Politique

Avec Pierre Legendre, traquons les fantômes de l’État managérial

Les questions politiques méritent des pensées à la hauteur des événements qui dessinent les contours de notre époque. Elles ne courent pas les rues. Pierre Legendre propose avec son dernier ouvrage – “Fantômes de l’État en France”, publié en avril 2015 chez Fayard dans la collection Les quarante piliers, qu’il dirige lui-même – de reprendre à nouveaux frais la question de la forme du gouvernement moderne. À la mesure de la Révolution managériale initiée dans les années 1980, l’ancienne figure du pouvoir a été remplacée par une forme de gouvernance gestionnaire à l’œuvre dans les fonctions décisives de la politique française. 

imageAgrégé de droit romain, directeur de la section “sciences religieuses” de l’École pratique des hautes études, psychanalyste, Pierre Legendre est à la fois l’un des esprits majeurs de notre époque et l’un des plus complexes. Esprit majeur, en ce que son travail, dense et de longue haleine, ne vise rien de moins qu’à élaborer une “archéologie” textuelle, juridique et religieuse de l’histoire occidentale, depuis l’Empire romain jusqu’à nos jours. Esprit complexe, en ce qu’il fonde lui-même son propre champ disciplinaire, autour de concepts phares qu’il renouvelle à l’aune de sa propre pensée : la filiation, la techno-science, l’institution et les sciences de la gestion.

Sa notice Wikipédia précise que Pierre Legendre serait « perçu par le milieu intellectuel français comme un conservateur » [i] ; sa récente prise de position contre le mariage homosexuel venant renforcer cette idée. Du point de vue des lignes politiques bien tracées dont les partis de gouvernement usent toujours, Legendre fait figure d’objet non identifiable, politiquement inclassable. On le trouve cité tantôt par le poète Michel Deguy (qui n’a strictement rien d’un “conservateur”) [ii], tantôt pris comme référence par une équipe de jeunes philosophes élaborant, à sa suite, une philosophie critique du Management. C’est en effet cette dernière expression de sa pensée – la pensée du Management avec une capitale, non seulement comme idéologie mais comme “Empire”, et comme une métaphysique, voire une religiosité – qui lui vaut d’être (relativement) connu par le grand public érudit. Son magnifique documentaire, L’Empire du Management, participe également de sa renommée.

Décomposition de l’État

En avril 2015 paraissait chez Fayard son dernier opus, Fantômes de l’État en France – Parcelles d’histoire. Le titre et le sous-titre suffisent à résumer ce dont il est question. L’État y est interrogé d’une manière novatrice et particulièrement pertinente. Au centre de toutes les discussions politiques sérieuses, le problème de la forme étatique et de ses ramifications ne cesse de se poser. Cependant, sa mise en cause tombe trop souvent dans le piège d’une alternative binaire, héritée du XXe siècle, qui ne tient pas compte de la nouvelle donne moderne.

On trouve (presque) toujours, d’un côté, des militants libéraux prônant le “dégraissage” des institutions publiques jusqu’à la possibilité de voir enfin l’État réduit à ses plus strictes fonctions régaliennes – simple garant de l’ordre public et, plus encore, du maintien de la liberté des individus à se livrer au commerce sans entrave (le rêve du libre-marché absolu). De l’autre côté, les intellectuels pourvus d’un minimum de conscience sociale prônent le retour à un État fort, doté de moyens accrus pour le renforcement des services publics, de la redistribution et de la solidarité en faveur des plus démunis. Ces deux faces d’une même pièce poursuivent inlassablement un débat voué à être éternel, et duquel tirent parti les hauts fonctionnaires mouillés jusqu’à la mœlle dans les intérêts des grandes entreprises privées, tout en bénéficiant du prestige et du salaire élevé que leur fournit l’État. Ce genre de figures est légion. Le livre de Geoffrey Geuens, La Finance imaginaire, édité chez Aden en 2011, dresse un édifiant petit who’s who mettant au jour les connivences étroites entre diverses personnalités politiques de premier plan et les acteurs du grand capital.

« L’instance étatique dépérit au profit d’une nouvelle forme de structuration par le haut, d’un nouveau pouvoir : celui de la gestion administrative et experte, de la planification techno-scientifique de l’espace-temps humain. »

Bien que sans issue, ce débat s’appuie sur la décomposition de la forme étatique dans tous les sens du terme : déperdition de son prestige, de son mythe, de son efficace. Le marxisme avait misé sur un tel délitement, mais il ne pouvait sans doute pas prévoir le contexte dans lequel celui-ci se produirait, ni l’événement qui en serait à la fois le déclencheur et le révélateur. L’instance étatique dépérit au profit d’une nouvelle forme de structuration par le haut, d’un nouveau pouvoir : celui de la gestion administrative et experte, de la planification techno-scientifique de l’espace-temps humain ; un pouvoir autrement connu sous son appellation anglophone de management. La figure traditionnelle de l’État fait place à la suprématie du Management, vers laquelle il assure lui-même la transition. C’est ce que traduit notablement le changement de vocable de “gouvernement” à “gouvernance”, et ce qu’illustre décisivement la mainmise des diplômés issus de l’École nationale d’administration sur les institutions étatiques – dont le cursus est complété, la plupart du temps, par un passage dans les plus importantes écoles de commerce et de “sciences de la gestion”.

Vers le régime de l’administration

9782213686431-X_0Est-ce à dire que l’État en France, en tant qu’entité centrale, unificatrice et surplombante, l’État tel qu’on le connaît depuis le XVIIe siècle environ, entrerait désormais dans une pure néantisation, et qu’il ne se réduirait bientôt plus qu’à des fragments de témoignages, recueillis au fil d’une somme de manuscrits du passé, à archiver aux côtés d’autres périodes politiques comme celles de l’Empire colonial français ou du Saint-Empire romain germanique ? La rigueur oblige à ne pas tomber dans ce qui s’apparenterait à de la futurologie très en vogue aujourd’hui à travers des figures extrêmement influentes comme Jacques Attali, Alain Minc ou encore, à ses heures et en bien moins dangereux, Emmanuel Todd. La question de Pierre Legendre est celle de notre contemporanéité et des conditions qui nous permettent de la penser, d’en esquisser les contours de l’intérieur. L’État en France est donc pensé, non comme inexistant, ni même comme entité en perte d’existence, mais comme instance productrice de fantômes. Étant entendu, au moins depuis Jacques Derrida, que les fantômes existent, et qu’il n’est nullement question de spiritisme dans cette assertion [iii].

« Sommes-nous gouvernés par autre chose que par des fantômes ? »

Il faut donc comprendre, en premier chef, et de façon plus pragmatique, que le nouveau régime de l’administration [iv] ne se substitue pas au régime de l’État, à la manière dont la république s’est substituée à la monarchie : il le prolonge et lui succède à la fois, et ce faisant, il le transforme et en importe les représentations. Ainsi, au début de l’ouvrage : « Qu’est-ce qui fonde cette histoire dont la science administrative actuelle est le dernier rameau, si ce n’est la formation/transmission d’un système cohérent de références ? Entendons par là l’ensemble des données de tous ordres constitutives de la civilisation au sein de laquelle s’est déployé en France le phénomène de l’État. [Il s’agit de] ce qui, du fond de la région des ombres, demeure représentable à la conscience commune de notre époque. »

Ce que l’auteur nomme poétiquement “la région des ombres”, c’est ce que nous pourrions appeler plus prosaïquement l’imaginaire collectif, ou le politique envisagé sous l’angle du symbolique. Des instances qui façonnent les rapports de pouvoir depuis l’inconnu du texte administratif, et qui les façonnent d’autant plus qu’elles restent impensées. Des fantômes.

« Les fantômes de l’État sont [les phénomènes] à travers lesquels l’histoire et la pré-histoire de la forme étatique moderne […] et de ses institutions apparaissent dans l’imaginaire collectif, et hantent de fond en comble les champs du pouvoir officiel. »

Fantômes de l’État

Qu’est-ce qu’un fantôme ? Dans sa définition la plus stricte, c’est une figure qui apparaît et qui hante, ou la figuration d’une hantise. L’un de ses synonymes est “revenant”, qui enrichit sémantiquement le terme, au sens où la figure du fantôme est une figure déjà connue, qui appartient au passé, qui ne se contente pas de survenir tout à coup, mais qui se comprend sous le mode du retour. La hantise est, avant tout, le phénomène d’une sempiternelle réitération, éprouvée ou appréhendée non sans inquiétude. D’un point de vue littéral, le fantôme est constitutif d’une apparition, il est ainsi un “apparaissant”. Ainsi, la question de savoir si oui ou non les fantômes existent est un faux problème : ils existent, non au sens où l’existence d’une chose dépend de sa présence tangible, en chair et en os, mais au sens où ils apparaissent, se produisent et (se) figurent, au moins sous un aspect symbolique, de sorte à compter ou à officier dans l’ordinaire de nos existences. Phantasmes, phénomènes, représentations, etc. La notion de fantômes désigne une dimension réelle et déterminante de l’existence, fût-elle fragmentée dans une multiplicité d’expériences plus ou moins conscientisées, et dont les contours peuvent être bien difficiles à définir.

Les fantômes de l’État sont d’ordre politique et historique. Ils traduisent les phénomènes à travers lesquels l’histoire et la pré-histoire de la forme étatique moderne – centraliste et unitaire – et de ses institutions apparaissent dans l’imaginaire collectif, et hantent de fond en comble les champs du pouvoir officiel. Les orientent secrètement. Cette hypothèse complexe traverse l’ouvrage, irréductible aux communications du prêt-à-penser que les médias favorisent et auxquelles ils cherchent à nous accoutumer, cette “République des idées simples” dont Pierre Legendre se préserve explicitement.

© Photographie de Nina Selambin

© Photographie de Nina Selambin

L’auteur trace une “archéologie” des savoirs et des techniques administratives via l’étude de leurs textes fondateurs (principalement juridiques) qui, mis bout à bout, forment ensemble, en quelque sorte, le “grand récit” de l’histoire de l’État. Cette archéologie ne saurait demeurer tout à fait neutre ou objective, dans la mesure où elle est elle-même une donnée déterminante de la subjectivité contemporaine. Ainsi, l’archéologie se veut-elle inévitablement critique au regard de son degré d’implication dans l’affaire. Les fantômes donc, que sont-ils plus précisément au fin mot de cet ouvrage ? Sont-ils les productions d’une histoire juridique et politique de l’État et de son contexte civilisationnel, ayant pour effet d’apparaître et de hanter les lignes d’orientation du régime actuel – la bureaucratie libérale [v] qui tend désormais à s’établir univoquement ? Ou sont-ils, à revers, les fantômes que produirait notre présent politique lui-même, et notamment les fantômes de l’administration ? Deux possibilités qu’il ne s’agit pas de trancher mais de tenir ensemble. Comme tenues par une seule question, au centre : sommes-nous gouvernés par autre chose que par des fantômes ?

« L’État est à la fois matrice, protecteur et garant du régime qui annonce sa dépossession ou la captation intégrale de ses moyens. »

L’ouvrage tend à répondre par la négative, avec une nuance cependant. L’État persiste in fine à tenir debout, à préserver sa vieille bâtisse, non dans l’illusion de sa renaissance ou du recouvrement de son efficace séculaire, mais pour mettre le champ de forces dont il dispose au service du projet managérial, pour le préserver, l’accroître et le défendre alors même que ce projet vise à le supplanter. L’État est à la fois matrice, protecteur et garant du régime qui annonce sa dépossession ou la captation intégrale de ses moyens.

Une “hantologie” méta-politique

Pierre Legendre ne professe aucune doctrine et ne se réclame pas tant de la philosophie que du travail de l’historien, de l’archiviste, et d’une proximité singulière, presque psychanalytique, avec les textes qui précèdent et précisent le cadre dans lequel s’élaborent progressivement nos systèmes juridiques, nationaux et internationaux. Il partage avec les grands philosophes la conviction que certains facteurs influencent le cours du monde d’un point de vue analogue à la façon dont les lois régissent les institutions. La réalité du pouvoir peut ainsi s’interpréter sous l’angle d’une “légalité”, tel un système de lois dont une large part demeure implicite. Un implicite dont il se fait l’historien et dont on peut déceler les traces et les reproductions à moindre échelle, mais auquel une part occulte demeure consubstantielle, de sorte qu’on ne peut en démontrer ou en démonter les rouages une fois pour toutes.

Jacques-Derrida-Paris-12-de-se_54215948225_53389389549_600_396-1Le discours de Pierre Legendre est méta-politique, étant entendu que méta ne signifie pas un “au-delà” mais une traversée. Sa méthode consiste à retracer les évolutions et glissements de sens du concept administratif, du Moyen Âge au XXIe siècle. Elle a cependant des limites. On pourrait considérer que son aspect systémique et englobant délaisse parfois l’analyse patiente et minutieuse au profit de quelques considérations de survol. Mais ce serait négliger l’ensemble des publications et des travaux de Pierre Legendre en amont, et des travaux initiés au sein de son propre laboratoire de recherche, le laboratoire européen pour l’étude de filiation, au nom de la discipline qu’il a lui-même fondée. C’est une méthode qui parvient effectivement à son but : nous fournir une boussole pour la traversée des symboles politiques au cours des âges. Jacques Derrida en avait formulé le nom, celui d’une science impossible qu’il appelait de ses vœux : une science des spectres, une “hantologie”.

Le Management comme globalité

Quant à la question du devenir du centralisme étatique en science de l’administration, en Management, le mieux est de donner la parole directement à celui qui s’en fait le spécialiste.

« Le Management est un terme générique. En son principe, il concerne l’organisation et la gestion de l’entreprise. En réalité, non seulement il domine le fonctionnement administratif des États, mais il s’est emparé des esprits, s’infiltre dans la vie des individus et des communautés. Or, si l’on admet que le Management accompagne l’expansion planétaire de la techno-science-économie, force est de reconnaître une conséquence inéluctable : le Marché prend soudain un statut hyperpolitique. Fonctionnant sur un mode quasi souverain, il absorbe les formes traditionnelles de l’absolutisme et, par le jeu de la gouvernance (terme témoin du déclin de l’idée de gouvernement), est érigé en une sorte de raison d’État universelle, affectant toute forme de res publica. Dans cette perspective, le Management est le bras armé du marché. »

Toutefois, l’auteur ne tombe pas dans le délire futurologue.

« Nul ne sait ce qu’il adviendra à long terme de la Révolution managériale détectée au tournant de la Seconde Guerre mondiale par James Burnham et les milieux éclairés. L’évolution symétrique de la planification soviétique et du rationalisme calculateur occidental (poussée à la radicalité par l’efficacité organisationnelle du système nazi), met en évidence le trait guerrier du Management, bien adapté à l’univers concurrentiel de l’économisme libéral généralisé. […] De surcroît, au fil d’un demi siècle d’idéalisation sociale de l’efficience, au sens positiviste du terme, le Management est devenu un mode de pensée comparable à ce qui résulte d’une conversion religieuse de masse. »

Nos Desserts :

Notes :

[i] Ou bien est-ce la vision plutôt “continuiste” de l’histoire, sous-jacente aux travaux de Legendre, qui autorise encore cette qualification ? Les agents wikipédiens, habituellement si vigilants et prompts à sourcer le moindre jugement de valeur (même indirect), n’ont pas estimé nécessaire cette fois de notifier l’absence de citation précise.
[ii] Cf. Deguy, L’impair, Tours, 2000.
[iii] Cf., notamment, Derrida, Spectres de Marx, Paris, 1993.
[iv] Legendre opte assez rapidement pour le terme d’Administration avec un grand A, qui traverse les âges, pour qualifier l’expansion spécifiquement française des sciences et des techniques managériales, depuis leur avènement dans la modernité classique jusqu’à leur absolutisme actuel.
[v] Le mot “bureaucratie” s’est d’abord imposé en France, rappelle Legendre.

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2 réponses »

  1. Legendre conservateur ? Ah ah ah ! Je rappelle que dans les années 1990, Legendre était un des chouchous de magazines idéologiquement bien sous tous rapports, voire parangons de la pensée correcte (comme Telerama, qui l’a interviewé très longuement et avec admiration en 1999 (« La loi, le tabou, la Raison »), Le Monde qui a publié plusieurs longs entretiens avec lui (avec Antoine Spire notamment, pas vraiment un « conservateur », en 2001 ; en 1997 dans Le Monde de l’éducation)… A France culture, les portes lui étaient grandes ouvertes (cinq heures d’émission sur la fabrique de l’homme occidental en 1992) ; a Arte de même (l’émission devint un film en 1996). Je ne vois que les libéraux-libertaires atlantistes des Inrocks pour avoir méprisé alors Legendre ou l’avoir considéré comme un conservateur, et Libération. Comme Baudelaire disait de Sand « elle a de bonnes raisons de ne pas croire à l’Enfer », on pourrait dire de ces gens (ceux de Libé), « ils ont de bonnes raisons de ne pas croire à l’Œdipe »…

    Wikipédia a la neutralité du capitalisme, qui est la neutralité de ceux qui ont le pouvoir : en l’occurrence, les lobbyistes (le lobby LGBT est la main « sociétale » armée des lobbys patronaux, tout le monde qui a des yeux sait cela ; à Bruxelles, grands patrons et militance LGBT sont alliés les uns aux autres comme des frères siamois ayant pour but d’accoucher du consommateur idéal, abruti, jouisseur, sans conscience ni au-delà de ses pulsions.)

    Dans les années 60, Legendre a connu des gens assez libéraux (Jacques Rueff par exemple), « libéraux pour l’époque », faudrait-il comme d’habitude préciser. Je rappelle qu’Aron, libéral, considérait que les inégalités de revenus ne devaient pas dépasser un à sept ; et que Ford, le capitaliste absolu, un à quarante… Celles du CAC 40 sont désormais de un à mille : nous avons changé d’échelle ; un libéral des années soixante (comme Rueff, ou même De Gaulle qui avait des aspects de libéralisme économique) se retrouve aujourd’hui dans le camp adverse, si ses positions n’ont pas évolué. Legendre est d’une façon générale allergique aux idéologies (il leur préfère la puissance du dogme…) ; dans sa vie, il a rencontré le maoïsme assassin, la psychanalyse bécassine (groupuscules freudiens des années 70), le bourdivisme à ressentiment, le foucaldisme implicitement darwiniste du militantisme sexuel (Foucault vaut beaucoup mieux que les maniaques qui s’en sont emparés)… Legendre est par essence, par indépendance d’esprit, rétif à tout embrigadement de masse. Capable de percevoir la nocivité de Mai 68 et en même temps, le caractère d’impasse dans lequel se trouvait l’université française en ce temps (sclérosée et passéiste, « l’université des années 60 suait l’ennui »). Legendre a certains aspects franchement subversifs ; comme il le dit lui-même, s’il avait révélé qu’il fréquentait un divan vers 1960, il n’aurait jamais été admis dans le monde plutôt conservateur, pour le coup, du droit. La psychanalyse est véritablement subversive pour l’ordre délirant d’illimitation (financière et de mœurs) actuel, raison pour laquelle elle est si attaquée aujourd’hui. Le « malaise dans la civilisation » prétend être résolu par l’ordre libéral-libertaire… « Vivre et penser comme des porcs », disait l’autre.

    Enfin, Legendre est surtout un critique acharné du « darwinisme social à blabla démocratique » qui est aujourd’hui la norme, à droite comme dans gauche de gouvernement. Ce darwinisme prend des formes diverses, beaucoup s’intitulent « progressistes » ; mais qui ont toutes l’inhumanité comme aboutissement.

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