La revue du Comptoir

Le Comptoir : pour un socialisme vraiment populaire

Le premier numéro de notre revue est en vente depuis le 17 septembre dernier. Nous vous proposons en exclusivité notre édito collectif.

Un débat public noyauté par les experts et les professionnels de la politique, une sphère médiatique en vase clos surveillée par les chiens de garde, une pensée unique qui empêche toute divergence de point de vue… Autant dire qu’aujourd’hui, les « gens ordinaires », si chers à George Orwell, se sont vu confisquer la parole. Si ce n’est dans les lieux qu’ils peuvent encore s’approprier, comme les comptoirs de cafés, les fêtes de quartier ou l’espace public des villes et des villages. En cette période de dépolitisation globale, choisir comme nom « Le Comptoir » n’avait donc rien d’anodin. Nous nous plaçons ainsi directement sous le patronage des cafés révolutionnaires et des estaminets anarchisants de la Zone, cette bande de terrains vagues autour de Paris, près des anciennes fortifications, envahis par les plus pauvres du début du XXe siècle.

« Nous entendons redonner sa place à l’homme : dans un corps social mobilisé autour de plus de justice, de liberté et d’amitié. »

« Le comptoir, ce parlement du peuple », affirmait Balzac. Nous œuvrons à réhabiliter ce “populisme ”, qui fait grincer tant de dents, en participant au décryptage de la tentaculaire machinerie capitaliste.

Avec Marx et Engels, nous voulons lutter contre l’isolement de l’individu, monade parmi les monades, seul contre tous. Pour enrayer notre repli sur soi et déploiement corollaire en une multiplicité d’égoïsmes s’entrechoquant les uns contre les autres.

Avec Marcel Mauss, nous souhaitons contrer le capitalisme, « fait social total » aux deux versants : le premier, économique, visant la concentration des richesses ; le second, culturel, affirmant l’illimitation des désirs.

captureAvec Orwell, nous appelons à une « société libre, égale et décente », où le peuple serait de nouveau souverain.

Contre la bien-pensance actuelle, qui traverse les barrières partisanes pour relier les libéraux, de gauche et de droite, aux communistes, nous refusons comme aboutissement logique de notre civilisation ce mythe d’un progrès technique. Nous revendiquons le romantisme révolutionnaire. Pour combattre « la mécanisation, la rationalisation abstraite, la réification, la dissolution des liens communautaires et la quantification des rapports sociaux » au nom « de valeurs sociales, morales ou culturelles pré-modernes, ou pré-capitalistes ». Avec Michaël Löwy, nous entendons redonner sa place à l’homme : dans un corps social mobilisé autour de plus de justice, de liberté et d’amitié.

« Défendant un socialisme original et radical, nous voulons en finir avec le culte du tout-puissant Progrès. »

À notre échelle, nous avons l’ambition fière de la jeunesse : envahir les sphères de l’Internet, qui a au moins le mérite de concourir au rapprochement des luttes, et instiller insidieusement, dans les zones détenues par les géants Google, Facebook et Amazon, cet esprit de rébellion et cette exigence d’émancipation.

Défendant un socialisme original et radical, nous voulons en finir avec le culte du tout-puissant Progrès. Mieux, nous voulons faire entendre les aspirations populaires, aujourd’hui crachées dans les urnes ou dans les manifestations mais jamais écoutées. Inspirés par des recompositions collectives d’autres types de société en Europe du Sud, en Amérique latine (notamment le zapatisme) ou au Kurdistan, nous comptons, à notre mesure, contribuer à dresser les fondations d’un nouveau pacte social. Rien que ça !

Retrouvez le premier numéro de la Revue du Comptoir, disponible en librairie et sur commande !

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