise de ce lien ?

Le lien est à chercher dans les postérités du Matin des magiciens. En effet, les thèmes développés dans ce livre se sont – via la revue Planète (fondée par les auteurs du livre, Louis Pauwels et Jacques Bergier) – diffusés dans le New Age qui est apparu durant la seconde moitié des années 1970. Le New Age ayant un aspect conspirationniste, celui-ci a fusionné avec l’occultisme nazi. Puis, à la suite du déclin du New Age, le « complot nazi » a sommeillé pour se diffuser dans les années 2000 sur Internet. Des revues évoluant aux marges de l’occultisme, du New Age et du conspirationnisme ont aussi aidé à cette synthèse. Comme les croyances des New Agers reposent sur un syncrétisme occultiste, il a été facile de fusionner l’ »occultisme nazi », y compris dans sa variante technophile (le V7, la fameuse « soucoupe volante » nazie), avec un discours conspirationniste qui cherche à tout expliquer, à tout comprendre, mais en privilégiant les éléments les plus aberrants, comme la survivance de Hitler en Antarctique grâce à une soucoupe volante.

Que ce soit au cinéma (Iron Sky, Hellboy, Dead Snow…), dans les jeux vidéo (Wolfenstein, Turning Point) ou même dans la littérature (on pense à l’excellent roman Rêve de Fer de Norman Spinrad), les références au nazisme et son lien à l’ésotérisme irriguent désormais la culture populaire, bien au-delà des cultures de niche évoquées plus haut. Comment expliquer ce succès ? Le thème est-il devenu un genre à part entière ?

Son succès est dû à la fois à son pouvoir de fascination et à la possibilité d’offrir des bases scénaristiques intéressantes. Il faut être honnête : ce thème offre quand même des possibilités infinies de scénarios délirants et surtout de bons divertissements. Les films que vous citez (Iron Sky, Hell Boy ou Dead Snow) en sont de bons exemples, tout comme Indiana Jones… La littérature, notamment populaire, l’a utilisé pour cette même raison. En ce sens, on peut dire qu’effectivement, l’ »occultisme nazi » est devenu un sous-genre à part entière, une forme de micro contre-culture, avec ses aficionados.

Un petit « best-of » de vos œuvres favorites sur le sujet ?

Je pourrais, mais elle sera forcément incomplète. Comme ça, parmi les films, je dirais : Iron Sky, Hell Boy, Dead Snow, Indiana Jones, la Forteresse noire, Blood Creek, Unborn ; parmi les BDs, La Malédiction des Trente Deniers ; D-Day, le jour du désastre ; Le Bâton de Plutarque (traitant en partie de ce sujet) ; dans les romans, le Rêve de fer et Le Maître du Haut-Château ; enfin, dans les séries, je dirais Zero Hour. Et j’en oublie évidemment.

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