Politique

Mur par Mur : « La révolution anarchiste détruit l’exploitation, le pouvoir et ses représentants » (partie 1)

Collectif anarchiste, Mur par Mur a publié il y a quelques mois « Pour un anarchisme révolutionnaire ». Un livre qui tente de tracer les contours d’une société anarchiste – c’est-à-dire sans État, capitalisme, ni relations de domination –, ainsi que les forces sociales et les moyens d’y parvenir. Un ouvrage qui ne pouvait pas nous laisser de marbre. Nous avons alors décidé d’interviewer ses auteurs. Compte-tenu de la densité de leurs réponses, nous avons choisi de les publier en deux parties. Voici la première, dans laquelle le collectif nous explique ce que serait, selon lui, une “révolution anarchiste”.

Le Comptoir : Vous entendez « réaffirmer la possibilité d’une révolution anarchiste ». Pourquoi ? En quoi consiste-t-elle ?

L’échappée, 288 p., 17 €

Collectif Mur par Mur : Nous partons d’un double constat : d’un côté beaucoup d’anarchistes ont pris le chemin de la désertion, de la constitution de communautés alternatives, s’éloignant d’un discours et de la recherche de pratiques révolutionnaires. Et d’un autre côté, la question de la révolution est revenue sur la table ces dix dernières années. C’est dans ce contexte que nous avons voulu réaffirmer, avant tout, la nécessité et la possibilité de la révolution. Mais dès lors, la question est de savoir ce que l’on met derrière ce terme. C’est d’ailleurs une question que beaucoup de gens se posent. On voit bien l’évolution qu’il y a eu ces dernières années : maintenant, lorsque l’on distribue des tracts ou des journaux révolutionnaires dans la rue, beaucoup de personnes prennent cela au sérieux, s’y intéressent, veulent en savoir plus. Ce qui n’était pas le cas il n’y a ne serait-ce que quelques années (on constate sur ce point “un avant” et “un après” mouvement des Gilets jaunes). Les questions qui reviennent le plus souvent sont : mais de quelle révolution s’agit-il ? Comment gagner ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Jusqu’où faut-il aller ? Que devons-nous détruire, et pour construire quoi ?

Ces questions nous nous les posons aussi. Nous avons écrit ce livre dans la volonté de nous en expliquer et de tenter de produire quelques propositions. C’est en ce sens que nous parlons d’une révolution anarchiste. Car l’anarchisme, et plus précisément le communisme-anarchiste (ou communisme-libertaire) s’est affronté à ces questions, à la fois dans la pratique et dans la théorie. Il permet de viser une révolution sociale qui ne conduise pas à une autre forme d’autoritarisme, ou à un capitalisme d’État comme on a pu le voir en URSS.

Ce que nous appelons une révolution anarchiste, ce n’est pas une révolution faite par des anarchistes, mais une révolution qui vise la destruction du pouvoir — et non sa prise. Au fond, la différence essentielle est là : il s’agit de détruire dans un même mouvement le Capitalisme et l’État, et à travers eux l’exploitation et le pouvoir. La révolution anarchiste ne vise pas à se servir de l’État pour abattre le capitalisme. Elle vise au contraire à détruire l’État, car celui-ci est au coeur de l’économie capitaliste. On ne pourra pas se défaire de l’exploitation économique sans détruire l’État. Nous développons à plusieurs endroits dans le livre ce lien intime et central entre l’État et le capitalisme pour montrer que l’État moderne est l’instrument de l’exploitation économique.

Ceci est tout à fait criant aujourd’hui où les États doivent une grande partie de leur force et de leur capacité d’action, à leur place sur les marchés financiers : à leur capacité à s’endetter. Or, la confiance qui permet à un État de se voir prêter de l’argent facilement dépend de sa capacité à garantir les conditions de circulation, d’accumulation et de création de valeur future. Cette garantie n’est rien d’autre que celle des conditions nécessaires au capitalisme. En dernière instance, cette garantie se mesure à la capacité d’un État à contraindre la population à travailler pour les capitalistes. Dès lors, l’État ne peut faire autrement que de maintenir l’exploitation. C’est à la fois sa visée et ce par quoi il tire sa force. Pour mettre fin à l’exploitation économique et à son lot de misère, de concurrence, de guerre permanente, la force de l’État est en réalité un obstacle, quelque soit celles ou ceux qui le dirige. Car l’État repose sur la création de valeur économique par la contrainte au travail. Il n’y a pas d’État sans une division en classe de la société et donc sans l’exploitation de la majeure partie de la population pour entretenir les classes exploitantes et dirigeantes.

« Il s’agit de détruire dans un même mouvement le Capitalisme et l’État, et à travers eux l’exploitation et le pouvoir. »

Aujourd’hui, alors que les partis politiques et les élections sont désertés, et à l’heure où plus personne ne croit sérieusement que le capitalisme nous conduira ailleurs que dans un mur mortifère, la question révolutionnaire flotte à nouveau dans l’air. En France, elle s’est posée avec les Gilets jaunes, et elle se posera à nouveau. Mais nous observons des soulèvements partout dans le monde : au Chili, à Hong Kong, en Colombie, au Liban, aux Etats-Unis, etc. Ce sont à travers ces mouvements, dans la pratique, que nous pourrons tracer les chemins qui nous conduirons à la victoire de la révolution sociale. Le chemin est à frayer, mais nous voyons bien qu’il nous faudra parvenir à vaincre le maintient de l’ordre et le pouvoir de l’État tout en détruisant l’économie (c’est le temps de l’insurrection) afin d’inventer un rapport social où nous reproduirons nos existences à travers l’entraide incommensurable et le partage et non à travers la production capitaliste (c’est le moment de la révolution).

Nous pensons que le rôle des anarchistes révolutionnaires est de participer à ces soulèvements, en ralliant les pratiques qui portent une capacité à dépasser la seule revendication de réforme ou de négociation, d’y porter des initiatives qui assument une visée révolutionnaire, de diffuser des pratiques qui ont marché ailleurs, d’y faire vivre l’histoire et l’actualité internationale de la lutte de classe. Le tout sans chercher à constituer une boutique politique de plus. Le seul parti des anarchistes, c’est celui de la révolution. Et ce n’est pas parce qu’un parti politique ou un syndicat se prétend révolutionnaire qu’il n’est pas, dans les luttes, un obstacle à dépasser. L’encadrement de la lutte par les partis et syndicats n’a jamais produit autre chose que la défaite par la négociation, et la promotion de quelques personnes qui ont pu rejoindre une fraction de la classe dirigeante.

La révolution anarchiste est donc celle qui détruit l’exploitation ainsi que le pouvoir et ses représentants, y compris les tendances au sein du mouvement qui voudraient devenir les représentants de la révolution.

Que voudrait dire la victoire ? À quoi ressemblerait un monde anarchiste ? Cela n’est pas donné d’avance. Nous en disons tout de même quelques mots, car le communisme libertaire est aussi une façon de concevoir la vie autrement. Un monde sans travail, sans économie, sans classe dirigeante, sans États… Ce monde sera avant tout créé par celles et ceux qui feront la révolution, avec tout ce que cela implique de résonance internationale et de bouleversement culturel. La révolution n’est pour autant pas la fin de l’Histoire. Au contraire, c’est bien plutôt un commencement. L’enjeu n’est pas seulement de transformer le monde tel qu’il est, mais de rendre possible la transformation d’un monde libéré du pouvoir et de l’économie — et de leurs contraintes sur les possibles devenirs historiques. La révolution, c’est donc aussi la destruction de ce qui nous empêche de transformer le monde et qui ramène toute aspiration au changement, toute alternative aussi bien intentionnée soit-elle, dans le giron du capitalisme et de l’État.

Confinements, couvre-feu, applications de traçage, passe sanitaire : depuis un an et demi, nous vivons “en pandémie”, comme l’écrit Barbara Stiegler. Assistons-nous à un renforcement de l’appareil d’État ?  La perspective d’une révolution anarchiste de s’éloigne-t-elle pas ?

Gallimard, collection « Tract », 64 p.

 La pandémie, ou plutôt la gestion par l’État de la pandémie, a été l’occasion pour les États de faire un pas de plus dans le virage autoritaire qui s’était déjà largement amorcé auparavant. D’“antiterroriste”, l’état d’urgence est passé “sanitaire” (sans pour autant annuler la dimension “antiterroriste” de la justification de la fuite en avant sécuritaire). Rien d’étonnant à ce que cette fuite en avant sécuritaire se fasse à travers l’arsenal technologique développé par le capitalisme, qui fournit aux États (qui ont les moyens de se les payer) une puissance de surveillance, de contrôle et de répression toujours plus perfectionnées et invasives. La pandémie a aussi été l’occasion d’imposer à grande échelle toute une batterie de technologies numériques dans le monde du (télé)travail : (télé)médecine, (télé)enseignement, (télé)administration, etc., finissant de hisser les grandes plateformes numériques, GAFAM et autres, au rang d’actuel leader mondial de l’économie capitaliste. Rien de bien surprenant au final, tout ce que nous avons vu se développer très rapidement pendant la pandémie était très clairement déjà en marche avant elle. La pandémie n’a été qu’un coup d’accélérateur donné aux tendances techno-sécuritaires du capitalisme contemporain. En ce sens, nous vivons certes un temps “en pandémie”, mais nous vivons surtout “en capitalisme”.

De ce point de vue, il est clair que l’État se prépare pour réprimer les offensives qui pourraient le viser. Il renforce et étend très largement l’arsenal policier, durcit encore la législation, les conditions de travail, etc. Ce renforcement massif de l’arsenal répressif laisse entrevoir que l’État prend acte qu’il lui sera de plus en plus difficile d’acheter la paix sociale. Surtout après le « quoi qu’il en coûte » de Macron, qui après avoir enrichi le patronat et temporairement maintenu la paix sociale, a ajouté la “dette Covid” à la crise de la dette qui n’en finit plus de ne pas finir depuis 2008.

La petite musique de l’austérité est en train tranquillement de revenir sur le devant de la scène, mais avec les milliards de la “dette Covid” en plus. Rembourser la dette est un mirage, bien évidemment. L’enjeu est plutôt que l’État puisse continuer à s’endetter. Et pour cela, il doit prouver qu’il est un bon gestionnaire de l’extraction du profit. C’est-à-dire, que l’État doit montrer sa capacité à produire et maintenir les conditions nécessaires à la circulation, l’investissement et la valorisation des capitaux sur le territoire économique dont il a la gestion. Cette preuve s’obtient par le durcissement des conditions d’exploitation (qui permet l’accroissement du taux d’exploitation) : austérité, attaque des salaires directs ou indirects (chômage, minimum sociaux, retraites), réforme du code du travail permettant une extraction plus forte de plus-value, etc. Tout semble indiquer que nous allons vers un durcissement de l’exploitation et que l’État se prépare à imposer cela par la force. Le renforcement autoritaire des États est une forme de bunkérisation en vue de l’attaque de classe qui se prépare. Et cela se constate à une échelle bien plus large que la France.

« Le capitalisme et l’État ont beaucoup de mal à intégrer la lutte des prolétaires. »

C’est pourquoi cette bunkérisation traduit aussi un état du capitalisme aujourd’hui : nous sommes dans un moment où l’antagonisme de classe se durcit et donc se dévoile. La lutte de classe revient ainsi sur le devant de la scène. Seulement, nous sommes dans un moment où les capacités intégratives du capitalisme sont limitées. On assiste à une massification des petits boulots sous-payés ou précaires, avec le retour du travail journalier et du travail à la pièce à travers le capitalisme de plateforme, notamment avec l’explosion de la livraison en “auto-entreprise” dirigée par plateforme-numérique. La précarité touche aussi les personnes en CDI, qui, endettées, ne parviennent plus à joindre les deux bouts. L’idée que le travail soit vecteur de socialisation ou de réalisation personnelle a fait son temps. Car travailler, c’est travailler dans le capitalisme, qui est reconnu de plus en plus massivement comme une impasse historique — littéralement invivableLintégration par le travail est en crise.

Mais aussi, et peut-être surtout, le capitalisme et l’État ont beaucoup de mal à intégrer la lutte des prolétaires, c’est à dire à ramener les mouvements, voire les soulèvements, dans le giron de la reproduction du capital : les syndicats n’arrivent plus à faire tampon entre les luttes et l’État. Nous assistons à un refus des mouvements actuels à se laisser représenter par des figures politiques dictant les champs du possible et de l’impossible en négociant la défaite perpétuelle. Lintégration politique est en crise.

« Les conditions de la crise du capitalisme tout autant que celles d’un soulèvement révolutionnaire sont à notre avis tout à fait d’actualité. »

Il est difficile de dire si la révolution anarchiste s’éloigne ou se rapproche. Mais il est clair que les conditions actuelles du capitalisme (alliant crise de l’intégration par le travail, crise de la représentation politique, et refus des syndicats et des partis politiques comme médiations des luttes face à l’État) posent des conditions historiques où la proposition d’une révolution anarchiste est rendue potentiellement audible, et ceci d’une façon inédite. De plus, le cycle de soulèvement international auquel on assiste ces dernières années va plutôt dans le sens d’une approfondissement du mouvement (réel) révolutionnaire. Nous assistons par exemple à un notable dépassement de l’opposition violence/non violence dans les soulèvements à travers le monde. Nous assistons également à des échanges entre les mouvements à l’international. On a vu par exemple les soulèvements aux États-Unis et en France s’inspirer de techniques d’affrontement vue à Hong Kong. Plus récemment, le dernier soulèvement en Colombie (au printemps 2021) a repris des pratiques vues au Chili, aux États-Unis ou en France. Sur ce point, on pourra se reporter au très bon livre Soulèvement de Mirasol, qui traite spécifiquement de cette question.

Bien sûr, cet approfondissement révolutionnaire de la dynamique des mouvements actuels n’est pas un long fleuve tranquille. Et force est de constater que le mouvement contre la passe sanitaire ne porte ni l’offensivité, ni la dynamique révolutionnaire que l’on a pu voir avec les Gilets jaunes. Mais les conditions de la crise du capitalisme tout autant que celles d’un soulèvement révolutionnaire sont à notre avis tout à fait d’actualité.

Comment peut se réaliser cette révolution et avec qui ? Croyez-vous, à l’instar des marxistes que le prolétariat est destiné à faire la révolution ?

Nous considérons en effet que ce sera bien le prolétariat qui fera la révolution. Mais nous ne pensons pas qu’il y est destiné. La révolution n’est pas une affaire de destin, mais de rupture. Dans le livre, nous développons toute une théorie qui vise à remettre au coeur de la question révolutionnaire l’importance, déjà soulevée par Bakounine, de lacte et de la visée révolutionnaire. Nous ne pensons pas que le capitalisme produise les conditions de son propre dépassement à lui tout seul. La dynamique révolutionnaire est à chercher en dehors de ce qui constitue la dynamique du capitalisme. Or, “le prolétariat” tel qu’on l’entend en général, c’est-à-dire comme synonyme de “la classe ouvrière” est un produit du capitalisme. C’est la condition faite aux exploités, à celles et ceux qui n’ont plus que leur force de travail à vendre pour survivre. Ce sont les prolétaires en tant qu’exploités.

« Seuls les exploités sont dans cette position où, pour se libérer de leurs chaînes (celles de l’exploitation par le travail), ils doivent détruire l’ensemble de la société du capital. »

Dès lors, lorsque nous disons que c’est bien le prolétariat qui fera la révolution, ce n’est pas simplement de ce prolétariat exploité dont nous parlons. Nous ne parlons pas d’un prolétariat qui serait une donnée sociologique, ou une identité au sein de la reproduction de la société du Capital. Nous parlons du prolétariat qui se constitue comme classe révolutionnaire, dans un mouvement d’offensive contre sa condition d’existence au sein du capitalisme. Le prolétariat révolutionnaire se constitue donc dans une dynamique antinomique aux conditions d’existences des classes sociales. Cette constitution ne se fait pas à partir d’une condition sociologique ou à partir d’une identité préalable, elle se fait sur la base de l’identification à un mouvement qui attaque matériellement les intérêts des capitalistes et l’État. Bien évidemment, un tel mouvement ne peut provenir que de la classe des exploités eux-mêmes, des “prolétaires” au sens classique du terme. Car seuls les exploités sont dans cette position où, pour se libérer de leurs chaînes (celles de l’exploitation par le travail), ils doivent détruire l’ensemble de la société du capital. Et bien sûr, ce ne sont pas les capitalistes qui vont défaire le capitalisme.

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Mais dans la perspective révolutionnaire, toute la question est celle de la dynamique des soulèvements de cette classe des exploités-prolétaires. Une fois qu’un mouvement est enclenché, ce qui peut permettre la constitution d’une force révolutionnaire, c’est une dynamique qui se déploie dans le mouvement, et qui se dirige vers la remise en cause radicale de l’exploitation, c’est-à-dire des conditions d’existence des classes sociales. C’est à partir du moment où cette dynamique s’enclenche dans un mouvement, que la force révolutionnaire peut prendre forme et gagner en puissance.

« La dynamique d’un dépassement révolutionnaire émerge des pratiques au sein d’un mouvement. »

Pour ce qui est de savoir comment la révolution peut se réaliser, outre le fait qu’elle devra nécessairement avoir une dimension internationale, il y a bien évidemment un impossible à répondre avant qu’elle n’ait eu lieu. Car la forme de la révolution dépendra du mouvement et des pratiques qui auront permis historiquement l’émergence et l’extension de sa force. Cependant, on peut se risquer à quelques points logiques :

  • La dynamique d’un dépassement révolutionnaire émerge des pratiques au sein d’un mouvement — et non des idéologies ou des revendications.
  • La constitution d’une visée révolutionnaire au sein d’un mouvement est un point de bascule fondamental. Dès lors qu’une visée révolutionnaire s’énonce concrètement (c’est-à-dire lorsque le mouvement reconnaît et assume comme sien des pratiques qui lui permette de prendre conscience de sa force révolutionnaire), alors s’engage une lutte, au sein même du mouvement, entre dynamique révolutionnaire et contre-révolutionnaire (appels au calme, à la négociation, à l’intégration à l’État ou à la prise du pouvoir d’États par des représentants, à une nouvelle constitution ou à un nouveau pacte démocratique, etc.). La lutte pour la force révolutionnaire se fait donc à la fois contre l’État et la classe capitaliste, mais aussi à l’intérieur du mouvement. Cette lutte, dans ces deux faces, ne se gagne pas par la prise de la direction du mouvement, mais par la propagation hégémonique des pratiques et initiatives qui étendent et renforce la force révolutionnaire.
  • La naissance et la reconnaissance de cette potentialité révolutionnaire se construit en même temps qu’ont lieux les premières offensives qui devront conduire à la défaite du maintient de l’ordre, la mise “hors-service” de l’État, et l’arrêt de la production capitaliste : c’est le temps de l’insurrection.
  • L’insurrection ne peut être victorieuse que si elle trouve les moyens de reproduire la force révolutionnaire et d’étendre sa dynamique à partir de pratiques qui permettent une reproduction de l’existence qui n’ont pas l’exploitation et le pouvoir comme socle. En ce sens, le contenu de la révolution est bien l’abolition de la valeur et des rapports sociaux qui y sont liés.
  • La révolution correspond à la transformation du monde par l’extension, la généralisation, et la poursuite créative des pratiques d’entraides fondé sur l’abolition de la valeur nées à travers l’insurrection.

Nos Desserts :

3 réponses »

  1. Absolument rien de neuf. Du pur réchauffé, des mots creux, une resucée de ce que « Socialisme ou Barbarie » a tenté de développer pendant 20 ans, la rigueur théorique en moins. Et j’avoue attendre avec une certaine impatience (dans l’entretien suivant) la description concrète d’une société « sans travail, sans économie, sans classe dirigeante, sans États »…

  2. « un monde sans travail, sans economie, sans classes dirigeantes… »

    Effectivement beaucoup de confusion et d’approximations, c’est le camarade Karl qui doit se retourner dans sa tombe… Parlez plutôt d’un monde sans emploi, sans classes, sans exploitation… Si bien sûr vous comprenez la différence entre emploi et travail, ce do t je doute fortement.
    Et surtout en attendant, sortez de votre idéalisme creux en vous confrontant à des auteurs sérieux, autour de la question du travail, de l’emploi, du salaire, du statut, de la production…

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