Culture

Orelsan, reflet d’une génération qui n’arrive pas à vieillir

« La fête est finie », troisième album solo d’Orelsan a été certifié triple disque de platine (300 000 ventes) en deux mois. Le rappeur caennais se paye même le luxe d’être le grand  favori des Victoires de la musique 2018, avec trois nominationsUn succès commercial logique pour celui qui se fait l’écho du malaise de la génération Y.
« Cette société “liquide”, hypermobile, en constant bouleversement, où nous ne savons plus où est notre place a créé une misère spirituelle et affective inédite, en plus de nous avoir transformés en consommateurs blasés. »

Il y a à peine six ans, Orelsan avait « à peu près la même réputation qu’Cheb Mami »[i] (« 2010 »). Aujourd’hui, alors qu’il vient de sortir son moins bon album, il est unanimement salué, des Inrocks au Figaro, en passant par Le Point. S’il y a de quoi ironiser une nouvelle fois sur la tartuferie de la presse mainstream, il faut quand même souligner que ce succès ne doit rien au hasard. Après avoir reçu deux prix en 2012, le rappeur devrait remporter une ou deux Victoires de la musique dans les catégories « Album musiques urbaines » et « Artiste masculin », lors de la cérémonie qui se déroulera le 9 février 2018. Certes, il y aurait énormément à dire sur cette institution qui ne comprend rien au rap — rebaptisé pudiquement dans sa novlangue “musiques urbaines” —, au point d’avoir ridiculement intronisé en 1999 Manau devant NTM et MC Solaar. Mais le constat est là : une quinzaine d’années après l’apogée du phénomène Eminem outre-Atlantique, le rap hexagonal connaît son icône white trash — qui est certes bien moins technique que l’ex-blondinet de Détroit. Le succès d’Orelsan n’est cependant pas uniquement lié à ce style maîtrisé avant lui par Fuzati (Klub des Loosers) dans un style plus intello, et par Seth Gueko dans un style plus ghetto. Mais c’est aussi que les textes du rappeur caennais parlent à presque toute une génération.

« Dans la nouvelle scène j’suis l’seul qui sort du lot
J’suis l’seul écrivain potable depuis Victor Hugo »
« Jimmy punchlines »

Né en 1982 à Alençon dans l’Orne et caennais d’adoption, fils d’une professeure des écoles et d’un directeur de collège, Aurélien Cotentin se fait connaître en 2007 sur MySpace avec ses chansons parodiques « Saint-Valentin » et « Sale pute », à la fois drôles, trashs et misogynes, qui lui vaudront par la suite pas mal de déboires avec les féministes et de démêlés avec la justice. Très vite, son humour et la qualité de ses punchlines rencontrent du succès parmi les auditeurs de rap. Il signe alors sur le label 7th Magnitude de Skread – connu à l’époque pour avoir travaillé avec Booba, Rohff, Nessbeal ou encore Salif – et Ablaye. Orelsan va alors progressivement prouver qu’il n’est pas qu’un rappeur drôle.

Uniformisation des modes de vies

Jeune issu « d’la classe moyenne[ii], moyennement classe, où tout l’monde cherche une place » (« La Pluie ») qui porte haut l’étendard de la province (« J’suis pas chez moi dans la capitale/ J’continue d’écrire sur une ville où j’habite pas », « San ») dans un style musical où il a longtemps été difficile de percer quand on n’habite ni à Paname ni à Marseille, Orelsan aurait pu devenir le rappeur de la “France périphérique”. Mais il est devenu plus que ça, à savoir une star du rap hexagonal, comme Booba, Damso, Rohff ou Kaaris, même s’il n’a ni leur charisme, ni leur street cred’, parfois fantasmée. Le rappeur avouait même à ce propos dans « Perdu d’avance » :« J’ai pas d’crédibilité, j’suis une p’tite nature ». Mais s’il a percé, c’est parce qu’Orelsan représente une époque et décrit des expériences et frustrations communes à toute une génération composés de jeunes « élevés par la télé, par la PlayStation » et avec « Internet, les boites, les grecs, les DVD […], l’rap, les portables, le shit, la Despé » (« Changement »).

« J’débarque de la campagne en Tequila Gin Vodka »
« Bada Bing »

Prolos, bobos, jeunes de cité ou des campagnes sont aujourd’hui soumis à une même réalité, liée à l’imprégnation du capitalisme dans toutes les sphères de la vie. La génération Y – appelé ainsi à cause du Y formé par nos écouteurs branchés à des walkmans, des MP3 ou des smartphones – a donc grandi dans la même société de consommation, qui a uniformisé tous les modes de vie. « Maintenant tous les centre-villes de France c’est les mêmes/ Les mêmes putains d’Fnac, Mc Do, Foot Locker, Célio, Zara, H&M », souligne Orelsan dans « Changement ». Quelques années plus tard, il note néanmoins que dans sa ville de province « tous les magasins ferment » (« Dans ma ville, on traîne »). En découlent une précarité sociale et affective, ainsi qu’un manque de repères et une crise de sens[iii].

Perdu d’avance

Orelsan raconte en effet l’histoire d’un jeune né dans les années 1980, qui a dû mal à trouver sa place dans une société en perpétuel changement (« Plus j’avance, plus j’grandis et plus j’comprends rien », « Changement »). La génération du rappeur a du mal à se projeter dans l’avenir (« Qu’est-ce qu’on s’en branle du futur quand on comprend pas l’présent ? », « No Life »). Dès le collège, difficile de trouver sa place, « perdu entre les bonnes meufs intouchables, les beaux gosses populaires/ Les p’tits bourges prétentieux, les gamines rebelles trop vulgaires » (« No Life »).

Extension du domaine de la précarité

L’entrée dans l’âge adulte n’arrange rien. Si à une époque c’était surtout les moins diplômés qui souffraient sur le marché de l’emploi, la galère aujourd’hui est presque généralisée. Même ceux qui ont eu la chance de faire des études, n’y échappent pas. Orelsan avec son Bac +5 a dû faire face aux échecs professionnels et surmonter la déception de ses parents (« J’enchaîne les jobs de merde, j’suis au bout du rouleau/ Mes parents s’demandent quand est-ce que j’vais trouver un vrai boulot », « Perdu d’avance »), tout comme son entourage (« J’héberge mes potes qu’ont pas d’taf, j’ai l’impression d’vivre aux Assedic », « Bada Bing »).

« Entre CDD, LSD, MSN, LRG, MST
La
vie suit son court de la NES à la PSP
Une planche de skate, une paire de rollers
Une génération pleine de chômeurs en quête de bonheur »
« No Life »

Mais la précarité touche à présent tous les aspects de la vie. Cette société “liquide”[iv], hypermobile, en constant bouleversement – en « disruption » dirait le président Macron –, où nous ne savons plus où est notre place a créé une misère spirituelle et affective inédite, en plus de nous avoir transformés en consommateurs blasés (« Avant j’achetais les sons, j’écoutais même ceux qu’j’aimais pas/ Maintenant j’ai 40 gigas d’MP3 qu’j’écoute même pas », « Changement »). C’est pour cela qu’Orelsan nous raconte l’histoire d’un mec qui galère avec les meufs et s’invente un personnage de macho viril, qui ne sait en réalité pas s’y prendre avec le sexe opposé. Il avoue ainsi dans « Perdu d’avance » : « J’aime pas trop les filles, j’arrive pas à les accoster/ T’facon j’parle pas aux gens qu’j’connais pas tant qu’j’suis pas fonce-dé ». Le rappeur confesse à la fin de son premier album, dans « La Peur de l’échec »« Quand j’dis que j’déteste les filles, j’me donne du crédit/ J’me suis jamais vraiment investi, j’ai fui/ J’ai triché sur mes sentiments en croyant rester vrai/ J’ai esquivé l’amour par peur de m’faire baiser/ Par lâcheté, j’croyais que plus je m’attachais moins ça marchait ». Si le Normand kiffe les « Bonne(s) meuf(s) », comme celles qu’on voit à la TV ou dans les magazines, la réalité est toute autre (« J’baise des meufs avec la dentition d’l’âne de Shrek », « Logo dans le ciel »). Pire les relations de couples s’avèrent souvent décevantes entre la relation qui dure « depuis trois ans avec la même meuf [qu’il] kiffe sans plus » (« No Life »), la fille qu’il aime mais qui le prend pour un con (« 50 pourcents »), celle avec qui il sort « Pour le pire », ou la copine parfaite qu’il finit par tromper après que l’excitation ait disparue (« Double vie »).

À côté de la détresse affective, la misère spirituelle est elle aussi mise parfois en avant. Ainsi, celui qui croit « un peu en Dieu mais pas vraiment » et se sent « attiré par le néant » (« La Peur de l’échec ») met en scène ses angoisses vis-à-vis de la mort dans « Elle viendra quand même ». Bien qu’il pense que dans la vie « rien n’a d’sens on peut qu’regarder l’temps passer », il admet qu’il aimerait « avoir l’espoir de croire au surnaturel, avoir le confort de [s’en] remettre à la grâce du Ciel ».

« Suicide social », un des morceaux phares du rappeur où il joue son suicide après avoir craché sur toute la société (des Parisiens aux sudistes, en passant par les PDG, « les gosses de bourges », les ménagères, les ouvriers, les profs, les syndicalistes, les religieux, « les jeunes moyens, les pires de tous » ou encore les « banquiers véreux »), reflète très bien la perte de sens dans un monde qui nous dépasse. Atomisés, les individus ne peuvent plus supporter leurs prochains. Ne les connaissant pas, ils les réduisent à un tas de clichés, qui peuvent avoir leur part de vrai. Pour finir, cette société qui prétendait se donner pour projet de « vivre sans temps mort et jouir sans entraves » est finalement une société où règne l’ennui. Un paradoxe qu’il met en évidence dans « San » : « Les temps changent, les gens changent, mais j’m’ennuie vite, j’aime le changement ». C’est pour cela que la mini-série Bloqués, qui met en scène Orelsan et son acolyte Gringe entre 2015 et 2016 sur Canal +, avait pour synopsis : « En attendant qu’il se passe quelque chose, ils ont décidé de ne rien faire. » Un thème qui transparaît dans leur album commun sorti en 2013 Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters.

« J’veux pas d’une femme soumise ni d’une sale groupie
Par contre j’échangerais mon bras gauche contre une nuit avec Katsumi »
« Différent »

De la culture de masse à l’adulescence

Mais le rappeur ne décrit pas que cet état de détresse. Il explique aussi comment la génération Y survit à cette société : en trouvant des moyens de compenser. Il y a d’abord l’univers du porno, ultra-présent depuis l’adolescence et amplifié avec Internet. Il souligne ainsi au début de « Changement » : « Les sites de boule, c’est comme la vraie vie, t’attrapes des virus/ Quand j’étais p’tit, y avait pas d’Internet, on traînait dans les abribus/ Fallait attendre dimanche soir pour voir des filles nues/ Depuis j’me fais ouij’ en moins d’cinq minutes avec eMule ». Cette éducation sexuelle avec le porno fabrique elle aussi de nombreuses déceptions (« Un jour, j’ai ramené deux meufs, c’était nul/ Ça m’a rappelé qu’j’ai du mal avec une », « Christophe »).

La culture de masse, constituée notamment du rap, des mangas et des jeux vidéo, permet elle aussi aussi de compenser. Les mangas sont la vraie bouffée d’air du rappeur, comme celle de nombreux jeunes, qui scande fièrement dans « 2010 », de retour après ses problèmes judiciaires : « Konichiwa j’suis d’retour depuis six mois j’m’isole/ J’ai regardé One Piece huit fois, les 460 épisodes ». Les bandes dessinées japonaises peuvent même parfois remplacer les relations sociales défaillantes (« Ton équipe c’est toi et les figurines de tes persos préférés », « No Life »).

« J’suis pressé d’arrêter, d’trouver du taf alimentaire, élever des gosses insupportables, vieillir, mourir, me faire enterrer »
« Ils sont cools »

Enfin, cette jeunesse sort en bande et boit au moins du jeudi au samedi, espérant s’évader : « On était dans l’bar normal c’est jeudi/ Vingt deux heures : ça parle fort, ça boit des demis », « Trous dans la tête ». « Là où j’vis on s’ennuie à mourir/ Une bonne soirée, c’est une soirée dont j’ai aucun souvenir » explique l’artiste dans « Différent ». Dans « Soirée ratée », il résume : « On fait la même chose toutes les semaines/ On sait qu’ça va être naze mais on sort quand même/ […] Tout c’qu’on ramène à la maison c’est des problèmes ».

Il décrit par là la montée du phénomène de “l’adulescence”. Pour prospérer, la société de consommation a besoin de faire durer l’adolescence le plus longtemps possible et retarder l’entrée dans l’âge adulte. Pourquoi ? C’est simple, l’adolescence est la période de la vie où l’individu est le plus sensible aux modes et aux injonctions de la culture consumériste. Or, ce que nous raconte Orelsan, c’est justement la difficulté d’entrer dans l’âge adulte. Il y a d’abord la nostalgie pour la culture de masse ou les dessins animés de notre enfance, qui joue un rôle fondamentale. Celle-ci est très bien mise en scène dans « 1990 », qui multiplie les références au rap des années 1990 – âge d’or du rap français –, aux dessins animés (« Pervers, j’ai l’cerveau près des couilles comme Krang »), aux modes vestimentaires (« Mais j’serai bientôt dans l’Top 50 avec ma paire de Top Ten »), aux gadgets technologiques (« Tout va trop vite, nouvelles technologies/ Bi-bop, Tatoo, Tam-Tam, Kobby, oh oui »), aux jeux vidéo (« J’traîne avec plus d’étoiles que si j’étais dans Shinobi »), ou même au porno (« J’écris des rimes sales comme Dolly Golden »).

Évidemment, la nostalgie, sentiment de nature poétique, est plus vaste, elle touche aussi à des lieux, des moments uniques et des personnes, comme le montre « Dans ma ville, on traîne ». On peut par exemple l’entendre dire dans ce morceau : « Tu t’réveilleras sur les bords de la ville/ Là où les centres commerciaux sont énormes/ Où on passait les samedis en famille/ Où j’aimais tellement m’balader/ Même quand on avait que dalle à acheter ». Ou encore : « Elle est même pas foutue d’pleuvoir correctement/ Ma ville aux cent clochers/ À chaque fois qu’ils détruisent un bâtiment/ Ils effacent une partie d’mon passé ».

La fête est finie

Dès son premier album Perdu d’avance, le Normand se disait victime, comme son idole Michael Jackson, du « syndrome de Peter Pan » (« Différent »). C’est néanmoins La fête est finie, qui témoigne le mieux de cette difficulté d’entrer dans l’âge adulte. Prendre ses responsabilités s’avère très difficile : « Pourquoi tu veux m’mettre un bébé dans les bras ?/ J’ai déjà du mal à m’occuper d’moi » (« San »). Dur également de s’habituer à la monotonie, après une jeunesse en constant changement, ou d’admettre qu’on vieillit dans une société qui valorise sans cesse le jeunisme, pour mieux sacrifier ses jeunes. « Un jour, ton pote traîne qu’avec ses collègues de taf/ Pourtant, c’est l’genre de connards que vous détestiez en classe/ Un jour, tu t’rends compte que personne n’écoute tes histoires/ T’étais un jeune cool, maintenant t’es plus qu’un oncle bizarre », regrette Orelsan dans le morceau éponyme de l’album. Même traîner avec ses potes perd de son intérêt : « Quand j’vois mes potes, j’sais plus quoi raconter/ J’vais plus en soirée car j’ai peur de craquer » (« Quand est-ce que ça s’arrête »). Le résultat est qu’à « plus d’trente ans », il est « toujours assis à la table des enfants » (« Défaite de famille »). Le triste reflet d’une jeunesse qui vieillit mal parce qu’elle a grandi n’importe comment.

Finalement, le succès d’Orelsan repose sur des ressorts similaires à ceux de la mini-série Bref., créée par Kyan Khojandi et Bruno Muschio et diffusée sur Canal + entre 2011 et 2012. D’ailleurs, Kyan Khojandi et Orelsan ont très rapidement noué contact. L’humoriste d’origine iranienne et Bruno Muschio ont depuis participé à la création de Bloqués. Car, si Michel Houellebecq a révélé la détresse sentimentale et spirituelle des pères de la génération Y, Kyan Khojandi et Orelsan ont, eux, dévoilé celle des gosses nés entre les années 1980 et 1990. Il ne manque plus que des alter egos féminins pour compléter le tableau.

Nos Desserts :

Notes :

[i] Cheb Mami est un chanteur de raï condamné en 2006 pour violence volontaire, séquestration et menace envers sa femme.

[ii] Rappelons que le philosophe marxiste Michel Clouscard la définissait comme « l’ensemble des catégories sociales qui subissent à la fois la confiscation de la plus-value en tant que producteurs et l’injonction de consommation en tant que consommateurs ».

[iii] Dans un entretien, Fuzati expliquait d’ailleurs à propos de la jeunesse petite-bourgeoise versaillaise : « Eh bien justement, si tu connais Versailles, tu t’apercevras qu’il y a une espèce de décalage entre beaucoup de gens qui, parce qu’ils ont eu la chance d’avoir des parents qui viennent d’un bon milieu social, se considèrent comme faisant partie de l’élite de la France… Enfin, quand tu les écoutes parler en tous cas. Mais en fait, ils font quoi de plus que les autres jeunes, à part fumer des joints et jouer à la Playstation ? »

[iv] Concept du sociologue polonais Zygmunt Bauman pour qualifier notre modernité tardive (“postmoderne” pour certains), caractérisée par « la jetabilité, l’interchangeabilité et l’exclusion » et où l’individu est l’unique référent, par son acte de consommation.

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4 réponses »

  1. « Il ne manque plus que des alter egos féminins pour compléter le tableau. »

    C’est chose faite depuis Faux Départ de Marion Messina (éditions Le Dilettante), un Voyage au bout de la Nuit au féminin assaisonné de Plateforme.

  2. Merci pour cet article, bien pensé et bien référencé. Deux remarque cependant. Déjà l’album est quand même moins plaintif et pessimiste que les précédents : il a trouvé un amour sincère et durable (La Lumière, Paradis) et dans les morceaux cités, il y a des passages où il paraît plus sûr de lui (il se reprend en main au milieu de San), où il accepte sa place dans la société (« quand je vois les gens normaux j’suis fier d’être pas normal » -San). Orelsan semble aussi être réconcilié avec ses erreurs passées dans Notes pour trop tard.

    Ensuite, sur la question de l’adulescent comme cible privilégié du consumérisme, je ne sais pas s’ils sont plus visés que la ménagère de moins de 50 ans ou un actif de 45 ans. Car si les adulescents consomment peut être plus, ils sont une cible moins stable, avec des goûts très mouvants et versatiles. Ils ne sont pas fidèles à une marque en particulier, ils recherchent le service le plus personnalisé et le moins cher, ce qui n’est pas de tout repos pour les services marketing des marques qui doivent toujours s’adapter. A voir.

    Enfin il ne semble pas que les adolescents soit plus influençables que leurs parents, en effet Orelsan décrit dans certains sons la classe moyenne de province qui achète les mêmes biens de consommation que ses voisins et que la télé leur a vendu (« ma mère est la ménagère à qui les publicitaires veulent la mettre »). Peut être est-il moins lucide sur sa propre condition de consommateur.

    • Les pionniers de l’économie libérale comme Bernard Mandeville, David Hume et Adam Smith voyaient dans l’illimitation des désirs une aubaine pour l’enrichissement des sociétés. Effectivement, toutes les catégories d’âge sont soumises aux désirs et sont donc des cibles potentielles pour la société de consommation. Mais l’adolescence est l’âge d’or. C’est le moment où le désir croît énormément, pour atteindre celui des adultes. Sauf que devenir adulte c’est apprendre à s’autolimiter (« Un homme ça s’empêche »). C’est donc potentiellement la classe d’âge la plus propice à la consommation, même si chez les adultes, la consommation ostentatoire a un rôle social.

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