Politique

Monique Pinçon-Charlot : « Nous sommes face à une classe sociale puissante et mobilisée pour défendre ses intérêts »

Avec près de trente ans de travaux sur la grande bourgeoisie au compteur, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon sont des références en la matière. Mœurs, éducation, stratégies de préservation des privilèges… Les riches n’ont plus de secrets pour eux ! Après leur départ du CNRS en 2007, les sociologues passent des sciences humaines au militantisme. Ils présentent d’ailleurs cette année leur candidature aux législatives dans les Hauts-de-Seine. À l’occasion de la sortie de leur dernier livre « Les prédateurs au pouvoir » (éditions Textuel), Le Comptoir a contacté Monique Pinçon-Charlot qui a aimablement répondu à ses questions. Élections présidentielles 2017, guerre des classes et reconstitution de la gauche radicale sont au menu de cet entretien.

Le Comptoir : Dans votre dernier livre, Les prédateurs au pouvoir, vous attaquez la « pensée unique », expression peu claire car elle est utilisée par tout le monde d’Acrimed au FN. Comment définiriez-vous cette « pensée unique » ?

Monique Pinçon-Charlot : Aujourd’hui, selon la perception de l’oligarchie, les partis sont morts et il n’y a plus de gauche ni de droite. Quand on emploie l’expression « pensée unique », on vise bien le fait que la pensée néo-libérale est devenue une seconde nature. Elle est devenue le réel, quelque chose qu’on ne peut pas remettre en question. Le néolibéralisme peut être amélioré, amendé pour être encore plus violent, mais il ne peut pas être critiqué. On est bien dans un totalitarisme oligarchique et qui me fait toujours penser au roman 1984 d’Orwell, avec Big Brother à la tête d’un parti unique.

Lors de l’entre-deux-tours des présidentielles 2017, n’a t-on pas assisté à la démonstration de l’existence de cette pensée unique, avec l’injonction à voter Macron pour faire barrage au FN ? Sommes-nous dans ce que Emmanuel Todd appelait un « flash totalitaire » après les attentats de Charlie Hebdo ?

Je suis assez d’accord avec la formule. J’y adhère d’autant plus que le Front national est un parti qui, après sa création, a été renforcé et mis en scène par les socialistes : c’est le cas depuis 1983, au moment où la pensée unique a commencé à se constituer dans le sillage du renoncement du Parti socialiste, avec le tournant de la rigueur. À partir de ce moment-là, Mitterrand a fait des démarches personnelles auprès des grands médias pour que Jean-Marie Le Pen ait son rond de serviette sur les plateaux télévisés. Il y a ensuite eu l’introduction de la proportionnelle intégrale aux législatives de 1986, qui a permis l’entrée de 36 députés FN à l’Assemblée nationale. Ces manœuvres politiques n’ont cessé de se poursuivre, avec pour objectif une instrumentalisation du Front national pour permettre au néo-libéralisme de rebondir. En 2002 s’est constitué un front républicain pour le second tour des élections présidentielles, front qui s’est aujourd’hui transfiguré en la personne d’Emmanuel Macron. Macron est l’emblème de l’oligarchie : il n’y a plus ni droite ni gauche, ni privé ni public, ni rive droite, ni rive gauche. Dès sa qualification pour le second tour, il est parti fêter sa victoire à la Rotonde et a été très peu adroit. Gauche libérale et droite se sont unies, et l’extrême-droite leur est bien utile.

L’oligarchie dont vous parlez n’est-elle pas menacée par le retour en force dans les urnes d’une gauche plus radicale réunie autour de Jean-Luc Mélenchon ?

Ce qui s’est passé lors de ce premier tour est très important. J’ai été très contente de ce résultat auquel j’ai personnellement contribué, avec toutefois des bémols. Michel et moi nous avons fait de multiples rencontres qui nous poussent à penser que le rapport de force de la gauche radicale est actuellement énorme. Si Mélenchon avait joué le jeu de la dynamique du Front de gauche et accepté qu’on l’ouvre à d’autres forces, des associations ou des individus, au lieu de créer La France insoumise, faisant cavalier seul, nous aurions été présents au second tour. Je regrette beaucoup ce qui s’est passé et j’appréhende les législatives. Je dis ça en tant que citoyenne en colère et en tant que sociologue malheureuse. J’ai peur que la classe dominante ait un coup d’avance sur nous. Malgré ses contradictions, et alors qu’elle représente très peu de monde, elle la jouera collectif aux législatives, avec le traditionnel jeu pervers des fausses contradictions et des oppositions mises en scène. Le Front national sera son allié, car il risque maintenant de capter la critique sociale et de se l’approprier. En haut, on a donc le collectivisme et la solidarité de classe, très clairement. Quand Marine Le Pen, qui est présidente de groupe au Parlement européen, s’oppose à la création d’une commission d’enquête sur la fraude fiscale, elle démontre une solidarité de classe avec ses proches mouillés dans l’affaire des Panama Papers. Quand il s’agit de voter le secret des affaires, c’est l’ensemble des eurodéputés du FN qui mettent comme un seul homme un bulletin “pour” dans l’urne. Ce sont des indicateurs de cette solidarité oligarchique. Ce ne sont que deux exemples, mais il y en a beaucoup d’autres. Et en face ? On assiste à la guerre des petits chefs, et c’est catastrophique. Tous ensemble, nous aurions été au second tour.

Vous dites que le rapport de force est favorable à la gauche radicale en France. Cela veut-il dire que les Français n’aiment pas les riches ?

Ce n’est pas une question d’aimer ou pas. La psychologisation du social n’entre pas en ligne de compte ici. C’est plutôt qu’on est dans une guerre, avec des prédateurs, très peu nombreux, mais très puissants. C’est la raison pour laquelle Michel et moi avons écrit notre dernier petit livre. On nous donne chaque jour en pâture des phénomènes de corruption, mais c’est encore bien trop gentil de parler de corruption. On masque derrière ce mot quelque chose qui relève de la prédation, du vol, d’une guerre contre les peuples, quelque chose qui fait système. Et face à cela, le peuple doit se défendre.

Vous dépeignez donc la grande bourgeoisie et les réseaux qui sont à son service comme des « prédateurs ». Cela veut-il dire que plus on est riche, plus on est misanthrope ? Les grands bourgeois se rêvent-ils encore comme la “race des meilleurs”, comme une aristocratie ?

Il existe dans notre pays une tradition qui remonte à la construction sociale de la noblesse. Ce qui est intéressant, c’est ce mythe du sang bleu. Les nobles l’étaient par le roi et leur peau devait être suffisamment blanche pour que leurs veines bleues soient visibles. Quelque part, on retrouve ici cette idée que l’excellence sociale doit passer par la race, par quelque chose qui a à voir avec une excellence corporelle, selon des critères précis. Après la Révolution, cette noblesse s’est transformée en bourgeoisie et en noblesse d’État. À son tour, cette bourgeoisie a constitué des dynasties familiales afin que les richesses et les privilèges demeurent toujours au sein des mêmes groupes de génération en génération. L’ordre de classes est ainsi reproduit.

Vous faites donc remonter la pensée d’extrême droite à l’Ancien Régime ?

Tout à fait. Dans notre petit livre Sociologie de la bourgeoisie, nous avions d’ailleurs consacré une page au Front national, dans laquelle nous relevions que de nombreux descendants de la noblesse d’Ancien Régime occupaient des postes de responsabilité du Front National.

Dans Les prédateurs au pouvoir, vous citez le pape François. Pensez-vous que le souverain pontife mérite le surnom de “pape décroissant” ?

Je ne sais pas si c’est une bonne façon de le nommer mais, à son arrivée, j’ai été saisie par sa façon de parler qui m’a semblé très en phase avec notre travail. J’ai été très surprise car je suis totalement athée. J’ai lu ses encycliques, et je trouve que c’est une personnalité tout à fait intéressante. En outre, son poste lui donne une place tellement importante au regard de l’humanité que je salue son travail et son courage.

« Peu nombreux mais très puissants, les prédateurs mènent une guerre contre les peuples. »

Vous mettez en garde contre les théories du complot. Que répondriez-vous à une personne qui vous reprocherait de vouloir construire une théorie du complot basée sur l’idée que les riches veulent détruire leurs semblables ?

Aujourd’hui, les oligarques que sont Macron, Fillon, Valls et les autres ont mis au point des mots-écrans qui empêchent de penser, comme “populisme”, “système” ou “théorie du complot”. On n’analyse plus la société en termes de rapports de classe, avec des actionnaires qui s’en mettent plein les poches et qui traitent les salariés et les chômeurs comme une variable d’ajustement. On va toujours vers le moins-disant social, on tape systématiquement sur les petits, qu’on considère comme des moins que rien qui ne méritent aucun égard. Si ça continue, bientôt, ça sera même zéro salaire ! Le peuple est clairement esclavagisé, déshumanisé à son insu. Bien entendu, on fait tout pour le lui cacher. Le Front national détient le discours ad hoc pour capter les voix des mécontents. Nous n’avons pas besoin de théorie du complot, puisque nos travaux sociologiques démontrent que nous sommes face à une classe puissante, mobilisée en tous lieux et à tout instant pour défendre ses intérêts. Cette classe sociale – au sens marxiste du terme – n’a même pas besoin de chef d’orchestre puisque chacun de ses membres défend les intérêts de sa classe.

Vous voulez dire que cela tient à l’éducation de la grande bourgeoisie ?

Exactement. Ce sont les rallyes pour les jeunes, les cercles pour les adultes, des instances informelles comme Bilderberg, des instances de coordination institutionnelle comme Davos… Nous sommes face à une classe sociale mobilisée qui ne complote pas mais qui défend ses intérêts. Il n’existe pas de trou noir ou de zone opaque. Tout ça est disponible sur Internet, dans les beaux quartiers. Il revient au peuple, aux intellectuels, aux journalistes et aux enseignants de faire le boulot ! En creusant, on se rend bien compte que tout cela est public, visible, mais tout le monde ne se lance pas dans cette “vigilance oligarchique”, comme on aime l’appeler. Au sein des classes populaires, on constate même une forme de timidité sociale extrême à s’en prendre aux puissants, une peur.

En 2016, vous avez donné une interview à L’Humanité dans laquelle vous racontiez qu’au moment de la sortie de votre livre Le président des riches, qui correspondait avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, vous avez été éjectés des réseaux grands-bourgeois qui vous avaient ouvert leurs portes. Que s’est-il passé à ce moment là ?

Quand nous sommes partis à la retraite en 2007, nous n’avions plus de devoir de réserve puisque nous n’étions plus au CNRS. Nous avons alors ouvert notre travail d’investigation sociologique aux champs politiques et économiques. Avant, nous travaillions plutôt sur les mœurs et le patrimoine, avec des travaux sur les modes de vie, la chasse à courre, la transmission. Ce furent des sujets très importants à traiter, car c’est en passant par ce type de questionnement moins critique et clivant que nous avons pu comprendre petit à petit le fonctionnement de cette classe. Nous avons donc publié Le président des riches à la retraite, et ça a eu un effet impressionnant. Sous Sarkozy, nous étions dans la transversalité totale de l’oligarchie. On a vu comment s’écrivaient les lois, comment les choix économiques s’inscrivaient unilatéralement en direction des intérêts des plus riches. À partir de ce moment là, les portes des beaux quartiers se sont fermées et on a même eu un contrôle fiscal. Aujourd’hui, on travaille autrement, avec l’aide de salariés sous anonymat ou de lanceurs d’alerte.

Vous parlez des mœurs de la grande bourgeoisie. Ces derniers ne sont-ils pas en train d’être réhabilités par Emmanuel Macron, avec son projet de relancer les chasses présidentielles et de donner un rôle politique plus important à la première dame de France ?

Après Sarkozy, c’est un cran de plus qui va être franchi, assurément. Macron s’est présenté à une élection présidentielle sans jamais avoir été élu, quasiment en vertu du droit divin. Il gouvernera grâce aux ordonnances, au cynisme et aidé par la technocratie et la bureaucratie européennes. L’Union européenne s’est en effet construite à coup de normes, de directives, en ostracisant autant que faire se peut les référendums. Un président qui se dit ni de droite, ni de gauche et qui brouille les cartes entre privé et public, dans ce cadre là, ne peut qu’effectuer la synthèse des intérêts de l’oligarchie. Le fait qu’il soit arrivé en tête du premier tour et se montre maladroit et indécent sans s’excuser témoigne de son absence totale de culpabilité. Dans la tête de Macron, tout est parfaitement normal : arrivé au-dessus de tout, il a même le culot de déclarer que la suppression de l’ISF est une mesure de gauche !

« Le déficit est construit comme une arme pour asservir les peuples : il n’a pas pour vocation à être remboursé. »

C’est un fait incontestable : les riches n’aiment pas l’impôt. Par contre, ils adorent jouer les philanthropes, s’illustrer par des dons, se bâtir une légende dorée, comme Bernard Arnault le fait avec ses musées. Selon vous, ont-ils pour projet de remplacer les services publics dans leur mission culturelle ?

Ce n’est pas que les riches n’aiment pas l’impôt, ça va plus loin : ils le refusent. Ils refusent de contribuer aux solidarités nationales. En ne payant pas leurs impôts, ils provoquent un déficit de 80 milliards d’euros dans les caisses de Bercy. Si les riches payaient à la hauteur de leur fortune, il n’y aurait plus de déficit public. Il faut réaffirmer que le déficit n’est pas quelque chose de naturel qui aurait vocation à être remboursé par les peuples. Le déficit est construit comme une arme pour asservir les peuples : il n’a pas pour vocation à être remboursé.

Les riches ne sont pas solidaires, mais ils ont besoin, de temps en temps, de légitimer leur violence de classe avec des œuvres dites caritatives ou philanthropiques, du mécénat. Ce que de nombreux représentants du peuple ignorent, c’est qu’il s’agit encore une fois d’une arme supplémentaire qui permet de piocher dans les caisses de l’État, puisque le mécénat est défiscalisé à 66 %. La fondation Louis Vuitton, par exemple, a été payée en partie par l’argent du peuple français. Son propriétaire Bernard Arnault a de surcroît bénéficié de complicités de la mairie de Paris qui lui a permis d’installer sa fondation dans le bois de Boulogne, qui est un domaine public.

Les riches possèdent tout, on pourrait ainsi imaginer qu’ils sont heureux. Pour autant, ne peut-on pas les imaginer malheureux, à l’instar des personnages du roman Les visages pâles de Solange Bied-Charreton ? Les malheurs de la grande bourgeoisie, est-ce une piste d’étude que vous avez déjà arpentée ?

Les riches n’échappent pas aux drames et aux catastrophes humaines. Ils sont sujets aux accidents, aux maladies, ou encore au suicide. Cependant, notre approche de sociologues nous oblige à dire que la plupart des membres de ce groupe social sont parfaitement heureux. C’est très vite expliqué par le fait qu’ils naissent dans les beaux quartiers, jouissent d’une éducation spécifique, demeurent entre eux, avec le miroir de leurs semblables, sans jamais être confrontés à l’autre dissemblable, sauf éventuellement dans la situation du personnel domestique, qui renforce le sentiment de supériorité. Chaque individu de cette classe sociale vit dans un sentiment d’immunité psychologique : la culpabilité, la mauvaise conscience n’existent pas. En tant que classe, ils se sentent impunis : on l’a encore très bien vu avec François Fillon qui a maintenu sa candidature aux présidentielles malgré ses casseroles.

Leur vie est faite d’entre-soi, les riches rencontrent les conditions de la pratique pour épanouir leur habitus, leur condition de dominants. Ils ne connaissent pas la frustration, ni le travail de deuil. Disons que le système de dispositions qui leur est donné à la naissance les amène plutôt à s’épanouir, à pouvoir faire ce pour quoi ils ont été constitués. Sociologiquement parlant, ce sont des gens sans problèmes. D’ailleurs, jusqu’à notre livre Le président des riches, les retours sur notre travail de la part de la grande bourgeoisie étaient positifs. Ces personnes se rendaient compte que Pierre Bourdieu, qu’ils prenaient pour un affreux gauchiste, avait développé une théorie qui fonctionnait parfaitement sur leur classe. Ils ont apprécié nos premiers travaux en nous disant qu’ils correspondaient à la réalité. Ils ont reconnu que le système théorique de Pierre Bourdieu avait permis de théoriser leur sens pratique. Dans notre premier livre sorti en 1989, nous avions garanti l’anonymat à un certain nombre de personnes que nous avions côtoyé dans les beaux quartiers : nous avions remplacé leurs noms par des titres de noblesse de branches éteintes. Nous avons été appelé par un membre du Jockey Club qui nous a dit que notre livre était formidable mais nous a reproché de les avoir affublé, lui et ses amis, d’affreux patronymes. Ils validaient tout, jusqu’à la question de la ségrégation spatiale, mais ils voulaient voir apparaître dans le livre leurs patronymes familiaux, capital symbolique auquel ils tiennent !

Nos Desserts:

38 réponses »

  1. Oui, quand je clique sur le lien : « MACRON est le symbole de l’oligarchie » mes navigateurs me renvoient : « Erreur 404, page introuvable ». Mais l’article en question ne serait-il pas plutôt celui intitulé: « Nous sommes face à …. »

  2. Courte lecture d’une analyse impeccable dont la seule faille est de ne pas dire que le mépris des riches pour ceux qui ne le sont pas est tel que leur cynisme et les moyens d’automatiser le contrôle individuel dont ils disposent aujourd’hui nous destine à un servage sans retour possible.

  3. Bonjour,
    Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt l’article ci-dessus. J’approuve, depuis maintenant bien longtemps, les propos de Madame Monique Pinçon-Charlot et bien entendu de son époux Michel. Elle dénonce à juste titre la concentration des richesses nationales, mais aussi mondiales, dans les mains d’un petit nombre. Cette oligarchie a même créé des instruments financiers spéculatifs très puissants (avec l’aide de grands mathématiciens : Black-Scholes…) qui lui permettent d’accentuer cette concentration de la fortune entre les mains de quelques-uns sans réelle relation avec l’économie, la production. On peut ici, par exemple, penser à l’introduction du MONEP en 1987 à la bourse de Paris ou encore aux options binaires…Tous les risques liés à ces dérives sont très bien expliqués dans le livre « L’argent sans foi ni loi » de ces sociologues.
    Je pense donc qu’il est bon de les dénoncer comme ils le font et comme va très certainement continuer à le faire Mme Pinçon-Charlot lors de sa campagne des législatives. Ceci étant, j’y réfléchis depuis une trentaine d’années maintenant et je crois avoir une idée sur la façon de retourner la spéculation financière contre ceux qui aujourd’hui l’utilisent sans scrupule à l’encontre des « petits » qui bien entendu doivent y avoir un avantage.
    J’aimerais donc en faire part à Mme Pinçon-Charlot avant sa campagne électorale mais je ne sais comment la contacter, lui écrire. Merci par avance de m’aider en ce sens.

    • Je vous remercie pour ces messages qui m’apprennent beaucoup. Ma candidature dans les Hauts-de-Seine est soutenue par un collectif qui est totalement ouvert. Vous pouvez y participer en adressant un message à cette adresse : moniqueetsylvielegislative2017@gmail.com. Vos contributions seront publiées sur le site de campagne afin de nourrir notre réflexion collective.

      Avec ma suppléante Sylvie Boxberger, nous serons le 23 mai, à 20 h, à Bourg-la-Reine, salle de l’Agoreine (63 bis, boulevard du Maréchal-Joffre) pour une réunion publique d’échanges.

      Avec tous mes remerciements pour vos soutiens si précieux. J’en ai besoin ! Amicalement, Monique Pinçon-Charlot

  4. curieux de montrer de manière diabolique l’instauration de la proportionnelle en 1986 alors que Mélenchon (que soutient ardemment l’auteur) le prône …et puis, parler de la Rotonde est-ce vraiment une pensée intellectuelle ? enfin, conceptualiser « l’oligarchie » comme une vrai organisation souterraine, n’est-ce pas déjà faire le jeu des « complotistes » ? j’aurais aimé plus de discernement dans l’analyse du phénomène Macron, l’auteur n’arrête pas de parler de mépris du peuple mais n’est-ce pas aussi du mépris du peuple que nier que ce dernier a voter Macron aussi avec son intelligence ! on a un peu l’impression de revenir à la pensée soviétique du XXème siècle du monde occidental !

    • Tiré de l’interview, pour répondre à Geber :  » Nous n’avons pas besoin de théorie du complot, puisque nos travaux sociologiques démontrent que nous sommes face à une classe puissante, mobilisée en tous lieux et à tout instant pour défendre ses intérêts ». Par ailleurs, il faut être prudent avec le mot « complot » employé aujourd’hui comme une qualification de pathologie mentale. Il y eut nombre de complots dans l’Histoire et je ne vois pas pourquoi notre époque en serait préservée.

      • Je ne saurais mieux dire. Car si pas complot stricto sensu, dans notre espèce, dès qu’on est plus de deux se forment vite les alliances contre un ou les autres. Alors quand les intérêts de si peu sont aussi convergents et opposés à ceux de tous les autres, sans même rappeler les nombreuses organisations dont l’accès est réservées aux seuls richissimes et leurs assujettis… CQFD

  5. M’enfin, Madame! Quelle ingratitude! Comment peut-on ignorer à ce point la souffrance des riches! Eux qui ont donné leur vie à s’inquiéter des pauvres, à leur donner du travail, à les faire vivre, quoi. Bolloré, entre autres, est même parvenu à donner du travail aux jeunes enfants, leur évitant ainsi une mort immédiate. Une telle générosité ne peut que mériter le respect. C’est ce que j’ai fait dans le blog « Immondialisation: peuples en solde! », où un intertitre d’un texte l’annonce clairement: « Pauvres, soyez humains, respectez le sommeil des riches ». Eux qui passent chaque seconde de leur vie –et même chaque microseconde grâce à l’informatique– à scruter méticuleusement la marche du monde par les mouvements financiers, les variations d’actions, les spéculations, les changements politiques, les guerres, etc, etc…
    Oui, pauvres, soyez humains, respectez les souffrances des actionnaires.
    Je vais toutefois ajouter cette remarque, partagée peut-être par quelques autres homo sapiens: celui qui ne vit que dans le but de s’enrichir n’est qu’un pauvre type…mais il est certainement incapable de le concevoir.

  6. Merci beaucoup pour cette analyse fine et sans caricature exagérée. Je suis un peu plus réservé sur les questions, qui versent, elles, dans le grotesque: « Les riches veulent détruire leurs semblables ». Comment donc? Jamais de la vie! Et qui irait leur cirer les pompes??? On peut dire que les riches veulent asservir leurs semblables, mais certainement pas les détruire, il n’y a plus de riches sans pauvres.

    • A Lulu « e suis un peu plus réservé sur les questions, qui versent, elles, dans le grotesque: « Les riches veulent détruire leurs semblables ». Comment donc? Jamais de la vie! Et qui irait leur cirer les pompes??? On peut dire que les riches veulent asservir leurs semblables, mais certainement pas les détruire, il n’y a plus de riches sans pauvres ».

      Une voiturette de golf, (cf Oxfam) est aussi riche que la moitié la plus pauvre de l’humanité, 64 personnes plus riches que la moitié la plus riche, 1 % détient 99 %… les pauvres, encombrent, les polluent des riches si riches qu’ils ne sont pas prêt de manquer de juste un peu moins riches qu’eux pour les leur cirer, les pompes ! Et c’est peu dire qu’ils en s’en privent pas. Fréquentez les, ne serait ce qu’une journée, et vous n’aurez plus d’illusion sur la chiure de mouche que vous êtes à la majorité* d’entre eux.

      * Car, non je ne pense pas que tous sont à mettre dans le même panier de crabe. Je fonde même tous mes espoirs de préservation de nos libertés sur la capacité de convaincre les plus éclairés d’entre eux pour aider à convaincre les autres qu’eux aussi, vivront mieux dans un monde plus équitable et respectueux de tous et du bien commun.

  7. A vous lire et regarder vos vidéos depuis longtemps, j’ai appris beaucoup de choses et j’ai beaucoup d’admiration pour vous deux. Mais cet article me laisse un goût amer. Je pense que si vous êtes tournés vers les riches et nous faites découvrir tous leurs travers, vous ne l’êtes sans doute pas assez vers le peuple car vous semblez ne pas suffisamment vous intéresser aux dires et surtout aux actes de ceux qui, vraiment, le défend. Oui, vous dites une phrase qui m’a choquée au point que j’ai eu du mal à poursuivre votre texte jusqu’au bout, triste de l’entendre de votre bouche :  » Si Mélenchon avait joué le jeu de la dynamique du Front de gauche et accepté qu’on l’ouvre à d’autres forces, des associations ou des individus, au lieu de créer La France insoumise, faisant cavalier seul, nous aurions été présents au second tour » !!!! Je pense qu’au lieu de partir dans une grande explication contestataire, le mieux est de mettre en lien, l’explication donnée par « ce Mélenchon » que vous semblez, au fond de vous, bien détester ! : http://melenchon.fr/2016/10/25/melenchon-parti-seul-a-presidentielle-de-lamnesie-collective/ Je vous en souhaite bonne lecture !

    • Madame Pinçon-Charlot, Mme Riou vous indique que vous avez douté de la ligne impeccable fixée par notre grand timonier, lumières des temps et phare de la civilisation. A tout le moins, vous devriez donc entamer votre séquence d’autocritique immédiatement, sinon, c’est la Kolyma, sans appel. Non mais sans blague!

      • Chère Lulu, quel sarcasme ! Je ne suis pas le grand timonier, et je trouve intéressant de se demander pourquoi la division de la gauche est toujours mise sur le dos de Mélenchon. Ce n’est pas une évidence ni un petit problème. J’aimerais bien moi aussi que Madame Pinçon-Charlot justifie ou explique sa déclaration.

      • « pourquoi le division de la gauche… »

        A en juger, après sa constante stratégie de « seul contre tous », puis par sa « gestion » de l’échec (et de la colère catastrophiquement démontrée par son message qualifiant les communistes de manière… inqualifiable*), son parachutage là où il se croit assuré de l’emporter au dépend de là où il serait le plus utile, et maintenant, le fait qu’il mette un candidat contre elle, il commence à être assez riche de motifs de lui prêter quelque responsabilité en matière de division. A tel point qu’après avoir tant investi en lecture, écoute et visionnage pour modifier les préjugés nés de ma première impression, me mets à me demander si j’ai eu raison de douter que « La première impression est la meilleure, surtout si elle est mauvaise ».

        * Car même si les termes qu’ils emploient décrivent, hélas, assez justement la réalité de l’histoire du mouvement communiste mondial, traiter en ses termes des militants français dont je ne partage, certes pas, les illusions nées de la croyance de Marx en la possibilité de retour au paradis au mépris de l’éthologie d’une espèce, qui n’est pacifique que sous conditions de retour à l’abondance des premiers temps, comment ne pas juger bien pire qu’une faute un ÉCRIT qui manifeste un tel mépris à l’égard de gens qui se sont mobilisés pour lui souvent à leur… cœur défendant (et rappelle trop ce que furent tant de leurs dirigeants qui leur ont fait connaître goulag et autres « Révolution culturelle ») ?

  8. Merci pour cette analyse. Je vous encourage à continuer.
    Le partage des richesses, un problème vieux comme le monde…
    Comme dit François Ruffin, ils ont l’argent
    , nous, on a les gens.
    J’ajouterai, avec des gens comme vous, restons confiant 😉

    • Vieux comme le monde… voire ! Mais comme le néolithique qui signe l’accaparement des terres par les brutes et la sortie du paradis égalitaire des chasseur-cueilleur, certes.

      Mais ce qui n’est pas vieux du tout et au contraire, entièrement nouveau c’est que cette fois les dominants ont les moyens de ne PLUS JAMAIS perdre leur dominance. Car la technologie rend applicable un appareil législatif qui n’a jamais pu l’être entièrement dans le passé (si la Résistance, réduite à rien au moment du débarquement, a tout de même réussi à survivre quelques années dans le maquis c’est qu’il n’y avait ni fichier TES, ni reconnaissance anthropométrique, ni détecteur infrarouge… Aujourd’hui, il suffit d’un décret rendant obligatoire le port de téléphone pour que la totalité de la population soit traçable en permanence en ajoutant simplement des détecteur de présence dans les lampadaires pour faire converger les voitures de police toutes sirènes hurlantes vers celui qui n’aurait pas respecter ledit décret. Et, pour le cas fort improbable où il serait parvenu à se dissimuler hors zone urbaine, d’en confier la traque par drones équipé de caméra infrarouge.

      Alors n’ayez aucune illusion, ceux qui alertent ne servent à rien. Des années maintenant que je m’y efforce (et bien avant moi Kafka, Orwell, Huxley, Kubrick… qui n’ont eu que le tort de voir leur cauchemar supplanté par notre réalité technologique). Et de constater que ce raisonnement que comprend toute caissière de super-marché qui se sait bientôt remplacée par les puces RFID bientôt apposées sur le moindre paquet de nouilles (et sous la peau des bébés à la naissance pour qu’ils soient tout aussi traçables que les petits veaux), ce raisonnement d’évidence, pas un politique, pas un de ceux qui se posent en défenseurs de nos libertés, même les plus à gauche, AUCUN n’a jamais réagi à un de mes posts sur le sujet. Et, en face à face m’écoutent en dodelinant ploiement de la tête comme il sied pour ne pas contrarier un grand malade. Et, alors qu’encore personne n’a réussi à répondre à : Citez moi UN exemple dans l’histoire où des dominants se sont privés de recourir à un instrument de puissance à leur portée par souci du bien être des dominés.

      Le désespérant est que seule la mobilisation de tous peut nous sauver alors que personne ne veut se lever. Pire, l’atavique besoin de soumission du plus grand nombre semble de plus en plus prégnant. Regardez ces jours ci, depuis l’élection du nouveau César, les JT se répandre en images de tous ceux qui en parlent comme du messie. Pour ne pas parler de celles, au bord de la pâmoison, dont les gloussements relèvent de la fascination amoureuses. Ni, plus quotidiennement de tous les « Voici » et autres support d’entretien de la fascination des masses pour les dominants.

      Ni Dieu ni maitre !

      • Beaucoup de vrai là-dedans. La technologie supporte un Etat qui a les moyens de l’ubiquité maintenant. Mieux elle le propulse, car elle tend à se vendre, et lier les mains des Etats, la technologie de profit.
        Sans dire que tous les lanceurs d’alerte ne servent à rien – il changent peu à peu l’opinion publique, les consciences, à mon avis – il est patent que la démocratie s’effondre de plus en plus sous les coups combinés de l’argent et de la technologie.

  9. D’accord, d’accord; d’accord mais… « le PCF a exigé de Jean-Luc Mélenchon qu’il vienne dans le cadre commun avec le PS. Il a toujours refusé.  »

    Alors on sait ses raisons, et on peut les comprendre. Mais il n’empêche qu’autant que Hamon qui s’est déshonoré en ne se retirant pas à son profit, lui porte la responsabilité d’avoir joué perso. Et SURTOUT de l’avoir mal joué par une stratégie de campagne qui a longtemps relevé de l’impulsion. Et qui si elle a attiré les plus jeunes, ou rebelles d’entre nous, a d’autant plus découragé le reste du peuple de gauche que son programme était truffé d’incohérences et promesse de « demain on rase gratis » qui ont été trop souvent servies pour que les gens raisonnables y accordent crédit. Et crédibilité à qui les émet. Alors si on ajoute à ça, à côté de tactiques franchement sioux (YouTube, hologramme…) de s’être privé de l’adaptation aux outils d’aujourd’hui des bonnes vieilles recettes du marketing de Papa (pourtant offertes sur un plateau*) qui auraient plus que probablement suffit à apporter les quelques centaines de milliers de voix qui lui ont manquées, comment ne pas lui reprocher un échec qu’il a, en sus, tellement mal géré, qu’il a largement compromis les législatives.

    * Défaillance certes plus imputable à son directeur de campagne qu’à lui-même. Mais en avoir confié toute la responsabilité à un youtubeur certes sympathique et manifestement compétent en tant que tel, mais tout aussi manifestement dépourvu de la connaissances des vieilles recettes, est bien sa seule responsabilité. Surtout alors qu’invitant à la participation de tous, il ne s’est manifestement pas donné pas les moyens de faire remonter jusqu’à lui les apporteur des compétences les plus nécessaires (je le constate encore aujourd’hui s’agissant des législatives).

    PS : si vous êtes de ceux qui ont son oreille, n’hésitez pas à faire suivre, car si meurtri que je sois d’une telle accumulation d’erreurs, je suis encore prêt à mouiller ma chemise.

  10. Plutot d’accord avec l’ensemble. Sauf que contrairement à mme Charlot je ne pense pas que le front de gauche aurait été au second tour.
    Le front de gauche c’est une alliance de micro-parti qui a déja échoué et dont la base en a EU MARRE clairement. Avec une couche entre la base et le front de gauche qui était cet ensemble de micro-parti ça a créé une distance et une complexité dans le discours.

    Mélenchon a bien fait de revenir à un rapport simple et direct, proche de la démocratie direct (car les gens ont construit son programme) et de fuir à tout prix ces accords d’appareils. Et ça a marché, ça permet de donner plus de force au mouvement.

    Donc sur ce point je ne suis pas d’accord. La base en a marre des embrouilles de micro partis, elle veut dialoguer directement avec le haut. Et la france insoumise permet ça, le front de gauche non.

    •  » je ne pense pas que le front de gauche aurait été au second tour. »

      Allons donc ! Regardez le peu de voix qui lui a manqué. Si, malgré tout ce qu’il a réussi, à commencer par ce que vous décrivez, et qui est l’ESSENTIEL, ce n’est que pour les raisons que j’ai évoquées plus haut. Et notamment celle, prosaïquement technique, sans laquelle il l’aurait très certainement emporté, tant les quelques centaines de milliers de voix manquantes sont peu de chose en comparaison des écarts de rendement qu’on constate, en matière commerciale, entre une campagne ratée et réussie. Souvent du simple au double et bien plus encore.

      Or, en l’occurrence, le seul fait d’user à temps des techniques qui auraient permis d’apaiser les anxiété de ceux (dont j’étais) pour qui sympathie castriste et autre agression de journaliste stagiaire ont longtemps été rédhibitoire, aurait largement suffit. Songez que l’écart de 600 000 voix avec Le Pen représente moins de 2 %. de « rendement » (par rapport aux suffrages exprimés).

      Alors, certes un corps électoral n’est pas panel de consommateurs. Mais 2 % (1,7 en fait) c’est infime. Et en fait il aurait fallu moins de cela car une opération « à l’ancienne » comme nous sommes quelques un à savoir faire aurait eu pour objectif de procurer matière à réflexion autant aux révulsés de gauche que frontistes, en large part d’anciens communistes ou gauchistes qui ont viré de bord pour s’être écœuré de trop de sentiment de trahison. Bref il y avait au moins autant à mordre sur cet électorat que sur celui de Hamon. Donc peu d’écart à refaire.300 000 voix, soit moins de 1 % des votes exprimés, prises au FN suffisait pour l’emporter.

      D’autant plus rageant que le coût d’une opération de marketing viral par sms est quasi nul. Et si bien fait… redoutable. Et plus encore si doublée et, ô combien renforcée par son équivalent en porte à porte. D’autant que d’une précision chirurgicale elle ne se limite pas à convaincre les hésitants, elle peut mobiliser ceux qui ont renoncé à voter, limiter les votes blancs. Car elle permet de franchir la barrière de rejet du « blabla politique » des revenus de tout et convaincus du « tous pourris ». Une question posée par un proche, sans appel de réponse, donc pleinement respectueuse du fruit de la réflexion personnelle qu’elle ne sert qu’à initier, est de bien plus d’effet que les injonctions et incantations de podium. Certes indispensable pour médiatiser et donc légitimer, mais au risque d’y perdre en crédibilité en cas de dérapage, tel Macron s’y cassant la voix, mais sans grand inconvénient parce que servi par le travail de fond, invisible, de son « équipe big data ». Qui, soit dit en passant, n’a fait que reproduire ce qu’avait fait les équipes d’Obama, lui aussi homme de l’impossible.

      D’autant plus rageant que Mélenchon ait fait l’impasse sur cette approche, qu’il a su si bien innover par ailleurs. Puis-je me consoler en me disant que s’il a fait de telles erreurs de stratégie, il manque de la vista dont le pays à tant besoin ? Espérer que Macron, auquel il faut reconnaitre une volonté de changer les règles du jeu européen par conviction de l’urgence de ne plus les laisser alimenter l’extrémisme, fasse au moins en partie, ce que j’attendais de Mélenchon ?

      C’est peu dire que j’ai du mal !

  11. Madame, Vous êtes, pour une canadienne peu branchée sur la réalité de la France, une lumière exceptionnelle. Je viens de découvrir grâce à vous la face cachée de la classe des richissimes à particules…Quelle révélation! Je vous suis désormais avec curiosité et impatience. La Présidentielle, vue à travers vos yeux critiques, n’est que le début de ce nouvel et grave éclairage sur l’état de ma mère patrie et du monde.

    Merci,
    Claire Faubert
    Professeure retraitée
    Département de théâtre
    Université d’Ottawa

    • Votre raisonnement a une faille énorme. Vous dites durant tout votre raisonnement « il ne lui manquais que ». Sauf qu’en faisant ça vous faites la supposition qu’allié en tant que front de gauche il aurait déja été AUSSI LOIN.
      Ce qui n’aurait pas été le cas, les jeunes dont je fais partie en avaient marre des carabistouilles des micro partis en politique et ils n’auraient tout simplement pas eu plus de voix qu’en 2012. La seule et unique raison pour laquelle il y a eu adhesion c’est la clarté et la non ambiguité du programme ce qui aurait été IMPOSSIBLE avec le front de gauche et la masse de micro parti qui defendent des points de vue opposé sur des questions clés.

      Donc non avec le Front de Gauche ce n’est pas qu’une histoire d’addition, il faut voir de façon plus large. Mais de ce qu’il n’aurait pas pu faire en étant lié à pleins de micro parti non adherent au programme. Et ça ça lui aurait fait perdre quasiement toute la jeunesse , les abstentionniste, Sans parler de la marge d’electeurs détourné du FN.
      Avec le front de gauche il aurait fait le meme score qu’en 2012.

      • « Votre raisonnement a une faille énorme. Vous dites durant tout votre raisonnement « il ne lui manquais que ». Sauf qu’en faisant ça vous faites la supposition qu’allié en tant que front de gauche il aurait déja été AUSSI LOIN. »

        Vous avez raison. J’ai lu trop vite et répondu non dans l’hypothèse Front de Gauche mais à partir de la réalité France Insoumise. Et je tend à partager vos doute quant à ses chances de faire aussi bien avec le FdG. Car le mouvement France insoumise a effectivement bien mieux répondu aux espoirs des « écœurés », jeunes en tête (même que pour ça que j’y ai cru).

        Cela dit, je maintiens évidemment mon analyse des probables raisons de l’échec de la belle vague d’enthousiasme et d’intelligence qu’a été la France Insoumise à laquelle n’a manqué que d’éviter de lourdes erreurs, le mauvais caractère de son leader (et sa gourmandise à le mettre en scène), ET la dose de technicité qu’a su s’offrir Macron et qui lui a permis de l’emporter malgré des handicaps autrement plus lourds (jeunesse, aucun mandat électif, Rothschild, passif ministériel…*).

        * Ce qu’aucun commentateur ne semble relever, alors que tous s’émerveillent, présentant sa réussite comme relevant du quasi miracle justifiant la débauche de ferveur religieuse dont on nous abreuve à longueur de JT et dont on se surprend qu’elle n’aille pas jusqu’à prétendre au pouvoir de guérison des écrouelles ! Alors qu’il ne s’agit que de la mise en œuvre d’une stratégie murement et intelligemment conçue pour parvenir presque à coup sûr à la présidence en… Z022. Seul la disqualification de Fillon et toutes les maladresses accumulées à droite et à gauche ont été les facteurs chance qui lui ont permis de gagner cinq ans. D’où ma FORTE conviction que doté des mêmes outils et savoir-faire, Mélenchon, l’emportait haut la main.

      • Honnetement je ne suis pas certains qu’il aurait pu faire mieux. La puissance du controle des medias est juste immense et fascinante. Si vous regardez les courbes d’intentions de votes, la progression est exponentielle et elle s’arrete net pour retomber quand les medias commencent le fameux « Melenchon-bashing ». Tout est là.
        En gros ils ont un grand nombre de boutons tournant à leur disposition et je suis certains qu’ils n’ont pas exploités toute leur possibilités. Au pire du pire ils peuvent encore :

        – inventer un scandale sexuel (méthode DSK, mais rien n’interdit de l’inventer de toute pièce, même si c’est faux ça suffit pour semer le doute une semaine)
        – Ressortir les vieux dossier sur toutes les unes
        – Truquer les votes (qui sait si ils ne l’ont pas fait d’ailleurs, impossible à verifier en l’état)
        – Utiliser la méthodes « Joe Cox », « oups, le meilleur ami de macron se fait tuer par un sale anarcho-gauche, bouhhh, regardez comme ce sont des extremistes sur toutes les chaines pendant des plombes » . Pas si improbable …
        etc etc …

        Evidemment à la fin ils peuvent le butter, méthodes Jaures/JFK.

        Voyez vous, je suis donc bien plus pessimistes. Je suis convaincu qu’ils ne l’auraient pas laissé passé quoiqu’il en soit, l’extreme gauche est bien trop dangereuse pour les interets des puissants, et ceux ci ne sont pas à une action immorale prés.

        Et avant de dire que tout ceci est parano, n’oubliez pas qu’on parle de gens qui mentent effrontement pour s’embarquer dans des guerre qui font des milliers et des milliers de morts (Irak : 1 Millions) . Truquer un vote ou assassiner quelqu’un a coté de ça … c’est une broutille .

    • « n’est que le début de ce nouvel et grave éclairage sur l’état de ma mère patrie et du monde. »

      Voyez les chiffres de répartition des richesses que je rappelle plus haut (et pour plus de détail allez sur le site d’Oxfam) et vous n’aurez plus de doute. Les riches sont le malheur du monde. Pas parce que plus mauvais que vous et moi par essence (encore que les valeurs de domination en lieu et place de coopération qu’ils se transmettent de génération en génération…) mais parce que toute concentration de pouvoir est néfaste en elle-même (« le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument »).

      Néfaste pour les dominés, les écartés du festin mais contraint d’y pourvoir par ce dont on les prive (salaires, diplômes, santé, protection sociale….) bien sûr. Mais aussi pour l’espèce tout entière dont cette course à toujours plus de profits au mépris des ressources, détruit l’écosystème. Et avant cela, les libertés fondamentales (cf posts précédents).

      Ce qui est d’autant plus désespérant que seule cette compétition entre riches à qui aura le plus gros tas est le seul empêchement à initier les changements qui résoudraient des problèmes auxquels nous avons depuis peu les solutions : réchauffement climatique par technique culturale adaptées, émission de carbone par réduction de consommation énergétique (isolation) et passage à l’hydrogène produit à partir de centrales solaire ou éolienne, satisfaction des besoins alimentaire par recyclage des déjections, etc, etc.

      Ce qui ne nécessite « que » de changer de modèle économique pour qui, au service de tous, cesse de l’être pour quelques uns seulement.

  12. Des qualités de sociologue c’est certain, mais d’analyste politique on peut en douter vu le simplisme avec lequel la France Insoumise est considérée au regard du Front de Gauche. Décevant. D’une personne aussi perspicace on aurait au minimum attendu qu’elle sache que le Front de Gauche n’existe plus en tant qu’organisation depuis au moins 3 ans. Alors question dynamisme …
    Reste à voir si Mme Pinçon-Charlot nous fera la démonstration avec sa théorie du rassemblement on (elle) atteint un score qui aurait amené Mélenchon au 2ème tour.

  13. je lis : »Le Front national détient le discours ad hoc pour capter les voix des mécontents »
    Ce système de captation des mécontents est symétrique, un à droite (FN) et un à gauche (FI).
    C’est une mécanique rôdée permettant, au second tour, de ramener leurs voix à celui des deux principaux partis arrivant au second tour.
    Les déclarations contradictoires aux gestes de Mr Mélanchon (vote pour les OGM, refus de quitter l’UE par ex.) montrent une totale collusion de ce monsieur qui alimente cette mécanique oligarchique depuis des décennies.

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