Politique

« Soral voulait gagner de l’argent et garder le contrôle » : témoignage d’un ex-membre d’Égalité et réconciliation

Musulman et socialiste orwellien, Ludovic Alidovitch a publié cette année son premier essai, « La barbe qui cache la forêt – Essai sur les musulmans face au défi identitaire » aux toutes jeunes éditions Thésée. Il a décidé de revenir ici sur son passage chez Égalité et réconciliation (E&R), l’association politique du polémiste Alain Soral, qu’il a quittée il y a trois ans. Habile rhétoricien, le leader national-socialiste prospère sur certaines faiblesses de la gauche officielle, comme l’incapacité de penser la souveraineté de manière cohérente ou de critiquer radicalement le libéralisme – bien qu’aujourd’hui, enfin, des évolutions intéressantes commencent à prendre forme. Un témoignage saisissant, qui permettra, nous l’espérons, d’œuvrer au recul politique du mouvement d’extrême droite et, surtout, d’aider la gauche à sortir de son marasme actuel.

Alain Soral n’en finit plus de défrayer la chronique. Alors que l’affaire Binti a plombé, il y a un an, le lancement du parti politique qu’il a fondé avec Dieudonné et que son site descend inexorablement dans le classement des sites les plus consultés, un ouvrage mettant en lumière tout le business généré par l’association Égalité et réconciliation vient de paraître. Je sais, ce n’est pas beau de tirer sur l’ambulance mais, à la différence de bon nombre de détracteurs, j’ai été adhérent à E&R. Oui, j’ai fait partie de la fachosphère. Je ne m’en repens pas, je m’en explique. J’espère que cela permettra de faire comprendre à ceux, parmi les dirigeants, qui voient des fachos partout ce qui peut amener du monde à s’orienter à droite. J’espère aussi que cela les aidera à reconsidérer leur approche du peuple et des gens ordinaires pour, finalement, retrouver les principes du socialisme originel.

« Je sentais que la destruction du Capital devenait périphérique. La gauche et les mouvements qui s’y affiliaient étaient plutôt concernés par des questions secondaires. »

Red or dead

Louis Alidovitch

Ludovic Alidovitch

Je suis né et j’ai grandi dans une ville rouge, Colombelles, dont la mairie est socialiste depuis le début du XXesiècle. Une Zep (Zone d’éducation prioritaire) où les noms des rues font tous référence à l’univers socialiste. Mon père, syndicaliste pendant des années à la CGT, m’a orienté vers la pensée critique de gauche radicale. Très tôt, j’avais pressenti que le monde n’allait pas. La société capitaliste isolait les gens et les rendait chaque jour davantage égoïstes. J’ai donc naturellement développé une grande sympathie à l’égard de ceux qui avaient en aversion la caste bourgeoise et prônaient une vie “sociale” où les liens seraient plus importants que les biens. À l’aune de mes 20 ans, je lisais le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels.

Naturellement, je cherchais à m’engager dans un mouvement dit “de gauche”. J’ai été très rapidement déçu. À chaque fois, j’y rencontrais le même type d’individu : petit étudiant bourge n’ayant jamais foutu les pieds dans un quartier. Je sentais que la destruction du Capital devenait périphérique. La gauche et les mouvements qui s’y affiliaient étaient plutôt concernés par des questions secondaires. Le sociétal prenait le pas sur le social.

J’avais clairement senti – les expériences syndicalistes de mon père aidant – que la gauche avait globalement tourné le dos aux ouvriers, aux classes populaires et qu’elle avait abandonné la lutte des classes. Néanmoins, ayant arrêté les études trop tôt, je n’avais pas encore les moyens intellectuels pour pouvoir théoriser ce ressenti. Pourtant, mon rêve de voir le final de Fight Club se réaliser restait intact.

Les désirs d’égalité et de justice sociale qui m’animaient ne trouvèrent aucune voie politique, mais, à force de recherche, je trouvais des réponses dans l’islam et son système de valeurs reposant, dès l’origine, sur la solidarité et la critique de l’oligarchie.

Les « discours de vérité » de Soral

C’est dans ce contexte que j’ai découvert Soral, en 2010. Outre son franc-parler qui rompait avec les discours habituels qu’on pouvait entendre à la télévision, Soral disait des vérités ! L’expression “dire des vérités” énonce avant tout le sentiment que la personne qui les exprime semble retranscrire ce que l’auditeur pensait, en d’autres mots, qu’il est à son écoute. Le locuteur exprime un point de vue qui semble prendre en compte les préoccupations des gens ordinaires. L’intelligentsia définit cela comme du populisme. Or, on peut distinguer deux types de populisme. Celui qui appuie et renforce les craintes et préoccupations du peuple. En d’autres termes, celui qui dit : “Vous avez peur, vous avez raison, je vais vous expliquer qui sont les responsables (en l’occurrence les élites et les musulmans) et comment je vais vous sortir de là (en fermant les frontières et en foutant du porc dans toutes les assiettes).” Dans ce cas, il s’agit de démagogie sécuritaire. De l’autre côté, on peut trouver un discours à l’écoute des gens ordinaires, du peuple, qui se positionne à leur niveau pour apporter un éclairage à leurs préoccupations. En d’autres termes, celui qui dit : “Vous avez peur, observons et analysons ensemble la situation et déduisons que le problème n’est pas forcément là où les dominants vous orientent.” Dans ce cas, nous nous situons dans ce que j’appelle le populisme originel, au sens noble du terme donc.

« Soral avait réussi là où la gauche avait échoué. Il a proposé une vision du monde ! Pour ça, il n’a eu qu’à utiliser les références et concepts que la gauche a délaissés. »

J’avais l’impression que Soral énonçait des vérités qui dérangeaient une classe dominante et qu’il apportait un éclairage nouveau. Son positionnement en faveur des musulmans ne pouvait que m’attirer davantage. Mais ce qui m’a le plus séduit chez lui, c’est qu’il utilisait des références de gauche – Marx, Clouscard, Pasolini – et réclamait un Chávez français. À ce moment-là, pour moi, Chávez était la référence. Je ne pouvais donc que porter de l’intérêt à Soral. La diabolisation d’un discours ne faisant que renforcer les convictions et adhésions de ses partisans et aspirants, je n’échappais pas à la règle.

J’ai donc commencé à éplucher le site de l’association de Soral, Égalité et réconciliation. Le titre de l’association me paraissait, d’emblée, résoudre les deux problématiques de notre société. La question sociale, délaissée par ceux qui auraient dû s’en charger (les socialistes), et la question identitaire, sur-investie par les deux bords politiques : la droite et son discours culturaliste, la gauche et son discours multiculturaliste. À cette période, Soral positionnait encore la question sociale au centre de sa rhétorique. Il établissait une critique radicale de cette gauche qui avait tourné le dos au prolétariat en 1983 en lui préférant la construction européenne et en adhérant à l’économie de marché. Dans le même temps, il décrivait la montée en puissance de la finance internationale – prétendue ennemie de notre Président actuel. La question identitaire était un sujet périphérique. Il prônait une réconciliation entre des camps que tout semblait opposer : la gauche du travail et la droite des valeurs devaient résoudre l’équation. Certes, j’avais des doutes sur les valeurs de droite – les quelques types de droite que j’avais croisés jusque-là n’étaient pas très valeureux – mais Soral m’avait fait découvrir assez de nouveaux horizons pour que je détourne le regard.

En 2011, j’ai décidé d’adhérer à E&R et j’ai rejoint la section Bretagne où j’ai rencontré des gens très bien, sincères et dotés de grandes qualités. La plupart provenaient de la gauche et de l’extrême-gauche. Nous nous rencontrions une fois par mois autour d’un sujet préparé par “un camarade”. Nous traitions, par exemple, de l’obsolescence programmée ou encore de la construction européenne. Dans ce cadre, j’ai également pu assister à une journée “faire soi-même ses produits d’hygiène”. Décroissance, anti-capitalisme, critique des médias dominants, je retrouvais tous les thèmes de prédilection de la gauche radicale et j’évitais, par-là même, l’esprit bobo-Bisounours représenté par des slogans tels que “#moimagauche elle souffle la chaleur dans nos cœurs”.

MoiMaGauche

Soral avait réussi là où la gauche avait échoué. Il a proposé une vision du monde ! Pour ça, il n’a eu qu’à utiliser les références et concepts que la gauche a délaissés. Cette gauche et ses mouvements gauchistes et antifascistes ne comprenaient pas – et ne comprennent toujours pas – qu’ils sont, en grande partie, responsables du basculement de son électorat vers la droite radicale et l’extrême droite. Ils préfèrent dire de ces électeurs perdus qu’ils votent mal et sont dupés par le FN, plutôt que d’admettre leurs manques. C’est la grande leçon de l’œuvre de Gramsci. L’hégémonie culturelle est la condition sine qua non pour la victoire politique. Gaël Brustier, auteur de deux essais sur le fondateur du Parti communiste italien, illustre la thèse de Gramsci en affirmant que « pendant que la gauche a gagné dans les urnes, la droite a gagné dans les têtes ».

Du glissement idéologique à la simplification intellectuelle

Comprendre l'empireSeulement, si Soral utilisait les références de gauche, il servait les idées de droite. Et par droite, il faut comprendre la droite du XIXe siècle, anti-parlementariste et monarchiste. Dans l’esprit de Soral, il n’y a toujours que deux possibilités : puisqu’il critique l’esprit libéral, la seule alternative doit être la réaction. D’ailleurs, le monde de Soral se divise en deux catégories : d’un côté les progressistes-libéraux, de l’autre les conservateurs. D’un côté les Lumières franc-maçonnes et les juifs, de l’autre la tradition. Tous les individus, tous les mots, tous les concepts, appartiennent à l’un ou à l’autre des deux camps. “Choisis ton camp camarade !” Tous les hommes politiques et les médias servent forcément le projet satanique mammonique et préparent l’arrivée de l’antéchrist. Ce manque de nuance, il l’a théorisé dans Comprendre l’Empire (éditions Blanches, 2011). Bien que le livre se base sur des faits historiques, il en occulte de nombreux autres et surtout, il articule les faits avec une idée directrice : l’Histoire est le fruit des volontés de puissances dominantes et/ou occultes, en l’occurrence, les francs-maçons et les juifs.

C’est à partir de là que j’ai commencé à douter. J’adhérais à l’idée que les hommes sont prisonniers de l’Histoire et qu’elle résulte toujours de la rencontre de plusieurs forces antagonistes. L’Histoire est éminemment complexe car elle est le point de rencontre de mille histoires. Or, avec Soral, l’Histoire est simple. S’il est vrai que la Révolution française est avant tout la victoire de la classe financière bourgeoise, il va beaucoup plus loin en donnant à cette classe l’aspect d’un bloc monolithique unifié et organisé auquel il attribue tous les évènements marquants de la modernité. La chute du général de Gaulle ? Une décision de la bourgeoisie qui fait suite aux déclarations du président sur le peuple juif et à sa critique du système monétaire. Des attentats (du 11 septembre aux frères Kouachi en passant par Merah et cie) ? Des agents infiltrés par “le système”. Si le complot existe, avec Soral, il est omniprésent. On passe donc du doute des versions officielles à la certitude que tout ce qui est dit à la télévision est forcément faux et orchestré par “le système”.

« Il développe l’idée d’une nation forte, hybride entre la monarchie de l’Ancien Régime et le fascisme de Mussolini. »

L’autre axe de réflexion de Soral, c’est la nécessité de la Nation. Bien qu’officiellement il ne prône pas de nation raciale (officieusement c’est autre chose, mais ça on ne peut le démontrer ici), il revendique constamment l’héritage helléno-chrétien – auquel il est, d’ailleurs, peu fidèle, cf. les affaires Guillon, Maffesoli, Binti, etc. Il récuse les assimilations à la Zemmour mais il accepte l’autre uniquement à condition que ce dernier laisse de côté ses particularismes. Par exemple, l’esprit valeureux des musulmans est loué, mais la viande halal beaucoup moins (j’en suis un témoin direct). Il développe l’idée d’une nation forte, hybride entre la monarchie de l’Ancien Régime et le fascisme de Mussolini – dont il distingue une première période sociale et positive, d’une seconde moins intéressante.

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Inversement du discours identitaire et social

Plus les mois passaient, plus la narration nationaliste devenait présente. Si bien que la question identitaire devenait plus centrale et reléguait progressivement la question sociale à l’arrière plan. Désormais, les discours sur les juifs dominaient. Soral prenait appui sur des personnalités irréprochables dans une rubrique appelée “l’antisémite du mois” : le sociologue Werner Sombart, le philosophe Kant, le réalisateur Michel Audiard et bien d’autres, lui servaient de caution.

KKDans la même dynamique, Soral a fondé une maison d’édition, Kontre-Kulture. À l’origine, elle devait être autonome et, en aucune manière, affiliée à E&R. Son objectif était de toucher un maximum de lecteurs, notamment ceux qui seraient récalcitrants à l’idée de lire un livre promu par Soral le sulfureux. Les adhérents d’E&R créateurs du concept, souhaitaient permettre au plus grand nombre de progresser en autonomie et de réfléchir par eux-mêmes. Cela, Soral le refusait. Il voulait, d’une part, gagner de l’argent et, d’autre part, garder le contrôle sur ses adeptes.

« On peut très bien défendre la liberté d’expression sans pour autant valider les thèses d’un pseudo-historien faisant l’apologie du IIIe Reich. »

En 2012, E&R a connu une progression fulgurante. Le succès montant à la tête de Soral, il s’est brouillé avec quelques bons cadres d’E&R qui ont alors quitté le navire. De mon côté, j’en ai fait de même mais pour d’autres raisons. Je voyais que la barre penchait beaucoup trop à droite. Soral défendait Vincent Reynouard et faisait la promotion de ses thèses révisionnistes. On peut très bien défendre la liberté d’expression sans pour autant valider les thèses d’un pseudo-historien faisant l’apologie du IIIe Reich. Et c’est pourtant là que nous sommes arrivés. La logique binaire de Soral amène ses partisans à reconsidérer le régime nazi. De la même manière, je comprenais qu’on puisse se questionner sur la loi Veil, mais Soral et ses adeptes allaient beaucoup plus loin. Ils en font une question centrale, clé de tous les problèmes du monde. Plus Soral portait ce type de discours, plus il était diabolisé. Plus il était diabolisé, plus sa notoriété et son statut de résistant au système se renforçaient. En moins de deux ans, j’étais moi-même passé d’un discours critique à l’encontre du libéralisme à une posture paranoïaque voyant, derrière tout événement, un complot fomenté par des juifs ou des francs-maçons.

« Pour certains j’étais, au pire, un facho, au mieux, un naïf. Un peu comme les anciens électeurs de gauche passés au vote frontiste. »

De l’ombre à la lumière

Voilà maintenant trois ans que j’ai quitté E&R. Depuis, nous savons que l’association était, au départ, financée par un cadre du FN pour amener les jeunes des quartiers populaires à voter Marine. Pour certains j’étais, au pire, un facho, au mieux, un naïf. Un peu comme les anciens électeurs de gauche passés au vote frontiste. Mais la vérité est que, pour ceux qui n’ont pas de culture politique, qui ont la lucidité de voir que le monde ne va pas et qui veulent changer l’état des choses, la gauche ne propose rien, si ce n’est de l’animation culturelle.

Michea2J’ai eu la chance de lire des auteurs me redonnant foi en le socialisme et la gauche. Des auteurs critiques sur la ligne actuelle de la gauche mais qui, pour autant, ne cessent de soutenir leur camp. Un peu comme un supporter de foot déçu de son équipe et de ses dirigeants qui souhaiterait, malgré tout, voir son club gagner – car au fond, l’identité du club, ce qui reste éternellement, ce sont ses supporters. Orwell critiquait radicalement le Labour Party mais le soutenait pendant les élections. Jean-Claude Michéa critique le libéralisme culturel de gauche, l’accusant même de favoriser l’extension du Capital, mais préfèrera toujours le moindre mal (le PS, en l’occurrence) à l’extrême droite. Laurent Bouvet et Gaël Brustier se montrent dur avec le Parti socialiste mais se revendiquent “de la famille”. Sans parler de la jeune génération, des militants aux journalistes. De la gauche radicale et au PS, les critiques sont nombreuses. Néanmoins, tous souhaitent faire bouger les lignes, et c’est de l’intérieur qu’ils le font, au sein d’un camp qui possède les ressources idéologiques et les références pour tendre vers l’idéal socialiste. C’est ce camp que je rejoins, c’est dans ce camp que je m’engage.

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26 réponses »

  1. Témoignage intéressant qui rejoint ce que je pense de Soral. En revanche je ne suis pas du tout d’accord avec la conclusion et la possibilité de faire bouger les lignes de l’intérieur, surtout dans le système partisan tel qu’il est aujourd’hui. Et bien que je vienne de la gauche, j’ai une égale aversion pour le parti socialiste et le front national.

  2. « tous souhaitent faire bouger les lignes, et c’est de l’intérieur qu’ils le font, »
    Donc pour changer les choses il faut adhérer au PS ? Bah mon cochon, si c’est ça la seule proposition on est pas sortit du sable.
    Afin d’arrêter la spirale infernale de la déception politique (que c’est fatiguant d’entendre tous les jours ce genre de déclaration : « je regrette d’avoir voté/adhéré/etc., comme si on avait pu s’attendre à un résultat différent), il conviendrait surtout de soigner cette tendance maladive à adhérer à des chapelles, à donner mandat à des gourous, à voter pour des messies. Le mouvement social n’a pas besoin de représentation ni d’institutions bureaucratiques. Les mouvements ZAD et Occupy démontrent qu’une mobilisation puissante, efficace et non affiliée (donc non aisément contrôlable), est possible.
    La gauche du moindre mal, les discours du type « faire bouger les lignes de l’intérieur », c’est pas nouveau. Ça existe depuis des décennies et le résultat on l’a sous les yeux. Il conviendrais, à un moment, de les ouvrir et de se réveiller.

    • Bonjour,

      Je parle de camp et non de partis, ni de chapelles. Je dis que le camp de la gauche doit revenir à ses références au lieu de les laisser à Soral.
      Après, le fait d’adhérer à un parti, c’est une autre question que je n’ai pas voulu soulever dans cet article. Encore une fois, il s’agit de redonner au socialisme ses lettres de noblesse.

  3. Musulman et socialiste, ex-soralien… cet Alidovitch a surtout l’air d’être un paumé qui cherche désespérément des repères.
    Cet article n’apporte pas l’ombre d’une information nouvelle. Et en plus il est d’un incroyable narcissisme ! Dans le dernier paragraphe, il se place carrément au même niveau qu’Orwell et Michéa, et il annonce son ralliement avec la boursouflure d’une candidature à l’élection présidentielle. Comme si ça intéressait quel camp rejoint Ludovic Alidovitch !
    Bonjour le socialisme du « moi je ».

  4. Je rêverai d’un monde où les sympathisants d’ER et les sympathisants du Comptoir dialogueraient ensemble, confrontant leur point de vue plutôt que de se tirer dans les jambes en accusant notamment Soral de faire du business. Bref je rêverai d’un cercle Proudhon qui de 1911 à 1914 a réuni syndicalistes révolutionnaires et monarchistes de l’Action française ou d’un CNR d’après guerre. Je prends ces exemples et je les utilise comme un « mythe » au sens que l’entendait Georges Sorel, c’est à dire un idéal vers lequel tendre. Pensez-vous que face à cette Ploutocratie toute puissante, à ce libéralisme financier exacerbé et à l’aube du TAFTA, on peut se permettre ces conflits stériles ? Il n’y a pas un ouvrier de droite et un de gauche : il y a le Prolétariat enraciné (ouvriers, employés, entrepreneurs) contre la Bourgeoisie cosmopolite et apatride. Je vous invite à prendre exemple sur un Jacques Sapir qui souhaite une alliance « anti-euro » étendue jusqu’aux milieux souverainistes. La Gauche ne fera pas la Révolution toute seule et encore moins en se compromettant avec des partis politiques pour « faire bouger les lignes » ! Je vous renvoie ici à Simone Weil « Note sur la suppression générale des partis politiques. »

    • Pour rappeler quelques vérités :
      1/ Sorel était méfiant à l’égard de la création du Cercle Proudhon par son disciple Edouard Berth, il l’avait même mis en garde (il faut dire qu’à la création du CP, il avait déjà lâché Maurras depuis quelques années).
      2/ Simone Weil a également combattu au sein de la CNT contre les franquistes : elle a aussi pris parti quand elle l’a jugé nécessaire.
      3/ Au Comptoir, nous rêvons également d’une alliance des classes populaires, par-delà leurs votes (Marx après tout n’a jamais parlé de prolétariat de gauche ou de droite). Par contre, petite remarque : « il y a le Prolétariat enraciné ». Vous faites quoi du prolétariat déraciné malgré lui (issu de l’immigration) ? Bref, pour nous cette alliance de classe ne doit pas se faire sur des bases communautaristes ou contre une minorité (Juifs dans le cas de Soral, Musulmans dans le cas du FN). Vous comprenez pourquoi nous dénonçons l’extrême droite maintenant (même quand il en appelle à une « gauche du travail ») ?

      • Merci pour votre réponse, quelques remarques ou « vérités » comme vous dites :

        1) Vous avez raison de souligner que Sorel était méfiant à l’égard du Cercle Proudhon comme l’était d’ailleurs Maurras et je ne me fais pas d’illusions sur ce qu’a représenté ce cercle : seulement 2 syndicalistes dans le groupe, un tirage des cahiers limité à 600 exemplaires. C’est pour cela que je prends cet exemple comme un mythe.

        2) Vous faites un rapprochement entre l’engagement de Simone Weil dans la CNT contre les franquistes et l’engagement au PS que je reprochais à l’auteur. Je trouve cela assez douteux de les mettre sur le même plan.

        3) Dans prolétariat enraciné, j’entends un individu né en France, ancré dans son milieu (quartier, village). Pour moi une personne issue de l’immigration c’est à dire en gros que sa famille est arrivée depuis 2-3 générations est parfaitement enracinée. A contrario, une personne déracinée, c’est un immigré clandestin qui constituent une bonne main d’œuvre peu chère sans conscience de classe : une parfaite armée de réserve.
        Enfin, je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que « cette alliance de classe ne doit pas se faire sur des bases communautaires ou contre une minorité » puisqu’en dernière instance c’est la division du peuple au profit de l’oligarchie. En revanche je conteste que Soral, le FN ou l’extrême droite que je réduirai à sa partie « souverainistes » « patriotes » entreprendraient une « réconciliation nationale » sur le dos d’une communauté. Je ne conteste pas que vous trouverez des « néoconservateurs » dans ces milieux là qui vous servirons le conflit de civilisations mais il y a aussi des personnes de bonnes volontés qui sont d’accords sur un certains nombres de principes comme la défense de la Nation, la souveraineté des peuples, la fin de l’UE technocratique, la remise en cause de la finance internationale…

    • Cher ami,

      je comprends tout à fait votre réflexion. La réalité c’est que vous êtes idéaliste (c’est tout à votre honneur).
      Cependant, sur le terrain, ER n’a jamais soutenu de mouvements ouvriers. Leur critique des dominants consistent juste à répéter que ce sont toujours les mêmes les responsables (les juifs…lecture binaire vous me l’accorderez).
      ER avait pour ambition d’amener les quartiers populaires au vote FN et au nationalisme. Si vous, vous rêvez, eux, calculent! Ils établissent une stratégie pour prendre le pouvoir pour appliquer leurs idées. Après, on peut discuter de leurs idées si vous le souhaitez.

      • Sur leur idéologie en effet, je la trouve plutôt pertinente, je parle ici des 6 discours de Soral : – discours de Valmy ; – du communisme au nationalisme ; – quelle alternative au monde bourgeois ? ; – gauche du travail droite des valeurs ; – politiquement incorrect ; – à l’ombre du minaret en flamme. Je pense que la Gauche du travail et la Droite des valeurs est une bonne réponse à l’alliance libéral-libertaire. C’est dans la continuité du Cercle Proudhon, du CNR ou d’Orwell « anarchist-tory. » Après je ne dis pas qu’il faut adhérer à ER moi-même je ne suis pas membre, ce que je prône c’est plus une convergence d’esprits que d’associations.

      • Vous remarquerez que ces discours et articles ont été écrits au début d’ER. On y trouve effectivement des arguments solides et séduisants.
        Après cela, Soral est passé de la construction d’un projet à la mobilisation (et l’isolation) face à un ennemi (les Lumières judéo-maçonnes). Car dès le départ, l’ambition d’ER n’est pas de rendre autonome les gens mais de les amener au FN.
        Et pour justifier ce glissement, il a une lecture téléologique de l’histoire.

      • «Ils établissent une stratégie pour prendre le pouvoir pour appliquer leurs idées.» ??? C’est grave ? Pour un mouvement politique ? Ils calculent ? Ahahahahahaha les méchants ! Et ils prendront le pouvoir en vendant des livres et des vidéos à 2€ ? T’as raison. Un vrai danger pour ta famille, tes amis, les «mouvements ouvriers»… Soral d’un coté, la banque mondialisée et ses serviteurs de l’autre… ( Qui combattre ?) Tu as encore raison : il est temps de se mobiliser contre la fachosphère ! No pasaràn ! Ahahahahahahaah

  5. Merci pour ce témoignage, qui pourrait bien en aider quelques-uns à sortir du trou d’ER.
    En plus, vous rendez justice à Jean-Claude Michéa qui, bien que sollicité par les pires politiques ou médias droitards, bien que daubé et méprisé par la gauche, n’a jamais eu la moindre faiblesse avec l’extrême-droite.

  6. «(…) qui permettra, nous l’espérons, d’œuvrer au recul politique du mouvement d’extrême droite et, surtout, d’aider la gauche à sortir de son marasme actuel.»
    1. Vous êtes sérieux ? Si oui…
    2. Comme dirait l’autre : « et ben va falloir frotter Martine »
    Et sinon pour le témoin saisissant dans le slogan d’ER y a DROITE DES VALEURS. Oui, dans le slogan. Pas dans une vérité caché qu’on découvre un jour comme ça et qu’on va témoigner dans un média comme un amant trahi. DANS LE SLOGAN !!! Bonne chance les gars dans votre combat qui n’en est pas un.

  7. temoignage interessant meme s’il n’apporte rien de nouveau.
    Quelque petites citation de Soral aurait été bienvenue pour appuyer le texte.
    Auteur un peu trop reveur. Tu es sorti d’ER il te reste plus qu’a sortir de l’Islam et tu seras enfin libre de vivre ta vie dans le monde reel.
    La France c’est 60M d’habitant et ce n’est pas avec des groupes de travail que tu changeras quelque chose. Contente toi de vivre ta vie et regarde les choses se faire… Au moins tu arreteras de gacher ton temps.

  8. Je reconnais dans ce temoignage pas mal de potes qui eux aussi ont finalement changé d’avis mais qui reconnaissent une certaine utilité à être passé par Soral pour en arriver aujourd’hui à une vision du monde veaucpup plus lucide.
    Moi ce qui m’a toujours rebutée concernant ce type c’est sa haine des femmes et des homosexuels. En tant que femme je n’ai jamais pu supporter quoi que ce soit venant de lui par ce simple principe. J’aimerais bien savoir comment vous, les ex d’E&R vous percevez cet aspect là de la « pensée soralienne », à l ‘époque et aujourd’hui. Je trouve son discours à ce niveau là extrêmement violent et inégalitaire, du coup complètement en contradiction avec les idées socialistes qui l’aurait rapproché de la gauche ou de l’extrême gauche. En tout cas j’aimerais beaucoup connaître vos impressions la dessus.

    • Salut et merci pour ce témoignage courageux (au vu des commentaires assez malveillants…)

      Personnellement je trouve étonnant que l’on parle de Soral en termes d’engagement. Dans le sens où politiquement c’est plus que flou (il dit lui-même hésiter entre un retour à la monarchie des Rois de France, un présidentialisme fort à la Chavez, un fascisme à la Mussolini ou Hitler – sans le racialisme et la conquête d’un « espace vital », d’une démocratie intégrale à la Chouard…). Soral c’est plus une ratatouille, il y a plein de trucs différents dedans mais globalement ça a le goût de la ratatouille et on aime ou on n’aime pas.

      Soral c’est le mec qui fait un tabac au comptoir du bistrot. Sur tous les sujets c’est un type qui a une opinion « marrante » (selon les critères du PMU, c’est-à-dire qui sort de l’ornière et qui a l’air de se tenir). Donc le format « youtube » pour un mec comme ça c’est du pain béni. Et le pilier de bar 2.0 c’est le jeune homme célibataire (genre Bref ou Edward Norton dans Fight Club) qui ne sait plus s’il doit être de gauche ou de droite, croire en dieu ou pas, et qui fantasme en calbute devant son écran d’ordi qu’un jour il sera riche, beau et célèbre ou alors au moins révolutionnaire et qu’il fera tout péter, bref un jeune homme paumé qui aggrave sa déconnexion d’avec le monde et le réel en devenant dépendant à la connexion virtuelle à des contenus nécessairement de plus en plus agressifs (schéma de la dépendance). Face à ce public, les idées de Soral fonctionnent parce qu’elles sont clinquantes et sulfureuses et parce qu’elles font mouche. À un discours dominant qui cherche à lutter contre les stéréotypes et globalement faire mieux accepter les minorités, Soral rue dans les brancards et présente le soutien du discours dominant aux minorités comme la voix d’un « Système » oeuvrant pour la disparition des valeurs conservatrices de la majorité. C’est la stratégie des pieds dans le plat : « je suis désolé j’ai le droit de dire que le pédé qui surjoue le pédé m’est insupportable ou qu’une femme à la maison qui s’occupe des gosses est certainement plus heureuse (et les gosses avec) qu’une workaholic congelant ses ovaires pour faire des enfants, éventuellement, après sa carrière ou qu’il y a quand même des éléments troublants dans la version officielle du 11 sept genre l’effondrement de la troisième tour WTC7… ». Saillies de surcroît renforcées par le discours d’en face qui plonge exactement là où on lui demande de plonger : dans le schématisme et l’outrance. Ce qui laisse un boulevard au jeune addict :

      Soral est antisémite >> Non, pour lui la grande majorité des Juifs (les « Juifs du quotidien ») sont même les premières victimes de la « Communauté organisée » (l’ensemble des lobbies et associations communautaires) qui, à force de surjouer le communautarisme de la pleurniche et le soutien au régime israélien de Netanyahou, nuit à l’intégration républicaine des Juifs de France.

      Parce que pour briller au PMU, on ne peut pas dire que des conneries et Soral ne serait pas Soral s’il n’y avait pas du « vrai » dans ce qu’il dit… « Vrai » au sens de « ça m’est arrivé de le penser ». Soral est un opiniologue. Grâce à internet et au format youtube il amplifie tout ce que la bien-pensance tâche de refouler, non pas parce que c’est faux ou vrai ou dangereux ou contraire aux grands plans du Nouvel Ordre Mondial, simplement parce que « ça craint ». Comme ça craint de dire qu’il n’y a pas eu 6 millions de Juifs tués par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale, comme ça craint de dire que les JO paralympiques c’est pas très intéressant ni très « beau », comme ça craint de penser que le fiasco d’Outreau cache un réseau de notables pédophiles, etc.

      Et plutôt que de continuer à vouloir étouffer cette voix comme on tousse quand la vieille tata sort un truc limite sur « les noirs » (stratégie Manuel Valls qui n’a aucun sens à l’heure où l’on regarde plus internet que la télé), autant la prendre pour ce qu’elle est : une parole borderline de mondain-punk. Un peu comme à l’époque de l’émission de Polak où on invitait le professeur Choron. Je trouve qu’il n’y a rien de plus dangereux que le « Soral est dangereux » parce que cela donne 100% raison à Soral quand il nous dit qu’on nous prend pour des cons.

    • « De la gauche radicale et au PS, les critiques sont nombreuses. Néanmoins, tous souhaitent faire bouger les lignes, et c’est de l’intérieur qu’ils le font, au sein d’un camp qui possède les ressources idéologiques et les références pour tendre vers l’idéal socialiste » …

      Apparemment beaucoup de lecteurs sont obsédés par le PS. Pour ma part, je fais l’éloge du socialisme originel, que le PS a depuis longtemps oublié.

  9. On a qu’à faire comme d’habitude, on se tape sur la tronche, et c’est réglé. On fait ça depuis la nuit des temps, quand on vivait encore dans des grottes, enfin il parait ^^

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