Société

Erich Fromm : l’art d’aimer contre la société marchande

L’art d’aimer peut sembler antinomique. Étalages de librairie débordant de manuels de développement personnel, eux-mêmes dégoulinant de psychologisme, experts en amour et en vie de couple prépondérants dans une société atomisée, mieux vaut ne pas en rajouter. Par ailleurs, la société de consommation a déformé le romantisme au point d’en faire un argument publicitaire : le capitalisme pulsionnel (Stiegler), libéral-libertaire (Clouscard) ou libidinal (Dufour) a ainsi érigé en impératif la jouissance immédiate et la libération des pulsions au même moment où le progrès technologique a permis d’accroître la rationalisation des relations humaines comme la concurrence entre les hommes et les femmes. Ne nous y trompons pas cependant. Il ne s’agit pas ici d’art mais bien de technique au sens le plus mécanique du terme. Face à cela, Erich Fromm (1900-1980), psychanalyste membre de l’école de Francfort, oppose ce qu’il appelle l’art d’aimer (« art of loving »).

La psychologie est à la mode. Tout le monde parle psychologie. Le vocabulaire psychologique (voir le succès phénoménal du concept de pervers narcissique) est même entré dans le langage commun au travers de revues à distribution de masse comme Psychologie Magazine, ou de talk-shows de type C mon choix – où le présentateur est généralement épaulé d’un psychologue. Tout le monde semble être aujourd’hui psy d’une manière ou d’une autre. Cependant, comme le rappelait récemment Emmanuel Todd pour Le Média, cette psychologisation à outrance entre en parfaite adéquation avec une certaine forme d’individualisme narcissique promu par le néolibéralisme. Si nous ne parlons plus que de psychologie, c’est qu’il n’y a plus que des relations inter-individuelles, voire pour les plus libéraux, un rapport égocentré de soi à soi – il faut se “responsabiliser” et “arrêter de se plaindre” quand on vit un licenciement, et une simple visite au psy suffira à résoudre les problèmes de burn-outbore-out ou brown-out. Exit l’altérité, les structures sociales, l’imaginaire collectif : il n’y a que des individus, la société n’existe pas.

Des “débuts” au sein de l’école de Francfort

Pourtant, cette survalorisation d’une certaine forme de psychologie vulgarisée a surtout permis d’oublier le projet de tout un courant qui jouissait d’une très forte popularité dans les années 1960-70 : le freudo-marxisme, dont de nombreux représentants étaient issus de la prestigieuse école de Francfort. Herbert Marcuse, Wilhelm Reich, Theodor Adorno, Max Horkheimer, Jürgen Habermas, autant de noms qui ont marqué le XXe siècle et Mai 68, et qui ont participé à l’une des entreprises intellectuelles les plus fécondes du siècle passé. L’école de Francfort, dont les membres ont été marqués dans la chair par l’avènement du fascisme italien ou hitlérien, a ainsi cherché à proposer de nouveaux paradigmes dans les rapports entre individu et collectif, dans le cadre d’une critique culturelle du capitalisme qui se voulait à la fois distante du modèle libéral américain et du communisme bureaucratique des pays de l’Est.

« L’amour est un art, tout comme vivre est un art ; si nous voulons apprendre comment aimer, nous devons procéder de la même manière que pour apprendre n’importe quel autre art, à savoir la musique, la peinture, la charpenterie, ou l’art de la médecine ou de la mécanique. » (Erich Fromm, L’Art d’aimer)

Ils furent des pionniers, avec la “Théorie critique”, de la remise en question du consumérisme, de la culture de masse industrielle, de la bureaucratie, des personnalités fascistes et bien d’autres phénomènes produits par la modernité. Inspirée par la psychanalyse freudienne – qu’elle cherchait à réviser voire à dépasser –, la phénoménologie et un marxisme hétérodoxe, la théorie critique visait à lier révolution de l’individu et transformation sociale. En somme : loin des prêches contemporains pour motiver les individus à “se prendre en main” pour “réussir dans la vie”, “positiver” et “arrêter de se morfondre sur soi”, l’analyse de la psyché ne servait pas de substitut à une analyse plus large de la société, mais bien de complément. Pensée individuelle, rapports entre les individus, influence des structures devaient être analysés ensemble et non au détriment de l’un ou l’autre angle. Et vouloir se changer soi ne devait pas pousser à se replier sur son égoïsme ou ses intérêts personnels, mais bien au contraire à s’ouvrir au collectif et favoriser une transformation sociale, étant entendu qu’on ne saurait s’épanouir individuellement dans une société où règnent l’aliénation, la domination, les inégalités ou le totalitarisme d’État. Pour cette raison, ses membres étaient généralement issus de ce que l’on pourrait appeler la gauche antitotalitaire : socio-démocrates ou communistes anti-staliniens, notamment.

école de Francfort

Max Horkheimer et Theodor Adorno au premier plan

Parmi les membres de ce mouvement, Erich Fromm, né à Francfort, tient une place particulière. Co-fondateur, figure importante et auteur à succès, l’histoire a conduit à sa marginalisation au sein de ce courant de pensée, puis son oubli. Formé à la philosophie, la sociologie et à la psychanalyse, marqué par les écrits du jeune Marx, Erich Fromm a eu le mérite de critiquer certains aspects des plus condamnables dans l’œuvre de Freud, notamment eu égard à sa misogynie patriarcale. Il fut ainsi un précurseur en des temps où Freud était pour beaucoup une idole inattaquable, rappelant des vérités aujourd’hui communément admises, à savoir qu’il existe une sexualité féminine, que la libido n’est pas d’essence mâle, et que dès lors, contrairement à ce qu’il expliquait, la femme n’est pas un “homme châtré” cherchant à compenser l’absence d’un pénis. Il a aussi connu un succès populaire fort rare parmi ces intellectuels en publiant son livre L’Art d’aimer. Un ouvrage petit mais dense d’une incroyable pertinence, et qui aborde les relations amoureuses sous un angle à la fois anticapitaliste, philosophique et éthique.

L’angoisse de la séparation

Pour Fromm, l’amour est un art, et qu’est-ce qu’un art si ce n’est la subtile relation entre théorie et pratique ? À ce titre, l’amour mérite autant de considérations et d’effort que la pratique de n’importe quel autre art : musique, peinture, danse, etc. Pourtant, il constate qu’aujourd’hui, plusieurs prémisses empêchent la réalisation d’un tel art.

Tout d’abord, les individus sont plus intéressés par le fait d’être aimés. Ainsi, dans cette quête visant à devenir aimables, ils ne se consacrent qu’à des choses comme le succès économique ou la coquetterie, en d’autres termes la popularité et le sex-appeal. Ensuite, suivant cette prémisse, ces mêmes personnes n’envisagent l’amour qu’en ce qu’il concerne son objet. On aime l’objet de son amour, et aimer n’est pas tant une faculté qu’un rapport à cet objet. De ce fait, comme les consommateurs comparent les marchandises entre elles ou se lient dans le cadre d’un échange mutuellement profitable, les personnes à la recherche de l’amour envisagent cet objet en cherchant ce qui est le plus attrayant et le plus accessible dans le marché de l’amour. Enfin, on aurait tort selon Fromm de confondre l’expérience initiale de “tomber” amoureux et l’état permanent d’être amoureux, empêchant ainsi de comprendre que cet état passionné ne dure jamais éternellement, et que son intensité n’est pas tant le révélateur de l’intensité d’un amour que celui de la solitude qui l’a précédé.

Pour exceller dans l’art d’aimer, il faut donc résoudre ces erreurs par la théorie et la pratique (notamment via des méditations, la discipline individuelle, la capacité à rester seul, la patience, etc.), mais aussi en faisant de cet art une « préoccupation ultime ». D’ailleurs, les échecs, demande-t-il, ne peuvent-ils s’expliquer par ce défaut majeur de nos sociétés modernes, à savoir que « malgré un insatiable appétit d’amour, profondément enraciné, presque tout le reste passe pour plus important : le succès, le prestige, l’argent, le pouvoir » ?

« Dans une culture où prévaut l’orientation commerciale et dans laquelle le succès matériel constitue la valeur éminente, il n’y a guère de quoi s’étonner que les relations amoureuses suivent le même modèle d’échange que celui qui gouverne le marché des affaires et du travail. » (Erich Fromm, L’Art d’aimer)

Il faut comprendre l’analyse de Fromm en expliquant que sa vision de l’homme est essentiellement psycho-sociale. L’homme se distingue des autres animaux par le fait d’être doué de raison, « il est vie consciente d’elle-même », et à ce titre, il est plus que tous conscient de sa mort inéluctable, de sa solitude, de sa séparation et de son impuissance face aux forces de la nature et de la société. Pour cette raison, il a besoin de s’unir aux autres afin de « tendre vers l’avant » et s’évader de cette prison qu’est son « existence séparée, désunie ». Cette angoisse de la séparation a suscité plusieurs réponses au fil de l’histoire humaine et des diverses civilisations qui l’ont composée. Des solutions partielles, tout d’abord. En premier lieu, les « états orgiaques », à savoir ces fameux rites primitifs, intenses, impliquant corps et esprit de manière transitoire et périodique, où la communauté fait disparaître le monde extérieur et fusionne avec les individus au travers de la consommation de drogues ou d’orgies. Plus fréquente, surtout dans les sociétés plus “civilisées” et élargies, la soumission au conformisme de groupe est une autre réponse à l’angoisse de la séparation. Cette union n’est pas intense ni violente, elle est « calme, dictée par la routine, et pour cette raison même, suffit rarement à pacifier l’angoisse de la séparation » ainsi que le démontrent les phénomènes d’alcoolisme, de toxicomanie, de sexualité compulsive et de suicide dans nos sociétés. Le conformisme ne concerne pas le corps mais uniquement l’esprit, cependant il a l’avantage d’être permanent et d’être encadré par la terrible routine du travail et du plaisir :

« L’homme devient un “huit heures – midi, deux heures – six heures”, il fait partie de la force de travail ou de la force bureaucratique des employés et directeurs. Il a peu d’initiative, ses tâches sont régies par l’organisation du travail ; même entre ceux qui se situent au haut et au bas de l’échelle, la différence est restreinte. Tous accomplissent des tâches prescrites par la structure d’ensemble de l’organisation, à une vitesse prescrite, et d’une façon prescrite. Les sentiments eux-mêmes sont prescrits : gaieté, tolérance, honnêteté, ambition, et capacité de s’accommoder avec tout le monde, sans frictions. De façon similaire, quoiqu’avec moins de rigueur, les loisirs sont routinés. Les livres sont choisis par les clubs de livres, les programmes de cinéma par les distributeurs de films et les propriétaires de salles, avec l’appui de la publicité qu’ils financent ; le reste est tout aussi uniformisé : la promenade dominicale en voiture, la séance de télévision, la partie de cartes, les réceptions. De la naissance à la mort, du lundi au lundi, du matin au soir – toutes les activités sont routinées et préfabriquées. Comment un homme pris dans ce filet de routine n’oublierait-il pas qu’il est un homme, un individu unique, qui n’a reçu que cette seule chance de vivre, avec des espoirs et des désillusions, avec des peines et des craintes, avec le désir nostalgique de l’amour et la terreur du néant et de la séparation ? »

À l’évidence, le capitalisme moderne, par sa division du travail et sa logique de concentration du capital, favorise la “fabrication” d’hommes grégaires incapables d’aimer. La nouvelle organisation du travail éradique l’individualité du travailleur, tandis que la société lui fait croire qu’il est toujours libre et autonome. Le capitalisme moderne a besoin qu’il se croit libre dans la servitude, et formate toujours plus ses habitudes, ses goûts, ses comportements, afin qu’il obéisse sans violence ni chefs, exécutant les ordres en ayant l’impression de suivre sa liberté personnelle. Il en devient un automate, un homme-marchandise pris dans les rouages d’une grande machine qui rappelle le film de Chaplin (Les Temps modernes). Pour qu’il demeure inconscient de sa solitude, le capitalisme moderne offre divers palliatifs : le travail mécanique et bureaucratisé, dont les insuffisances sont complétées par l’industrie des loisirs et des divertissements. Le monde devient objet de consommation, et l’homme cherche son bonheur dans ces plaisirs éphémères qui finissent toujours dans la déception et le retour à la solitude. L’amour est donc marginalisé, et c’est pour cela que Fromm plaide pour un changement radical des structures de la société. Une révolution de l’amour pour qu’aimer ne soit plus le privilège de quelques-uns.

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L’amour, seule solution humaine

La dernière solution partielle à l’angoisse de la séparation est la production d’une œuvre, qu’il admet être sans doute la plus intéressante, mais qui ne se retrouve plus dans le travail moderne de l’employé de bureau ou de l’ouvrier. Vient alors la seule solution complète : l’amour, à savoir « l’accomplissement de l’union interpersonnelle, de la fusion avec une autre personne, dans l’amour ». Selon Fromm, le monde ne vivrait pas sans amour, car ce désir de fusion interpersonnelle est le « plus puissant dynamisme de l’homme ». Sans cela, on deviendrait fou, ou l’on chercherait à détruire – soi ou les autres. L’amour est donc avant tout fusion. Mais quel type de fusion ? Il propose là aussi sa préférence. Contre la fusion « symbiotique », qui s’illustre dans le sadisme et le masochisme, c’est-à-dire une relation de dépendance et de domination, il valorise ce qu’il appelle « l’amour accompli, pouvoir actif de participation » : « L’amour accompli est une union qui implique la préservation de l’intégrité, de l’individualité. L’amour est chez l’homme un pouvoir actif ; un pouvoir qui démantèle les murs séparant l’homme de ses semblables, qui l’unit à autrui ; l’amour lui fait surmonter la sensation d’isolement et de séparation, tout en lui permettant d’être lui-même, de maintenir son intégrité. Le paradoxe de l’amour réside en ce que deux êtres deviennent un et cependant restent deux. »

L’amour est donc une activité, au sens d’un exercice qui fait prendre part à. Cette activité passe par le fait de donner, avant tout. Plus on donne en amour, plus on est paradoxalement riche. « Quiconque est capable de donner de lui-même est riche ». Aucune comparaison avec la richesse matérielle, ostentatoire : bien qu’un degré de misère avilisse et empêche le don, « il est bien connu que les pauvres acceptent plus volontiers de donner que les riches ». Pour être capable de donner, il faut cependant s’être soi-même forgé une personnalité mature et libre, avoir « surmonté la dépendance, l’omnipotence narcissique, le désir d’exploiter les autres ou d’amasser ». 

LovingL’amour selon Fromm implique divers éléments fondamentaux. À commencer par la sollicitude, qui implique que l’on soit capable de faire des efforts pour l’autre, d’en prendre soin, car peut-on vraiment croire en l’amour de quelqu’un qui ne le démontrerait pas par les actes ? « On aime ce pour quoi l’on peine et l’on peine pour ce qu’on aime ». En outre, il s’agit d’être responsable, à savoir se sentir concerné par ce qui arrive à l’autre, notamment ce qu’il ressent psychologiquement. Partant, pour éviter que cette responsabilité ne dégénère en domination et possessivité, intervient la notion de respect : respect de l’individualité de l’autre, souci que l’autre puisse croître librement. Respecter l’objet de son amour est donc avant toute chose respecter sa liberté, l’aimer “telle qu’il est, et pour cela il faut avoir atteint soi-même l’indépendance afin de pouvoir « tenir debout et marcher sans […] béquilles, sans […] dominer et exploiter quelqu’un d’autre ». On ne peut cependant respecter quelqu’un sans le connaître : connaître ses ressentis en profondeur, quasi-intuitivement, deviner ce qu’il ou elle ressent. Bien que l’on ne connaisse jamais totalement autrui, ou soi, l’Homme est défini par ce désir perpétuel de connaître le « secret de l’homme ». Pour le trouver, il pourra aller jusqu’à l’emprise et le sadisme, mais contre cette tentative pervertie de connaître l’autre, l’amour est la seule manière de connaître totalement, car « cet acte transcende la pensée, il transcende le langage », « dans l’acte de fusion, je vous connais, je me connais, je connais chacun – et je ne “connais” rien ». L’amour aide à connaître, connaître aide à aimer. Enfin, l’amour est un état, une faculté, et refuse dès lors l’égoïsme vécu à deux : si l’on est capable d’aimer vraiment son ou sa partenaire, c’est qu’on doit être aussi capable d’amour pour les autres – une grande partie de son livre est d’ailleurs consacrée aux diverses formes d’amour, de l’amour maternel à l’amour érotique. Pour cela, il faut s’aimer soi – ce qui est l’inverse de l’égoïsme ou du narcissisme.

Les raisons du déclin de notoriété

Erich Fromm a perdu sa notoriété au sein des sciences sociales, de la psychanalyse et de la vie publique intellectuelle du milieu des années 1960 au début des années 1990. Comme l’explique l’universitaire McLaughlin, sa défense d’un humanisme influencé par le marxisme allait à contre-courant de l’antihumanisme postmoderniste de plus en plus à la mode au sein de la culture américaine, celle-là même qui a permis à Derrida de se forger sa réputation après la fin des années 1960. Son socialisme libertaire n’avait plus la cote au sein de la Nouvelle Gauche des années 1960 et 1970, et la vague néolibérale des années 1980 a parachevé cette marginalisation intellectuelle. D’après lui, son travail était « beaucoup trop populaire pour le plus petit public intellectuel américain en pleine décroissance. Et pourtant, les écrits de Fromm étaient trop théoriques et politiques pour le marché des lecteurs de manuels de développement personnel, de philosophie New Age et de futurisme inspirant. »

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Jacques Derrida, Gilles Deleuze, Roland Barthes

L’image ayant parfois plus d’importance que la pensée, il en vient à ajouter qu’on lui a préféré des Foucault, des Sartre ou des Marcuse parce qu’ils véhiculaient plus, malgré des constats communs sur la modernité, l’image de “radicaux de gauche”, par leur défense de la contre-culture post soixante-huitarde, leur vie sexuelle débridée ou leur association à des personnalités militantes de grande ampleur comme Angela Davis. Il faut bien l’admettre, outre un caractère de chien qui lui a valu des ennuis au sein de la politique spécifique aux universités et centres de recherche, Erich Fromm demeurait un homme de son temps, conservateur dans ses mœurs et peu enclin à apprécier les libérations permises par la contre-culture (qu’il qualifiait d’infantile voire de destructrice). Si certaines de ses critiques sonnent justes à l’ère des légalisations en tous genres – GPA, prostitution – force est de constater que cela lui a fait aussi écrire des choses aujourd’hui datées – à l’instar des délires d’Adorno et Horkheimer sur le jazz.

Ainsi, on peut voir dans son livre un éloge sans ambiguïté des relations hétérosexuelles, ainsi qu’une vision des rapports homme-femme calés sur une vision un peu trop figée et essentialiste du féminin et du masculin, envisagés comme “complémentaires”. Par ailleurs, son éloge de l’ascèse et de la discipline dans le cadre de couples amoureux, ainsi que sa critique radicale du romantisme, semblent frappés d’une certaine austérité qui ne conviendra probablement jamais à bien des personnalités. Il est des passions qui méritent d’être vécus au moins une fois, et contrairement à une tradition chrétienne portée notamment par Denis de Rougemont, ne pourrions-nous pas imaginer de concilier la magie du romantisme avec la maturité d’une relation amoureuse responsable et durable – en somme la passion et la raison, toutes deux déformées par le capitalisme ? Quoi de mieux que l’amour pour réconcilier le hasard, le destin et la volonté libre ?

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