Société

Contre la bipolarisation qui vient

Y aurait-il en France d’un côté des Blancs « privilégiés » et de l’autre des « racisés » (parfois blancs) victimes de discriminations inscrites dans la séquence génétique des institutions ? La dénonciation des violences policières dans les communes et quartiers populaires à fort taux de population d’origine immigrée prête le flanc à une bipolarisation simpliste et malsaine qui évite la question cruciale de la pauvreté, d’où la facilité avec laquelle l’oligarchie médiatique s’en empare.

Le combat contre le racisme est-il dangereux au cœur d’un système qui commercialise des tee-shirts « Black lives matter » et publie des Unes d’actrices vivant de la rente du Centre National du Cinéma ? S’il est difficile de nier les difficultés rencontrées par certaines personnes pauvres d’origine extra-européenne, parler de racisme systémique comme si les institutions du pays avaient été conçues pour brimer des pans entiers de la population (alors présents dans l’Hexagone en proportion quasi anecdotique) est un tour de passe-passe rhétorique qui ne peut qu’amener à séparer les masses populaires en deux camps. Deux camps dans lesquels les individus se retrouveraient assignés par leur seule couleur de peau.

Cela fait en tout cas le bonheur de la société de consommation qui raffole des assignations revendiquées à coups de gadgets ou de fétiches à code-barres. Air BnB, Deezer, Spotify, KFC et de grands groupes commerciaux ont marqué très vite leur solidarité envers le mouvement « Black Lives Matter » aux États-Unis, de quoi douter du caractère subversif de la contestation. En France, Assa Traoré dérange au point d’être invitée sur tous les plateaux pour donner sa version des faits quand à la mort de son frère Adama, décédé en juillet 2016 lors d’une interpellation.

Qu’il existe des violences policières, assurément. Qu’un corps de métier qui a pour mission de défendre les institutions et l’ordre républicain plutôt que le peuple et les biens communs attire des profils bornés et soumis à l’autorité et aux consignes bêtes et méchantes ne fait pas l’ombre d’un doute. Tout comme il semble logique d’affirmer que les métiers de la psychiatrie puissent attirer des pervers et les métiers de l’éducation des pédophiles. La police est-elle structurellement raciste ? À-t-elle été créée dans le but de mater des « racisés » ? Les affaires récentes autour de Cédric Chouviat, Steve Maia Caniço et des Gilets jaunes amènent à penser que la police est surtout l’outil de contrôle des masses de tous les épidermes. À Bagnolet et dans de nombreuses communes de Seine-Saint-Denis, le pouvoir politique réclame cette même police que l’on n’entend présenter que comme une milice fasciste obsédée par la mélanine. Sans compter que dans ce même département on trouve un nombre conséquent de policiers « racisés ».

 

La nouvelle vision du monde directement importée des États-Unis (à tel point qu’on la vit en VO ou via Google Translate dans du français hasardeux) postule qu’en France règne un « privilège blanc », une notion assez tordue puisque le pays est historiquement blanc et que la présence massive de « racisés » est un phénomène très récent. On pourrait évoquer le « privilège blanc » des sociétés multiethniques comme le Brésil, les États-Unis fondés sur la ségrégation raciale, certains États africains ou l’Inde, mais dans la vieille Europe, l’idée laisse pantois, sans pourtant rien nier des difficultés rencontrées au quotidien par les personnes « racisées ». Par ailleurs, les difficultés rencontrées par ces mêmes personnes ont lieu dans la sphère privée : logement refusé malgré les revenus suffisants par un particulier ou une agence immobilière, refus d’un poste malgré la qualification requise, injures…

« Le premier handicap est bien celui de la pauvreté. »

Parler de « privilège blanc » ou de « racisme systémique » c’est sous-entendre que les Blancs seraient prioritaires ou favorisés dans les institutions de la nation. C’est assez difficile à comprendre puisque, contrairement au monde anglo-saxon, les formulaires administratifs ne font nullement mention de l’ethnicité. Avez-vous déjà demandé un logement social en précisant quelle était la couleur de votre peau ? Vous a-t-on demandé de décliner la teinte exacte de votre épiderme le jour de votre inscription à l’université ? Le CROUS accorde-t-il les bourses sur critères ethniques ? Demandez à un gosse du fin fond de l’Orne qui a dû financer sa licence en bossant au Mac Do s’il a joui d’un privilège quelconque quand un « racisé » de Seine-Saint-Denis n’avait qu’à prendre le métro avec un tarif ultra réduit pour aller à la Sorbonne. Cette posture morale est tout juste bonne à précipiter les « petits Blancs » dans les bras du Rassemblement national.

Rappeler qu’il est plus difficile de se loger quand on est pauvre est capital ; un gosse de la bourgeoisie sénégalaise aura bien moins de difficultés à louer un studio en plein centre-ville qu’un gamin monté de province et aux parents non imposables. Là où le bât blesse c’est quand on est pauvre ET non blanc, mais le premier handicap est bien celui de la pauvreté. Un blanc pauvre serait-il moins handicapé qu’un Noir ou un Maghrébin pauvre ? C’est probable, ça ne fait pas du blanc un « privilégié ». Perdre vos jambes ne fait pas de celui qui a conservé les siennes un privilégié.

Si le racisme dont sont victimes les « racisés » existe, nier celui qui frappe les Blancs dans les quartiers où ces derniers sont minoritaires revient à endosser la responsabilité de préparer de la chair à canon pour les mères Thénardier de la question identitaire. Là où un « racisé » se sent opprimé par des regards, des sous-entendus, des brimades, il est défendu pour un Blanc de décrire son malaise dans un collège de ZEP. Quiconque a été scolarisé dans les établissements des quartiers pauvres à forte proportion de populations immigrées ou issues de l’immigration connaît la sempiternelle question du « c’est quoi tes origines », les insultes à base de « sale blanc », les moqueries sur la fragilité des « babtous » et des « gouers », le racket, ou les morceaux de rap violents et absolument tolérés sur les ondes de ce pays que l’on veut sans cesse comparer aux États-Unis ou à l’Afrique du Sud de l’Apartheid. Nier la douleur des Blancs victimes de racisme, c’est les envoyer au RN ; nier la douleur des « racisés » c’est les envoyer vers un parti qui qualifie les Blancs de sous-chiens.

« Cette bipolarisation fait le bonheur de la société de consommation qui raffole des assignations revendiquées à coups de gadgets ou de fétiches à code-barres. »

Il n’y a personne à précipiter dans les bras des extrêmes, il y a un vrai dialogue national à entamer, et s’il part sur le postulat que les Blancs sont privilégiés comme s’ils devaient s’excuser de leur couleur de peau, s’il fait l’impasse sur les conditions économiques et sociales de chacun, s’il entend essentialiser des groupes ethniques, il sera absolument inutile.

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32 réponses »

  1. Une simple campagne de communication habilement orchestrée sur les réseaux sociaux a suffi à convaincre la gauche que nous vivions dans un pays structurellement raciste, la coupant au passage d’une partie de son électorat. Désespérante puissance de la fausse conscience, décuplée par Facebook, Insta et Cie qui nous connecte à la mentalité nord américaine plus qu’il nous ouvre sur le monde.

  2. Le texte a le mérite de mettre les pieds dans le plats, et je trouve les comparaisons audacieuses. Mais mon admiration pour la plume s’arrête là où l’auteure n’a jamais connu ce qu’était le racisme. Si je me fais mal, vous pouvez comprendre que j’ai mal, pas vrai ? Mais vous ne souffrez pas. Et il manque à cet article cette dimension essentielle – la souffrance – et ce qu’elle provoque comme effet en cascade, d’un point de vue psychologique, puis sociologique et professionnelle. Car je crois que le problème du texte est qu’il prend le problème du racisme du seul point de vue individuel : « s’il est difficile de nier les difficultés rencontrées par certaines personnes pauvres d’origine extra-européenne » alors que le racisme dit systèmique est un racisme qu’il faut appréhender d’un point de vue sociologique.

    L’autre problème c’est celui qui consiste à relativiser les violences policières en extrayant les meurtres de Cedric Chouviat et celui de Steve Maia Caniço – l’exemple des gilets jaunes pour parler de meurtre ne me semble pas pertinent. Seulement, Cedric Chouviat, si vous aviez vu son faciès, vous auriez dit que vous aviez à faire à un arabe. Pire : non seulement Chouviat était arabe par sa mère (elle s’appelle Fatima) mais il était musulman (circonstance aggravante voire essentiel) et livreur (donc des quartiers). Tout dans sa façon de parler, sa façon d’être a envoyé les signaux aux policiers qu’il avait affaire à un « jeune » des banlieue : il en a payé le prix. Mais pour vous, s’appeler Cedric suffit à le sortir de sa race. Seulement c’est plus que ça.

    Ensuite le cas Steve Maia Caniço peut lui aussi être relativisé : faites le décompte du nombre de mort au contact de la police. Ils sont depuis 40 ans, arabes et noirs – il ne s’agit pas de « certaines personnes d’origine extra-européenne » mais de l’écrasante majorité, une cinquantaine. Le pauvre Maia Caniço a eu le tord d’être perçu comme un « allié » d’extreme-gauche comme Remi Fraisse que vous auriez pu citer. Prenez le terme « allié » au sérieux : A qui s’est attaqué le terroriste raciste, le norvégien Anders Breivik ? A un rassemblement de jeunes du parti travailliste norvégien… Des alliés, des « gauchistes ». La mentalité de la police n’est pas comparable mais le jour où elle traitera Génération identitaire autrement que comme des alliés qu’ils peuvent exfiltrer en leur laissant la libre utilisation du smartphone pour un selfie souriant, nous pourrons à ce moment-là réfléchir sur la nature de la police. Jusque-là ils me font penser à des nervis d’extrême-droite qui s’attaque à tout ce qui est perçu comme « multiculturaliste » : ZAD, Gilets Jaunes, raveurs, et les arabes et les noirs, etc.

    Si je vous suis sur le problème d’une telle expression – privilège blanc – qui est une sorte d’importation en contrebande d’idées radicales, je ne vous suis pas sur les comparaisons entre le jeune de l’Orne qui travaille au McDo et le jeune boursier des banlieues : si le premier n’a pas de bourse c’est que ses parents ont touché suffisamment d’argent pour ne pas en bénéficier ; si le jeune de banlieue est boursier c’est parce qu’il a été élevé avec moins d’argent que le jeune de la France périphérique – que l’on peut élargir, soit dit en passant, aux banlieues mais c’est un autre débat.
    La bourse n’est pas un cadeau aux arabes et aux noirs : elle est donné sur critère sociaux (et je vous prie de me croire sur parole : si j’avais pu m’en passer en ayant eu une vie économique descente, j’aurai pris la place de ce jeune de l’Orne car atteindre l’Université en ayant toutes les aides possible de l’état de l’enfance à l’âge adulte, cela relève de l’héroïsme ; aucun de mes amis n’ont accédé à l’Université, ils n’ont jamais eu le privilège d’avoir une bourse…) J’ai le sentiment que vous choisissez cette exemple pour évacuer la question systémique du racisme – il ne s’agit pas de bourse sur critère ethnique. Le soucis du racisme systémique réside dans le fait qu’il n’est pas officiel, il n’y a pas de lois raciales et pourtant lorsque vous êtes arabe ou noir dans ce pays, on ne vous traite pas à égalité. Vous posez la question « Avez-vous déjà demandé un logement social en précisant quelle était la couleur de votre peau ? » : c’est une question très problématique si vous voulez mon point de vue : j’ai demandé un logement social et où ai-je été jeté ? Loin du centre-ville, à côté des mauvaises écoles et pourtant je suis prof. Je peux vous dire que mon nom et mon prénom suffisent pour dire la couleur de ma race… C’est dans une culture qu’il faut chercher du côté du colonialisme et près d’un siècle et demi d’éducation au racisme : ça commence avec Gobineau et ça se finit par les violences policières massives contre les arabes et les noirs qui perdurent. On dit de la police qu’elle n’est pas raciste : je veux bien, mais comment expliquez-vous que de 1925 à 1945, le préfet de police de Paris – la ville « lumière » censée être protégé du racisme de ses colonies – a affecté un département entier des forces de l’ordre au seul flicage des arabes ? Elle s’appelait la « Brigade nord-africaine » – elle s’est ensuite reconverti dans le gestapo (et c’est cette raison qui a signé son arrêt de mort… Pas son racisme officiel).
    Enfin je ne pense pas qu’il faille menacer quiconque voulant ajouter la question raciale à la question sociale de pousser les « petits blancs dans les bras du RN » pour l’évacuer réellement. Je crois comme vous que la question sociale recouvre la question raciale – la pauvreté est une « race » – mais il existe de véritable race qui ont le cuir épais dans l’esprit de nostalgique de la « grandeur de la France ». Mais quand un « blanc » est minoritaire dans les quartiers, il ne vit pas le même type de rejet que celui qui l’est – un arabe par exemple – dans une campagne rural. Le gouer, le babtou se sont des termes qui viennent de la colonisation et d’une position de dominé ; en revanche, bougnoule, negro, crouille, melon, c’est la continuation d’un modèle qui a encore de beaux jours devant lui. Le « malaise dans un collège de ZEP » dont vous parlez c’est celui du déclassement, rien d’autre : c’est comme ça qu’il se voit, déclasser au milieu de tout ses arabes et noirs qui, au fond, jalousent sa couleur de peau. Et souvent, ce blanc – et c’est tout à son honneur – fait corps avec ce malaise en l’embrassant : les meilleurs alliés que les arabes et les noirs ont trouvés – passé les enfantillages susmentionnés – c’est ce petit blanc. Ils savent exactement ce qu’est un arabe, un vrai musulman, un noir, sociologiquement, il ne tombera pas dans le piège des bourgeois qui veut en faire de ses potes des terroristes en puissance.

    Je n’oppose pas la race à la question sociale, je l’ajoute : un arabe pauvre, sociologiquement, est deux fois condamné par rapport au blanc pauvre : par sa pauvreté d’abord et par sa couleur de peau/culture ensuite. Mais il arrive plus rarement que la race supplante la classe : lorsque le camerounais Achille Mbembe au moment où il obtient son titre de docteur en Histoire de Science Po Paris ne voit aucun poste lui être proposé, il est même mis de côté comme bon nombre de ces arabes et ces noirs qui réussissent leurs études brillamment. Il part la mort dans l’âme aux USA et finit par enseigner à Harvard. Vous avez des gens supérieurement intelligents à qui l’on refuse tous les poste parce qu’ils ne sont pas passés par la rue d’Ulm, à qui l’ont refuse le CAC 40 – regardez vous même la couleur de la peau des 40 plus grands PDG français actuels et dites moi qu’il n’y a pas de race au niveau systémique. Il faut être bien né.

    Voici ma contribution au dialogue que vous appelez de vos voeux.

    • Votre commentaire fait appel à la notion de races humaines, notion qui n’a pas de réalité sauf pour certains racistes. Nous sommes en France et non aux États-Unis d’Amérique.

      « le camerounais Achille Mbembe au moment où il obtient son titre de docteur en Histoire de Science Po Paris ne voit aucun poste lui être proposé »

      Quel est l’intérêt de préciser cela ? Il y a d’autres docteurs en histoire qui n’obtiennent pas de poste en France et qui partent à l’étranger. En quoi l’origine camerounaise de ce docteur impliquerait-il son absence de recrutement ? Pensez-vous qu’il est plus à l’aise maintenant qu’il est aux États-Unis d’Amérique où l’on lui a assigné une « race noire » et une « vie noire » ?

      • Juan Palensk : je crois qu’une fréquentation assidue du monde de l’université vous mettra devant le fait accompli : où sont les noirs ? D’où ma référence à Achille Mbembe… Je ne donne de réalité à la race qu’en tant que « race idéologique ».

        Bien à vous

      • Sina :
        Si je comprends bien, on a l’impression que vous êtes partisan d’une idéologie raciste ? Pour ma part, je suis partisan de l’idéologie des droits de l’homme : les hommes sont égaux en droit

        Dans le corps enseignant universitaire, il me semble que ce sont les pauvres, ceux qui font le moins d’études poussées, qui sont proportionnellement les moins représentés. Le système éducatif français privilégie la bourgeoisie. Je ne vois pas bien en quoi la critère de la couleur de peau intervient.

      • Juan Palensk : je ne dis pas le contraire : les pauvres sont sous représentés à l’université, c’est une évidence. Sauf que Mbembe n’est pas un pauvre : mais malgré cela, malgré les bourses obtenues des fondations américaines, ses passages à l’université de Northwestern, à l’université de Californie pendant l’écriture de sa thèse, il n’a jamais obtenu de poste en France après sa soutenance… Ce que je veux dire, c’est que malgré son CV, d’autres stigmates assimilables à de la pauvreté lui fermaient les portes du monde universitaire français. En lisant l’article ci-dessous, vous le verrez, ce n’est pas le seul exemple, loin de là :

        http://www.rfi.fr/fr/hebdo/20160422-enseignement-etats-unis-professeurs-afrique-francophone-excellent-etats-unis

        Et on parle d’une sorte de « bourgeoisie » africaine. C’est pour cela que je dis qu’il arrive que « la race supplante la classe »…
        Bien à vous

      • J’ai lu l’article de RFI. Je ne suis pas convaincu par ce que vous affirmez.

        Il y a des problèmes de ressources dans les universités publiques françaises et en ce qui concerne les sciences humaines, les places sont très chères. Il me semble que c’est principalement cela qui bloque l’accès aux personnes extérieures au milieu universitaire quelque soit leurs origines.

        Que les universités françaises ne veulent pas importer d’universitaires adeptes des thèses délirantes nord-américaines autour de l' »affirmative action » ou autres intersectionnalités, on peut aussi très facilement le comprendre

        En revanche, je trouve dans l’article une généralisation que l’on pourrait qualifier de raciste si l’on s’amusait à être chatouilleux : « Les Français sont arrogants, c’est une maladie ! ». Il me semble que certains universitaires américains aiment bien dénoncer la France parce qu’ils ne comprennent pas le modèle républicain. Ce sont peut-être eux les arrogants qui ne font pas l’effort de voir ce qui se passe outre-atlantique

        Ce que je trouve en revanche de vrai dans l’article, c’est hors-sujet mais je le dis quand même : c’est de souligner que la France oublie la Francophonie alors qu’il est évident que la France ne pourra rayonner et trouver sa place dans le monde que par la Francophonie. L’UE mercantile et allemande, rien à voir avec la France.

      • Mbembe a plus de 60 ans, comme tous les universitaires africains évoqués dans l’article de RFI… Les problèmes de l’université que vous évoquez n’existaient pas dans les années 80 (de même que les thèses instersectionnalistes – et « l’affirmative action » est une disposition politique porté par l’Etat US, et non un champ d’études universitaires)… Désolé de ne pas vous suivre.

        Et puis « les français sont arrogants », ne le prenez pas pour vous, il s’agit de tempérament comme lorsque l’on dit « les Allemands sont disciplinés », « les Anglais sont flegmatiques »… Ce n’est pas bien grave.
        Et puis le Français que je suis confirme : on est fichtrement arrogants. (remarquez, « Les Français sont bavards », c’est aussi très vrai)

        Bien à vous

      • « Les Français sont arrogants »

        Oui, comme vous, j’avais bien pris ça à la légère
        Bonne soirée

    • J’ai été  » pion » dans des collèges et lycées en ZEP même carrément établissement sensible ou 50 a 80 % des élèves étaient d’origine maghrebines ou turcs et je peux vous dire que les enfants des petits blancs voir enfants blancs du lumpen proletariat, enfants de chômeurs de longue durée souvent alcooliques et souvent places en foyer étaient plus défavorisés socialement que les jeunes d’origine nord africaine dont au moins le père travaillait et dont la mère était bien présente au foyer .
      En fait moi même un petit blanc fils d’une femme de ménage avec un père absent ( en prison) et qui nous a abandonne. Boursier au 5:ème échelon a l’époque le max, et ayant dû financer intégralement mes études en travaillant comme pion et même en usine et ayant suivi les cours du soir, je me suis vite aperçu morts de l’oral du concours interne aux IRA en 2000, que je ne venais pas exactement de la même classe sociale que les autres lauréats et même maintenant il paraît que je n’ai pas la posture du cadre ou plutôt l’imposture . Non définitivement les origines sociales et les conditions matérielles objectives dans lesquelles vous vivez sont plus déterminantes s
      que votre couleur de peau.

      • Muyard : Je vous rejoins. Quand on parle de pauvreté, il n’y a plus de race. J’ai eu des amis blancs dont l’enfance était plus à plaindre que la mienne. En revanche, si je marchais avec ces mêmes amis et que l’on se faisait contrôler, la plupart du temps moi et mes congèneres avions droits au check-up complet… C’est de cela dont je parle : à pauvreté égale, la race est un facteur aggravant.
        Mais je n’opposerai jamais la classe et la race du fait de votre existence : d’ailleurs je ne sais pas si vous avez remarquez l’évolution de la carte du vote FN entre 2014 et 2020 ? Il se réduit. Que s’est-il passé entre temps ? Les Gilets Jaunes. Des Gilets Jaunes qui n’ont jamais parlé ni d’arabes, ni de noirs, ni d’islam ; ils ont parlé du plus important : les inégalités économiques et sociales.
        Pour une fois depuis deux décennies, un mouvement social d’ampleur n’a pas évoqué mes particularités culturelles – résiduelles à l’échelle de notre culture commune – comme un préalable à mon intégration et à ma francité ; sans mauvais jeu de mots, nous n’avons pas eu besoin de montrer « patte blanche » : la lutte des classes c’est assurément la lutte contre la race… Je me souviens d’un candidat de droite en campagne dans ma commune, s’adressant à nous en ciblant insidieusement notre confession, évoquer la figure de « l’imam Chalghoumi  » comme un « bon imam ». En fait, il nous faisait du gringue électoraliste… Je lui avais rétorqué que c’était Sarkozy qui avait fait de nous des « musulmans » et que l’on a jamais voulu que vous vous adressiez à nous en tant que tels.
        Et comme l’a dit Emmanuel Todd il y a peu : le préalable à la lutte des classes c’est d’accepter les musulmans, noirs, arabes, de ce pays comme des français, pleinement, et de ne pas se concentrer sur des différences très peu significatives. D’où mon intervention sur ce fil : le chantage au RN – à l’extrême-droite, aux identitaires – comme préalable à tout engagement socialiste est une erreur. Le discours socialiste est performatif : il suffit de dire l’égalité sans distinction de race ou de religion pour rassembler. Seulement, les intellectuels, philosophes, écrivains tenants du « véritable socialisme » se montrent par trop impatients… Alors ils perdent leur temps à nous dire ce que les noirs et les arabes ne doivent pas dire ou penser… Et on tourne en rond.

        Bien à vous
        Sina

  3. …Regardez la composition des prisons françaises et dites moi qu’il n’y a pas de racisme systémique : pourquoi sont-elles perclus d’arabes et de noirs si ce n’était qu’une question de classe ? Les blancs ne sont très majoritaires parmi les pauvres de France ?

    Bien à vous

    Sina

    • En es-tu sûre ? Comment arrives-tu à cette conclusion ? D’expérience, des blancs pauvres j’en ai énormément rencontré, j’ai vécu avec eux, ils sont « nous », ils semblaient en minorité dans certains blocs, certains immeubles c’est vrai, mais à l’échelle de ma ville, ils étaient majoritaires… Aussi délinquant que les arabes et les noirs. Parmi les membres du « gang des barbares » par exemple, il y avait des blancs, un en particulier que je connaissais. J’avais été néanmoins surpris par le traitement médiatique dont ils avaient bénéficié… Comme s’il était plus innocent que les autres.
      Je pose la question en tout honnêteté : pourquoi est-ce si difficile d’intégrer cette question – la question raciale – pour expliquer ce traitement policier si particulier des arabes et des noirs de ce pays depuis l’Afrique coloniale ? N’es-tu pas surpris par exemple que ceux qui subissent les violences policières depuis 40 ans sont précisément les descendants de ceux qui ont subit le colonialisme – l’argument « indigéniste » ou « décolonial » mise à part ?

      • Je me base sur mon expérience, ayant vécu dans plusieurs quartiers, ayants beaucoup de cousins (et ayant côtoyé les leurs).
        1/ Si dans une ville, les blancs sont majoritaires, mais minoritaires dans les tess, c’est qu’ils vivent majoritairement en pavillon ou au centre-ville, sont plus de classes moyennes. Bref, vivent dans des quartiers moins touchés par la délinquance.
        2/ Oui, j’ai croisé des blancs « cailleras ». D’experience, y a aussi plus de blancs bolosses que de rebeu ou renoi (« T’as un babtou ? Y a une hagra qui va avec » Sefyu). Il me semble qu’ils connaissent aussi des problèmes avec les flics et sont pas épargnés par le système scolaire et la justice.
        3/ Oui y avait des blancs dans le « Gang des barbares ». Oui le traitement médiatique a été plus celui des méchants noirs et arabes (c’est en partie – j’insiste sur le « en partie » – dû au fait que le cerveau était Youssouf Fofana). Cela dit : Est-ce que les blancs ont échappé à une peine de prison ?

      • Ce que vous dites sur le fait d’intégrer la question « raciale » aux questions de violences policières est intéressant, mais quid des français asiatiques ? Si je ne dis pas de bêtises, la majorité des français asiatiques sont originaires ou ont des parents originaires des anciennes colonies d’Indochine, qui ont quitté leur pays pour échapper aux régimes communistes dans les années 1970 (les fameux boat-people).
        Pourtant, on constate bien qu’ils ne font pas l’objet de contrôles policiers particulièrement intenses. Pourtant, ces populations originaires des pays pauvres du VIetnam, du Cambodge ou du Laos ne sont pas particulièrement riches, ce qui pourrait indiquer que la question « raciale » est peut-être moins importante que ce que l’on pourrait imaginer.

      • Votre comparaison est assez fallacieuse au sens où :
        – la communauté asiatique (hors chinoise) représente autour de 400 000 personnes. C’est à dire moins environ 0.6% de la population française.
        – ce qu’on a appelé les « boat-people » étaient en général des classes aisées avec un bagage intellectuel certain et diplômés
        – la question est autant celle de la question raciale que de la question territoriale (cocktail exiguïté des cités + trafic + violence)
        – la comparaison entre « communauté » amène de fait à établir une sorte de hiérarchie qui peut glisser vers une sorte de racisme implicité.

    • Non, ils n’ont pas échappé à une peine de prison : ils ont eu un traitement juste – et j’insiste sur le mot « juste ». Celui auquel je pense, qui était pourtant « plus qu’un simple geôlier » a été traité comme « un simple geôlier » au vu du nombre d’années de prison obtenus.
      Mais à travers ta question, il y a un problème qui point à l’horizon : tu penses, au fond, que le traitement médiatique, la manière dont on parle d’un accusé ou de la « race » d’un accusé, quotidiennement, n’a aucun impact sur le jugement des juges… Regarde l’affaire Omar Raddad : le fait que Verges ait pris le parti de médiatiser l’affaire – en suggérant ce lien avec l’affaire Dreyfus – a assurément été un coup de maître… Il SAIT que l’essentiel des affaires de ce type se jouent dans les médias. Il fallait maîtriser le story-telling contre le « bruit de fond » journalier de ceux de la race de Raddad… « La France est une garce et on s’est fait trahir, le système, voilà ce qui nous pousse à les haïr » (Sniper)
      Ensuite je ne penses pas avoir dit que les blancs étaient minoritaires dans les tess : j’ai pris mon exemple en expliquant que j’avais été jeté « loin du centre-ville » malgré mon statut : il existe des logements sociaux en centre-ville, combien de députés se font pincer parce qu’ils bénéficient de logements sociaux de « 300 mètres carré » en plein coeur de Paris – quand ce n’est pas à côté de la tour Eiffel ? Cela étant, les blancs étant majoritaires dans ce pays – très majoritaires -, tu en as autant dans les classes moyennes dont tu parles, que dans les classes pop auxquelles je fais référence… Mais étant tout deux des quartiers, c’est parole contre parole si tu veux mon avis. D’où l’intérêt – attention gros mots en perpective – des « statistiques ethniques »…
      Enfin dernier point, le traitement médiatique du gang des barbares a été « en partie » celui des méchants arabes et noirs parce que le cerveau était Youssouf Fofana ; permets moi d’utiliser une unité de mesure : il s’agit « d’une partie par million », car parler « de méchants arabes et de noirs », c’est un pléonasme dans ce pays. Bien Cordialement

    • Tu m’accorderas sûrement la forte corrélation – voire même la causalité – entre logements sociaux et ghettoïsation…
      Finalement on est d’accord, ce fut un plaisir.
      Bien cordialement

    • … Un « ghetto de riche » (Les Pinçons-Charlot ont écrit « les ghettos du gotha ») ? 😉 Pour être sérieux, je ne suis pas d’accord avec ta définition du ghetto. Le premier des ghetto, le plus connu, c’était le ghetto de Varsovie : une enclave au coeur même de la capitale polonaise. Je parle en fait de corrélation entre ghettoïsation et logements sociaux : cela veut que si la présence de ghettos est fortement corrélée à la présence de logements sociaux, l’inverse n’est pas nécessairement vrai… En tout cas, ta remarque me permet de préciser ma pensée.

      Sinon, sur les prisons françaises. Je suis tombé sur ça : https://rnr.tv/o/Content/co90468/racisme-elisabeth-levy-debat-avec-rokhaya-diallo
      A partir de 38’40 », Rokhaya Diallo avance deux arguments de poids pour expliquer la forte présence des arabes et des noirs dans les prisons. Je suis toujours envieux de ceux qui en savent plus que moi…

      Au plaisir,
      Bien cordialement

      • « Je parle en fait de corrélation entre ghettoïsation et logements sociaux : cela veut que si la présence de ghettos est fortement corrélée à la présence de logements sociaux, l’inverse n’est pas nécessairement vrai… »
        Je te le concède. Pareil pour Varsovie.
        Cordialement,

  4. Encore une fois les médias, sous domination, occulent la poutre pour exalter la paille…Ce combat est celui de Macron, qui se pratique en deux temps. Un, on jette, comme le développe l’auteur, les gens dans les bras du RN, deux, Macron se présente comme le candidat qui va encore barrer la route de l’hydre.

  5. En un mot, on a vécu ces dernières semaines une gigantesque « psy-ops » (opération psychologique) visant à exacerber les tensions racistes, fouillez et vous trouverez la trace des services derrière les événements.

    Les grands gagnants de cette psy-ops sont bien connu : Trump aux US, le RN en France. Et oui si vous accusez « les blancs » d’être privilégiés et si vous niez le racisme qu’ils peuvent subir, ils iront se réfugier vers ceux qui défendent « les blancs ». Normal.

    Les manifestations et les discours antiracistes sont contre-productifs au possible. Et oui la seule façon de combattre le racisme, c’est de pas trop en parler (et d’établir une égalité économique grosso modo entre les différentes ethnies).

  6. Il y a 500 ans a commencé une violente invasion de toute la planète par un petit groupe d’Etats d’Europe occidentale au nom de la supériorité d’une « race blanche » inventée pour l’occasion avec pour effet immédiat le ravage et l’engloutissement des civilisations dites « précolombiennes », le génocide « réussi » de plusieurs peuples, notamment les peuples des Caraïbes, un monstrueux trafic d’êtres humains entre l’Afrique et les Amériques. Mais quand les livres scolaires évoquent le début de cette invasion universelle et partout d’une atroce cruauté, ils disent « découverte de l’Amérique ». « Détail de l’histoire » avait tenté Jean-Marie Le Pen dans la même logique en proposant d’euphémiser ainsi l’horreur de la Shoah. 500 ans, c’est long. Les réflexes impensés de la suprématie blanche imprègnent nos institutions, nos paradigmes, nos comportements, même quand nous sommes subjectivement antiracistes. Si je dis : « Le professeur Diop a fait sa conférence dans son magnifique boubou traditionnel », ma description parait tout à fait anodine. S’il l’avait faite en costume cravate (costume « normal »), je n’aurais pas éprouvé le besoin d’ajouter une notation vestimentaire à mon information. D’un Africain qui vit dans un appartement doté du confort « moderne », on dira qu’il s’occidentalise. D’un occidental qui apprend l’algèbre, personne n’imagine qu’il s’arabise. La question du dépassement de ce racisme systémique n’a rien à voir avec l’affrontement communautaire que décrit l’auteure. Du fait de l’invention de la race blanche, mon fils dont la maman est malienne, se trouve placé dans une autres « race » que moi, qui suis classifié Blanc ? Quand va-t-on se débarrasser de cette absurde racisation de l’humanité ? Quand va-t-on se retrouver ?

    Ces retrouvailles ont pour condition le désossage du racisme structurel enkysté dans nos histoires collectives. C’est le sujet de mon dernier livre – L’ART EST UN FAUX DIEU / Contribution à la construction d’une mondialité culturelle (Jacques Flament/Alternative éditoriale). Les soulèvements contre le racisme systémique qui ont suivi le lynchage policier du frère George Floyd sont une bonne nouvelle. Ce n’est pas pour rien qu’ils réunissent des foules où les diverses « couleurs » de la nomenclature racialiste se retrouvent. Autre bonne nouvelle : l’évaporation de la « race jaune ». On parle désormais de Chinois, de Vietnamiens, de Japonais et quasiment plus jamais de « jaunes ». Allons jusqu’au bout de cette bonne nouvelle. Pardon Marion Messina, mais je suis en profond désaccord avec ce que vous écrivez et qui me semble en rester à la surface d’une histoire qui se joue dans les grands fonds.

    • Bof à l’école moi on m’a appris l’esclavage et les massacres des amérindiens, apparemment ça a changé depuis que vous n’y êtes plus.
      C’est encore un discours du siècle dernier que vous tenez.
      Je suis d’accord pour dire qu’il y a des traces de l’idéologie coloniale chez les personnes de plus de 60 ans, mais pour les plus jeunes c’est juste faux.

      Aujourd’hui les jeunes d’extrême droite (pas tous) ne se basent plus sur un racisme absurde mais sur des arguments rationnels, qu’on peut réfuter, mais qui sont des arguments rationnels.

    • Comment expliquez vous la colonisation japonaise des années trente? A ma connaissance les japonais ne sont pas blancs. Comment le racisme pourrait-il être une motivation pour des explorateurs qui se sont trompé de destination?

  7. Au regard de ce que disaient Karl Marx et Friedrich Engels sur le lumpenprolétariat, on peut facilement comprendre les raisons pour lesquelles les délinquants sont encensés par l’idéologie dominante…

  8. Chez nous, au 97400, on appelle cela du Racisme Sociale… pauvre riche, le dirigeant le peuple, … s’est plutôt dans la Nature Humaine… C’est le premier racisme, depuis qu’on lui a donné un nom significatif primaire.

  9. Au fait, comment les trafiquants de chair humaine de Nantes et d’ailleurs se procuraient-ils leurs »marchandise » ? Et bien tout simplement en l’achetant à des chefs locaux ou à des marchands arabes établis sur les côtes africaines ! C’était déjà le capitalisme !
    Petit rappel : la traite négrière arabe terrestre a commencé bien avant la traite européenne avec e petit supplément , la castration ce qui explique pourquoi les pays arabes ne connaissent pas les mêmes problèmes raciaux que les USA !des hommes !

    • Petite précision. L’on ne dit pas « traite négrière arabe » mais « traite arabe » : le grand Miguel de Cervantes fut lui-même esclave à Alger cinq ans durant. La traite arabe était fondée en fonction d’aires géographiques et non sur la seule race. Ce qui fait que des noirs certes mais des européens aussi, des grecs, des slaves, des espagnols, pouvaient être réduits en esclavage indépendamment de la couleur de leur peau. Et oui vous avez raison de le remarquer, les arabes profitèrent largement de la traite intra-africaine et elle fut effroyable. Cependant, les pays arabes font leur travail de mémoire, le Maghreb publie et informe à ce sujet, les Américains produisent de la littérature, des films : en pragmatique, ils regardent leur histoire en face.
      Mais je pense que vous allez m’expliquer en quoi la traite orientale a un quelconque impact sur l’état de délabrement du service public et la situation économiques et sociales désastreuse de nos concitoyens Guyanais, Antillais et Réunionnais ? Le grand défaut de notre pays, c’est son déni. Elle vote une « journée de l’esclavage », cependant elle ne va pas plus loin qu’un live Facebook : rien sur le service public, aucune soirée télévisée, d’émissions, de documentaire – pourtant il y en a de bons à ce sujet -, aucune proclamation solennel du président. Et ne parlons pas de la production artistique et cinématographique famélique : à part « Case départ », rien. Aucune littérature, aucun livre, aucun film à la hauteur.
      Quand on parle de la situation économique outre-mer, l’on nous dit – sous le haut patronage du « seul » Pétré-grenouillot (Jean-Pierre Sainton, non ?) – que les orientaux ont été de grands esclavagistes. Rhétorique du déni. Politique de l’ingérence. On proclame l’universel pour les autres, on n’oublie de se l’appliquer à soi-même.
      Bien à vous
      Sina

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