Politique

Battre Macron : vers un Front réellement populaire

L’horizon politique semblait bien sombre, il l’était à coup sûr. Face au macronisme ivre de son pouvoir, les deux oppositions les plus sérieuses ne l’étaient pas tant que ça. L’une devenant électoralement impossible ; l’autre, demeurant politiquement indésirable. Sauf qu’indésirable, on ne le demeure jamais dans l’absolu. Et pour le coup, sondages après sondages, l’hypothèse se confirmait : seule Marine Le Pen sera en position de battre Macron en 2022. C’était sans compter sur les secousses de l’Histoire, qui confirme une nouvelle fois son goût pour les pochettes surprises : la COVID-19 !

[Ndlr : Les opinions défendues par l’auteur de l’article n’engagent que lui et en aucun cas l’ensemble de la rédaction]

Avec l’Europe sociale et solidaire et la mondialisation heureuse, Marine-est-la-seule-qui est la troisième victime politique du coronavirus. Et c’est tant mieux ! Après son catastrophique débat d’entre deux tours à la dernière présidentielle, qui a fait dire à certains qu’elle ne souhaitait pas le pouvoir, à d’autres qu’elle en était indigne, elle a eu ici l’occasion de les contredire. Elle aura échoué. Après avoir abandonné la question de l’euro pour séduire une droite qui a déjà dit oui au macronisme, il ne lui restait plus qu’à surjouer la symphonie des frontières, qui commence à ronronner ici-et-là. Assez pour faire fructifier la PME familiale, très insuffisant pour se construire une crédibilité présidentielle.

« J’ai vu venir vers moi la synagogue et la Cagoule » Charles de Gaulle, Londres, 1940

Les cartes sont donc rebattues, les initiatives foisonnent et les idées fusent. Mais les adorateurs d’astres morts sont malheureusement légion. Avant de s’attaquer aux adversaires de toujours, concentrons-nous sur nos proches, nos amis, ceux qu’on aime. Parmi eux, les plus sérieux, n’ont qu’un seul mot à la bouche : Mélenchon ! Avec la naïveté du cocu qui ne tire pas les leçons d’une trahison, ils pointent du doigt ceux qu’ils accusent, à raison, de reformer le front tout-sauf-leur-champion. Mais que reste-t-il du vieux lion ? Pas grand chose. Mal entouré, ceux que seuls son charisme et sa merveilleuse campagne de 2017 ont placé à l’Assemblée Nationale, ne cessent de lui planter des couteaux dans le dos. Ils ne lui pardonneront jamais. La Marseillaise, le drapeau tricolore et “l’exile est toujours une souffrance”, non, vraiment, c’était déjà trop. À tous ces amis, ne voyez-vous pas que votre Jaurès se transforme en Taubira ? Manon Aubry et Clémentine Autain vous représentent-elles ? Pardonnez-vous si facilement à votre Robespierre d’avoir marché le 10 novembre 2019 à côté de ce que la Réaction fabrique de plus vil et de plus dangereux aujourd’hui : Marwan Muhammad.

C’est qu’il avait tout pour nous faire gagner, le Jean-Luc. Le charisme, le sens politique, la profondeur historique, et, nous n’en doutons toujours pas, l’amour de la France. Mais gardons à l’esprit ce proverbe arabe : “une tête de chien vaut mieux qu’une queue de lion”. Reste la question migratoire : c’est un enjeu électoral important dont nous ne ferons l’économie qu’au prix de la défaite. À cette question éminemment politique, la réponse du camarade Jérôme Sainte-Marie, politologue et observateur avisé du paysage politique s’impose : “[L’importance qu’il faut accorder à l’immigration] est considérable. Si face au bloc élitaire il n’existe pas de véritable bloc populaire, cela tient pour beaucoup à l’immigration à la fois comme réalité et comme représentation. Démunie intellectuellement face à cet enjeu, la France Insoumise constitue la principale victime électorale de la question migratoire, dont elle dénie l’importance tout en l’évoquant sans cesse, à ses dépens.

« L’imaginaire allemand est hanté par le spectre de citoyens poussant des brouettes de billets pour acheter une baguette. Cet imaginaire-là ne risque pas de changer et l’indépendance de la BCE restera un dogme qui fait l’unanimité dans le paysage politique allemand. »

Plus éloignés de nous politiquement, mais produisant un travail théorique dont il faut saluer la qualité : les populistes “mais attention, de gauche !” s’accrochent, eux, au cadavre de l’Union Européenne. On a les cadavres qu’on mérite. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le vent s’est effectivement levé, levant quelques parures à son passage. Sous les jupes de la nouveauté et de la jeunesse, se cachait le vieux slogan rose pâle qui partout sème le dégoût et la méfiance : “une autre Europe est possible”. Saluons tout de même le renouveau de Terra Nova et de la si mal nommée Fondation Jean Jaurès. Weber est mort, vive Benbarra !

Englués dans le constructivisme hérité de Mouffe et Laclau, ils se refusent à voir l’évidence : il ne saurait y avoir de peuple européen. Ils espèrent même en convaincre les schmittiens de Karlsruhe : il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes. L’imaginaire allemand est hanté par le spectre de citoyens poussant des brouettes de billets pour acheter une baguette. Cet imaginaire-là ne risque pas de changer et l’indépendance de la BCE restera un dogme qui fait l’unanimité dans le paysage politique allemand, de Die Linke à l’AFD. Les Allemands ne céderont jamais ! Et c’est leur droit de s’accrocher à leurs spécificités politiques et culturelles. Un peuple, c’est d’abord du déjà-là, ça ne tombe pas du ciel des idées. Il suffit pour s’en convaincre, de se souvenir de la violence qui a dû être déployé par l’État français tout au long de son histoire pour construire cette Nation : une violence qui ne serait plus acceptable aujourd’hui pour harmoniser le prétendu peuple européen et en faire une unité politique. Là aussi, c’est tant mieux !

“On ne resservira pas ce plat. Il est moisi, et froid. Aucun des conflits fondateurs qui ont forgé l’esprit des vivants d’aujourd’hui ne s’est déployé sur l’axe droite-gauche. Qu’il s’agisse de la Résistance, dont le nœud fut, contre le Parlement du Front Populaire devenu l’Assemblée des pouvoirs à Pétain, l’alliance des communistes et de la droite catholique, nationale, militaire et maurrassienne du général de Gaulle. Ou qu’il s’agisse encore, de la liquidation du vieil Empire, fondatrice de la République moderne, et qui vit, là encore, le rouge du drapeau flirter avec la Croix de Lorraine, et l’ombre de Jeanne d’Arc danser avec le spectre de Louise Michel.” Jean-Paul Cruse, « Vers un front national ». L’Idiot international, mai 1993

Vient l’heure de la question fatidique : Que faire ? Autour de nous, nombre de bonnes volontés s’agrègent et coagulent. Il nous faut d’abord saluer et soutenir leurs initiatives face aux aboiements de l’adversaire. Le spectacle d’un Michel Onfray essayant de garder son calme face à une meute de chiens de garde estampillés BFMTV nous dit tout de la difficulté de la tâche qui nous attend. Les accusations d’antisémitisme n’ont pas tardé à fuser non plus. Onfray ayant eu l’outrecuidance de simplement rappeler les différences de parcours entre Marx et Proudhon, dans la préface du livre consacré par Thibaud Isabel à ce dernier. Mais le Front Populaire du penseur caennais n’est pas seul. Chez les gaullistes, nous pourrions citer l’excellent travail mené par Pierre-Yves Rougeyron et ses équipes du Cercle Aristote. Au sein de la gauche républicaine, Georges Kuzmanovic mène également un travail salutaire grâce à République Souveraine, depuis qu’il a compris qu’il n’y avait plus rien à attendre de Jean-Luc Mélenchon.

Djordje Kuzmanovic

Toutes ces galaxies, toutes ces mouvances, auxquelles il convient d’ajouter l’ensemble des souverainistes qui ont salué le respect du vote britannique en faveur du Brexit, devront joindre leurs forces au moment opportun. Si rien n’est acté, certaines petites phrases, en attendant des actes forts, laissent planer une certaine espérance. Les mots d’Arnaud Montebourg nous disant : “Je ne sais pas ce que veut dire la gauche (…) Je sais ce que sont la France et les aspirations des Français”, sont de cette nature. Soyons conscients que l’échéance électorale de 2022 sera peut-être la dernière chance d’impulser un changement radical par les urnes, nous n’avons pas le temps de ceux qui attendent un alignement des planètes aussi illusoire que la venue du Grand Soir.

Car si l’Histoire choisit finalement une direction autre que celle que nous lui souhaitons, si le bloc bourgeois sort une nouvelle fois victorieux, ou s’il s’avère que les espoirs du peuple soient déçus et trahis, alors il ne restera plus que l’hypothèse révolutionnaire. Séduisante dans les livres ; écrite au présent, elle est rarement belle à voir. Rendons quand même justice à ceux qui la font advenir : ils n’y viennent jamais que par nécessité, ce sont toujours l’incurie et l’indignité des pouvoirs en place qui les y contraignent.

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25 réponses »

  1. Faut etre con pour croire a Melenchon, tous dés propositions demagos qui entrainent la France vers la situation encore pire que Le Venezuela ou Cuba. La France avec Melenchon , ce sera la France style nord coreen,hahaha.

  2. Oh putain, là le comptoir vous m’avez perdu, cet article c’est du purin. Vous êtes devenus indéfendables, c’est le second article qui pense du côté où ça pue. Bon vent.

  3. En somme, pour qu’advienne ce front réellement populaire, « il va bien falloir poser la question migratoire ».
    Bien qu’on la pressente par les présupposés même de cette injonction, on attend avec impatience la réponse.

  4. Si l’on regarde bien la video de Marwan Muhammad, on constate qu’il précise clairement la valeur de son Allahu akbar : manifestation d’une foi – et qui peut dénier le droit à une croyance personnelle ? – allant de pair avec une conviction citoyenne, ce qu’il énonce clairement : « on est fier d’être musulman et d’être citoyen français ». Si la croyance reste de l’ordre privé, je ne vois de raison de condamner d’un revers de main « ce que la réaction fabrique de plus vil » cet individu qui ne fait qu’exercer sa liberté de conscience en affirmant sa conviction républicaine.
    Je vois sans problème, beaucoup de politiciens effectivement et nauséabonds qui s’expriment quotidiennement pour exciter les haines tout en facilitant le rouleau compresseur capitailiste qui écrase, effectivement, le peuple.
    Evidemment l’artticle descend en flammes Melenchon, qui serait devenu une sorte de dinosaure despotique en voix d’islmisation radicale. Je caricature un peu pour afficher le problème.
    Melenchon est toujours la meilleure cartouche de la Gauche, selon les sondages. Mais à force d’être accusé à tort et à travers d’usure ou de complicités avec toutes les créatures diaboliques que le storytelling peut imaginer, on va démolir ce qu’il porte de plus précieux : un programme progessiste cohérent et le charisme pour le faire vivre encore.
    Dernier mot. A travers les lignes il semblerait que Montebourg soit devenu un des champions porteur d’une nouvelle Gauche qui laisserait le vieux lion Meluche dans les tiroirs de l’Histoire. C’est oublié que Montebourg est un produit du PS, que le même article stigmatise, si je l’ai bien lu. C’est ajouter à la courte vue l’incohérence.

  5. Plusieurs remarques:
    -« Melenchon est toujours la meilleure cartouche de la Gauche, selon les sondages. Mais à force d’être accusé à tort et à travers d’usure ou de complicités avec toutes les créatures diaboliques que le storytelling peut imaginer, on va démolir ce qu’il porte de plus précieux : un programme progessiste cohérent et le charisme pour le faire vivre encore. » Mille fois oui, Sam
    -« tous dés propositions demagos qui entrainent la France vers la situation encore pire que Le Venezuela « , bon Quoc Tuan PHAM, va falloir sérieusement se documenter sur le Venezuela, il y a de très bons sites d’européens qui vivent et travaillent là-bas qui nuanceront ces propos au lance-pierre…
    -« Mal entouré, ceux que seuls son charisme et sa merveilleuse campagne de 2017 ont placé à l’Assemblée Nationale, ne cessent de lui planter des couteaux dans le dos ». Et de braquer la loupe sur Autain ou Aubry, mais rien sur le travail colossal de la quasi-totalité des députés FI qui sont sur le pont, travail en tout point pédagogique et d’éducation populaire, et qui démontre au quotidien combien le programme l’AEC est pertinent…

    • Merci de ton appui, Caouec. Je suis aussi étonné par les dérives de l’article qui, pouirtant, semble venir d’une femme de Gauche. Mais peut-être suis-je trop naïf…

  6. Je suis d’accord avec le papier, dans la bien-séance de l’extrême gauche bourgeoise il faut dire que Onfray est devenu d’extrême droite alors qu’il suffit de l’écouter pour comprendre que c’est faux il est juste ferme sur certains principes républicains. Il y a encore quelques mois j’ai lu sur son blog un article qui faisait l’éloge d’une mosquée de la Réunion, vla le mec d’extrême droite..

    L’extrême gauche bourgeoise a peur particulièrement de Onfray car elle sent bien qu’il a de meilleurs arguments et qu’ils vont bientôt se prendre une claque et perdre leur influence. Onfray n’est pas au dessus de toute critique c’est sûr mais grosso modo il a compris la situation.

    Maintenant République souveraine j’aime bien mais ça reste une structure toute jeune, pour 2022 la meilleure chance c’est Ruffin. Mélenchon est du siècle dernier, tout a changé depuis 20 ans.

  7. Un petit mot su Onfray. Ce type, qui se présente comme la statue du Commandeur prête à châtier les mauvais pensants de gauche, est juste une girouette médiatique. On le savait en écoutant ses résumés de penseur, qui l’ont rendu célèbre, sur France-Culture et ailleurs. On ne peut que s’incliner aujourd’hui sur la constance d’une pensée attentives à tous les projecteurs. Un coup, on se présente comme victime du système qui censure – et on pense sur toutes les antennes pour gémir. Un coup, on critique Macron, mais on va quand même se faire voir sur tous les écrans avec lui, en train d’échanger, comme si cette rencontre allait infléchir la course mercenaire du fasciste élyséen. Un coup, on adhère au NPA, dans lequel on reste quelques mois, pour ensuite vomir sur l’extrême-gauche, en entonnant le refrain de Finkel-le-moisi, comme quoi l’extrême-gauche serait antisémite, en reprenant, donc les présupposés infects de la Macronie, qui assimile, par voie législative, l’antisionnisme à l’antisémitsme.
    Onfray, est un mauvais penseur, avec de grossières idées, des raccourcis qui dénature les auteurs dont il parle, et surtout un paon qui conditionne ses idées à leur visibilité médiatique. Un paon, biien dans l’air, qui n’hésite pas à changer d’avis comme de chemise.

  8. Cette petite réflexion, au-delà du présent texte…

    Voilà donc que se sentir instinctivement proche de la personne immigrée, pour de multiples raisons, personnelles, historiques, est désormais en voie d’être réduit, y compris de plus en plus à gauche, à une « posture morale » de petits bourgeois de centre ville imbus de leur bonne conscience humaniste et coupés des aspirations du peuple.
    Voilà donc l’anti-racisme viscéral, personnel, vécu dans le plus concret de la vie sociale et populaire des banlieues ou d’ailleurs, en passe d’être indissocié de l’anti-racisme de salon et de colloque, asséné entre « belles âmes » traqueuses de fascistes depuis les terrasses de la Bastille.
    Voilà qu’être du, avec et pour le peuple, c’est se résoudre enfin au « tournant » de la fermeté en matière d’immigration et au renoncement aux « rêveries » de l’accueil et du vivre-ensemble (oh, pardon Elisabeth Lévy pour tant de gros mots), renvoyé vers le seul champ lexical de la « bien-pensance », du « politiquement correcte », propre aux représentants auto-proclamés du « camp du Bien ».
    Voilà que nommer le réel d’un racisme systémique, la persistance d’un imaginaire colonial ou d’un inconscient suprémaciste, quoiqu’ébranlé mais pourtant profondément ancré, ne saurait traduire autre chose qu’une « américanisation des débats » (qui a toujours bon dos pour justifier tous nos dénis), et ne relever que d’un « mépris de l’homme blanc ».
    Il est vrai que plusieurs décennies de lepénisation intellectuelle (bah oui !) ont imprimé au fer rouge dans les esprits la corrélation entre « repentance » et « haine de soi ».
    Très efficace entreprise idéologique qui contredit pourtant radicalement le sens profondément chrétien du repentir, épreuve salutaire de la conscience personnelle et collective, à l’opposé d’un mépris et d’une haine de soi auto-flagellatrice : d’abord une parole libératrice, une réconciliation en acte avec nous même et avec notre prochain.
    Mais, nous dit-on, pour la gauche, pour le peuple et pour la nation françaises, l’heure est semble-t-il beaucoup trop grave pour s’embarrasser avec ces bluettes évangéliques, qu’on laissera donc aux « doux rêveurs », aux « belles âmes » ou aux « donneurs de leçon de morale », selon la terminologie désormais solidement installée. Quand on défend « la civilisation et les racines chrétiennes de la France », la première urgence est de ranger l’Evangile au placard.
    Choisis ton camp camarade ! Mais, cette fois promis, au nom des valeurs de la gauche et de la République. Ouf !
    Ca y est, y compris donc chez une gauche fraîchement acquise au « réalisme migratoire », au nom du peuple et pour le peuple, bien ficelé, on le tient notre beau schéma explicatif, notre ultime grille de lecture socio-politique : promouvoir le vivre-ensemble, c’est marketing, c’est système et c’est bobo en terrasse de café ; réhabiliter l’entre soi ethno culturel, à demi-mots ou sans complexe, chez Onfray, dans les colonnes du Figaro ou sur les plateaux de Cnews, c’est rebelle et c’est peuple. Naufrage.
    Si avec ça, la « gauche populaire » ne parvient pas à faire barrage au lepénisme en 2022 !
    Peut-être se souviendra-t-elle alors, s’il n’est pas trop tard, que le peuple des gilets jaunes, disons pour l’essentiel blanc et issu de la France périphérique, n’est pas descendu dans la rue et sur les ronds points pour crier d’un air vengeur « on est chez nous ! » (pour la plus immense déception de Zemmour et Finkielkraut, qui ont cru voir aux premiers jours de ce mouvement l’incarnation bénie de leurs thèses, avant, dans les marécages de leur désarroi, de pourfendre « la récupération gauchiste du mouvement »), mais pour crier dignité, justice sociale, et démocratie réelle.
    Peut-être comprendra-t-elle que la pire crainte des institutions étatiques et capitalistes, qui ont tout fait pour l’en empêcher, est précisément la convergence en une commune conscience de classe, qui n’exclut d’ailleurs en rien les différences, voir les frottements, liées aux origines culturelles, de cette France populaire blanche de la périphérie et de celle plus colorée des quartiers.

    • Je ne suis pas d’accord avec vous mais vous touchez le point important quand vous parlez de la repentance chrétienne car selon moi c’est le problème : la gauche est devenu un post-christianisme (voir Todd avec ses catholiques-zombies) c’est pour cela que l’usage de la moraline s’est fait de plus en plus à gauche, à la base c’est un truc de chrétien.
      Dans le socialisme, normalement, il y a une tranche de cynisme servi au dessert.

      Maintenant vous faites deux erreurs, vous supposez que les gilets jaunes sont favorables à l’immigration puisqu’ils n’ont pas manifester contre. C’est un sophisme si je me rappelle bien mes cours de philo.
      Aussi vous supposez qu’être critique envers l’immigration c’est être anti-banlieusard or ne vous est-il jamais venu à l’esprit qu’on puisse être banlieusard et opposé à l’immigration ? C’est un peu l’image du bon sauvage que vous nous sortez là, moi je pense qu’un parti comme république souveraine a un gros potentiel de développement en banlieue.

      Dernier point comment expliquez vous que le parti communiste était opposé à l’immigration économique dans les 70 alors qu’on était encore très loin de la « lepénisation des esprits »?

      • « Dernier point comment expliquez vous que le parti communiste était opposé à l’immigration économique dans les 70 alors qu’on était encore très loin de la « lepénisation des esprits »? »

        Parce que la problématique des flux migratoires n’est pas un problème de racisme (ou plutôt de xénophobie pour être exact), mais un problème économique. Lorsque l’on vit dans un chômage de masse, on a du mal à voir arriver sur le territoire national des individus qui ne sont pas des nationaux (qu’ils soit musulmans, taoïste ou même bouddhiste). Parce que cela signifie une compétition accrue pour la simple survie. Bien entendu humainement il est plus facile d’accepter ceux qui nous ressemblent, c’est pour cela que les très obèses, les transgenres, les adeptes de la viande crue mangée nue sous la pleine lune… ont des vies sociales bien moins remplies que les barbies et ken (peut importe d’ailleurs la pigmentation et le régime alimentaire).

        Ainsi 2 choses se percutent : les différences et la survie. Notre cerveau est fait pour réagir aux 2 choses. C’est de l’ordre du reptilien (du domaine du réflexe, non médiée naturellement par notre lobe pré-frontal). Cela peut facilement se combattre sur 2 plans :

        1) résoudre les problématiques économiques : des minimas sociaux inaliénables, permettant de vivre normalement, attribués sans aucune distinctions à tout le monde le méritant, sans stigmatisation et chasse aux pauvres et « assistés ».
        2) construire une société qui permet de se ‘mélanger’ et donc de se connaître et de s’apprivoiser. Ainsi les « ghéttos » sociaux et spatiaux dés-organisent ce mélange et créent des clivages majeurs.

        Il serait très simple pour la société française et son niveau de richesse d’adresser ces problèmes. Mais elle ne le veut pas. Ce n’est de la faute ni de lepen, ni de mélenchon , mais de la totalité de la classe politique française et d’une grande partie de la classe « dominante ».

      • Je suis d’accord avec vous on pourrait résoudre le problème en 20 ans si on se donnait la peine mais la classe dominante à tout intérêt à ce que la situation pourrisse.

    • C’est une bonne question, Oui…Je crois être clair dans mon propos : pour moi, la meilleure chance c’est encore Melenchon. Et Ruffin pourrait agréger pas mal de voix, mais j’ai une certaine méfiance à son égard (cf Juan Branco)…

  9.  » Pardonnez-vous si facilement à votre Robespierre d’avoir marché le 10 novembre 2019 à côté de ce que la Réaction fabrique de plus vil et de plus dangereux aujourd’hui : Marwan Muhammad. »
    En dehors du fait que cette manifestation ait eu lieu en réaction a l’attentat d’extrême droite sur la mosquée de Bayonne qui n’avait provoqué pratiquement aucune réaction ou presque,( notamment de la part de ceux qui vont ensuite hurler sur la manifestation ) dont l’immense majorité des participants n’avaient strictement rien avoir avec les groupuscules et les personnalités comme Marwan Muhammad et venaient crier leur indignation et chanter la Marseillaise ( du coup notre hymne national est-il communautariste lui aussi ? faut-il le remplacer ? Je suis sûr que le nouveau camarade De Villiers à un avis à donner sur cet affreux hymne révolutionnaire ) pas plus que les manifestants de la marche pour Mireille Knoll n’avaient avoir avec le Crif qui organisait la manif et les divers groupuscules extrémistes présent , on imagine pas si ça avait visé une synagogue : indignation nationale, le président se rends sur place, les chaines Info en Breaking News pendant 2 semaines, toutes les associations et partis appelant une grande mobilisation contre la haine ect …et tant mieux !C’est une réaction saine mais le fait que l’attentat n’aie déclenché aucune réaction et que les indignations aient été réservées sur l’organisation d’une manif en réaction en dis long sur eux, si la manifestation posait problème pourquoi tout nos « républicains » autoproclamés n’en n’ont-il pas organisé une autre garantie 100 % sans communautarisme pour crier leur indignation eux aussi ? J’ai ma petite idée la dessus mais c’est vrai qu’il est toujours plus facile d’attaquer les autres que de regarder en face sa propre dérive, dans sa croisade contre les gauchistes Kuzmanovic c’est perdu, il à jeté bon nombre de combats humanistes avec l’eau du bain, il ne reste plus qu’a lui et son groupuscule servir de devenir les Phillipots de Onfray et continuer leur dénonciation des gauchistes qui vire à l’obsession dont la définition devient tellement large qu’elle englobe pratiquement tout ce qui n’est pas RS et leurs nouveaux amis y compris les insoumis les plus républicains et souverainistes dont je fais partie et qui avaient bien de la sympathie pour lui et qui sont aujourd’hui écoeurés ( et qui ont de la peine aussi )!
    Sinon je laisse réfléchir nos frontistes « populaires « , si jamais Mélenchon et les quelques autres qui participaient ne l’avaient ils auraient envoyer un message clair à tout les musulmans de France : « Vous n’avez aucun alliés,aucun soutiens dans le pays en dehors des Marwan Muhammad  » voila sans doute une stratégie gagnante contre le communautarisme !
    Quand ce que la Réaction fabrique de plus vil et de plus dangereux aujourd’hui : Onfray lui même ? De Villiers qui participe à FP ? Zemmour qui palabre avec Onfray sans arriver à trouver le moindre désaccord idéologique avec lui si ce n’est des nuances ? La plupart des participants à FP : Bock-Côté,Pina ect… ? Quand à Rougeyron il est tellement furieusement droitier que je commenterai même pas .
    Quand en arriver à citer sinistre « Vers un front national ».de L’Idiot international, pulsion fascisante d’une époque presque aussi troublée que la notre, c’est désolant .
    Les soutiens de Front populaire ne se rendent même pas compte que le PPF à commencé comme ça en 36.
    Terriblement déçu de voir sa publié ici .

    • Pas bien compris le texte…Mais
      « Sinon je laisse réfléchir », ressemble à cette formule à l’autoritarisme feutrée qu’on emploie chez tous les commerçants : « je vous laisse aler vous installer », « aller attendre », « aller vous servir », « aller à la caisse »…Merci de nous laisser, donc.

  10. La situation actuelle n’a pas d’issue prévisible , mais de grâce enlevez vous le doigt … du nez ! Il y a des gens sur le pont qui s’échinent à jouer le jeu politique d’un renouveau à gauche . Et c’est quoi la gauche , en dehors bien sûr de ce qu’on subi depuis 30 ans avec les socialistes ? cherchez bien dans ce qui se fait concrètement dans le champ politique actuel , dans ce qui est défendu selon un projet assez clair et défendu sur les bancs de l’Assemblée Nationale … et cherchez ce que font les autres dans le même temps , allez chiche !
    Certains ici ont t-il seulement une idée de ce que l’on comprend par gauche et à quoi cela correspond sur le terrain en ce moment ? Que veulent tout ces gens qui parlent toujours en creux de ce qui se construit sous leur nez et qu’il rejettent d’un revers de manche ? Combien ont-t-ils fait de jours de manif ou de grève depuis un ou 2 ans pour s’opposer à ce monde de merde ? ah là on ne parle plus entre gens bien éle vés , et ça sent le gilet jaune ou le gaucho ?
    Se dire et penser à gauche sous domination capitaliste comporte très clairement 4 ou 5 point essentiels de divergences qui décrivent le tableau d’un autre modèle de société ( la Corée du nord , l’Amérique latine sont des mauvaises plaisanteries de droite… ou de socialistes ) .
    Allez, encore une salve de commentaires du même tonneau et ce sera désormais sans moi dans ta liste camarade comptoir .

  11. Pour rappel, le Comptoir entend être un espace de débat au sein du socialisme et s’attache à défendre le pluralisme. Les points de vue sont multiples sur nombre de sujets et les discussions en interne souvent passionnées. De ce fait, les opinions défendues par les auteurs n’engagent qu’eux et en aucun cas le site tout entier.
    La rédaction

  12. « Pour rappel, le Comptoir entend être un espace de débat au sein du socialisme et s’attache à défendre le pluralisme » Pourquoi pas « au sein de la Gauche » ? Le « socialisme » qu’on nous a servi – Hollande-le-Traitre, Mosco-la-pourriture, et autres Camba délices, est plus que pourri, il empeste, et l’évocation de Jaurès n’y peut plus rien. C’est un repoussoir, qui fait battre la Gauche systématiquement. Ca été d’ailleurs le cas dans ma ville, où l’espèce la plus vile de Maire – LR rallié Macron, a obtenu un 4ème mandat avc la défaite du tandem impropable PC/FI/PS

  13. Pour battre le « ni gauche ni droite d’en haut » (pour reprendre la formulation de Jean-Claude Michéa après l’élection de Macron), il nous faut un « ni gauche ni droite d’en bas ».

  14. A saluer, il y a aussi les initiatives des Rencontres Républicaines qui ont tenté de faire converger des chevènementistes, Georges Kuzmanovic, des gaullistes de droite (comme ceux autour de Julien Aubert), des Républicains de tout bord.

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