Shots et pop-corns

Les shots du Comptoir – Décembre 2018

Au Comptoir, nous lisons. Un peu, beaucoup, passionnément. Contre la dictature de l’instant, contre l’agitation de l’Internet et des écrans, contre la péremption annoncée et la critique avortée. Sans limite de genre ni de style, de l’essai au théâtre en passant par l’autobiographie ou le roman, nous faisons le pari du temps long, de l’éternelle monotonie des pages, des jouissances de l’histoire qu’on ne peut lâcher. Parce que « le savoir est une arme », nous mettons ici, à votre disposition, les recensions des livres qui nous ont marqués ces derniers temps. Pour vous donner, à tout le moins, l’envie d’aller feuilleter dans ces univers qui nous ont séparés du commun des mortels le temps de quelques chapitres.

Volupté du pessimisme [1]

Historien spécialisé dans l’histoire de la République française, Michel Winock poursuit son exploration des bouillonnements politiques et intellectuels qui agitèrent la France du XIXe siècle en s’attaquant au mouvement décadent, notamment caractérisé par ce que l’on a appelé la littérature fin-de-siècle. Sont ainsi convoqués, dans un élégant panorama, les grandes plumes décadentes, rageuses et sublimes, qui vitupèrent contre le nouvel esprit démocratique, le culte du progrès et des machines, l’alliance du scientisme et du positivisme, la faiblesse de l’Église catholique : Joris-Karl Huysmans, Rachilde, Léon Bloy, Rémy de Gourmont, Octave Mirbeau, Édouard Drumont, Maurice Barrès, Barbey d’Aurevilly, etc. « C’est l’époque également, précise Winock, où devient dominante la perception, largement inspirée par Baudelaire – la référence commune –, d’une modernité morbide, où triomphent le faisandé, le putride, la décomposition d’une société infestée de vices. »

Pour autant, la décadence est plurielle et multiforme. Elle prend à la fois les traits d’un catholicisme de combat incarné par le bretteur Bloy et le mystique Péladan, mais aussi ceux des embrasements anarchistes des poseurs de bombes soutenus par Octave Mirbeau et des descendants insurgés de Jules Vallès. La détestation commune pour la IIIe République triomphante regroupe les éructations antisémites d’Édouard Drumont, les envolées démagogiques du général Boulanger, le nationalisme du jeune Barrès mais également les récits sataniques de Huysmans, l’érotisme sulfureux de Pierre Louÿs, Jean Lorrain ou Rachilde, l’antipatriotisme de Rémy de Gourmont ou encore le rire incendiaire et grotesque du Père Ubu d’Alfred Jarry et les mystifications de Léo Taxil. Pour qui connaît déjà un tant soit peu l’histoire du mouvement décadent, le livre de Michel Winock ne lui apprendra sans doute pas grand chose de plus qu’il ne sache déjà. La taille de l’étude aurait dû tripler de volume pour embrasser réellement tous les aspects politico-littéraires que regroupe un tel bouillonnement protéique. La lecture n’en demeure pas moins agréable et ravive le goût, à l’image des peintures de Gustave Moreau, pour une inquiétante flamboyance artistique.

Sylvain Métafiot

Robinson Crusoé contemporain [2]

Ancienne journaliste à La Décroissance, Sophie Divry est aujourd’hui surtout reconnue comme romancière. Elle revient en cette rentrée 2018 avec son sixième livre et cinquième roman, intitulé Trois fois la fin du monde. L’auteur y raconte l’histoire de Joseph Kamal, jeune homme bien rangé dans sa vie, qui se retrouve en prison pour avoir aidé son grand frère à commettre un braquage. N’étant pas réellement passé par la case “délinquance”, Jo va découvrir un nouveau monde, sans son frère, décédé pendant leur délit, qui va peu à peu le briser. Pourtant, après trois ans d’enfermement, une catastrophe nucléaire fini par le “sauver”. Seul survivant de sa zone géographique – mais pas de la France – il recommence une nouvelle vie solitaire.

Avec ce roman, Sophie Divry nous fait une nouvelle fois réfléchir sur notre société et son inhumanité, à travers plusieurs thèmes. Le premier est évidemment le milieu carcéral, où règne la loi du plus fort organisée par l’État lui-même. Trois fois la fin du monde nous fait ensuite réfléchir sur notre société thermo-industrielle et à la catastrophe écologique de plus en plus imminente. Enfin, l’écrivain évoque aussi le retour difficile à la nature. Le tout est bien écrit et la double narration, qui alterne entre Joseph et un narrateur externe, enrichit un récit percutant.

Kévin Boucaud-Victoire

La mystique et la politique [3]

« Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent », affirme Jésus dans les Évangiles (Matthieu 19 : 13). Matthieu Giroux, libraire et fondateur de la revue littéraire et philosophique Philitt, y voit l’essence de la pensée de Charles Péguy. Pour lui, l’écrivain né à Orléans voit dans l’enfance une pureté qui fait face au monde moderne, « le monde qui fait le malin. » « Pour Péguy, les enfants sont exemplairement mystiques », explique Matthieu Giroux. « En revanche, poursuit-il, la politique, c’est-à-dire tout ce qu’il rejette, est une affaire d’adulte. » C’est à travers ce thème de l’enfance que l’auteur explique Péguy, tour à tour socialiste, républicain, dreyfusard, catholique et patriote, qui ne se renie ou ne se contredit pourtant jamais.

Pour Charles Péguy, la politique et l’argent sont les deux maux qui rongent le monde moderne. Selon l’écrivain, « tout commence en mystique et finit en politique. » À la suite de Camille Riquier, Matthieu Giroux estime que les mots “commence” et “finit” ont une importance primordiale. « Il n’existe pas de commencement qui ne soit pas mystique. De même, la fin implique la politique dans sa définition », commente l’essayiste. Ainsi, « le christianisme, comme la République, comme le socialisme, ont été des “fondations”. » Mais le monde moderne les a tous asséchés et pervertis. Avec cet essai, Matthieu Giroux réussit à nous montrer que Péguy reste un auteur important de notre époque, qui n’apporte aucune solution collective, mais invite à renouer avec une éthique personnelle. On peut néanmoins se demander si son analyse reste entièrement valable pour notre modernité tardive, qui a transformé les adultes en post-adolescents en trottinette électrique.

K.B.V.

Les Psaumes en poésie [4]

Divisé en 150, les Psaumes constituent le deuxième livre poétique de la Bible. Les Gens du Blâme, petite maison d’édition indépendante lyonnaise avec Philippe Villard-Mondino en tête, nous offrent un recueil de poème entièrement inspirés des célèbres textes bibliques. L’idée est simple : reprendre Le livre des Psaumes, effacer des mots, des signes de ponctuation, pour produire de courts textes poétiques. « L’ordre d’apparition des mots et la linéarité du texte, par rapport à l’original sont toujours respectés ; celui de la ponctuation également. Pas une virgule, pas un point n’ont été ajoutés s’ils ne se trouvaient pas sur le bon trajet. Jamais plus de trois mots extraits du texte initial ne se suivent », nous explique Philippe Villard-Mondino.

Les Gens du Blâme n’ont rien inventé. Cette « littérature de la décroissance » existait déjà avant eux. Le président américain Thomas Jefferson l’a appliqué, durant son premier mandat (1801 à 1809) à l’Évangile selon Matthieu pour composer The Life and Morals of Jesus of Nazareth. Plus près de nous dans le temps, la poétesse Mary Ruefle a utilisé cette technique en 2006, toujours de l’autre côté de l’Atlantique. Cette fois, Philippe Villard-Mondino se situe autant dans le domaine spirituel que poétique. Chaque petit poème, qui ne contient en général que quelques mots (cinq par exemple pour le Psaume 150) sonne et raisonne en nous. « Cet effacement ne tend pas à imiter l’original, ni à le déformer, mais plutôt à révéler quelque chose qui se trouve déjà à l’intérieur du texte, peut-être dans le but d’y entendre l’une des possibles voix qui s’y cache. » L’objectif est parfaitement rempli.

K.B.V.

Pasolini christologue [5]

9782227492318_1_75La figure du Christ, dès qu’on l’arrache à la gangue de la stricte institution religieuse, révèle une ambiguïté fondamentale : peu importe après tout qu’il soit Dieu incarné ou Messie rédempteur. Ce qui compte bien davantage, bien plus profondément, c’est que sa position dans l’histoire interdit de trancher entre le réel – le Christ est corps, chair, vécu – et le Mythe est indissociablement parole, récit, représentation. Ce statut à la fois total et intermédiaire, cet interrègne ne pouvait que trouver sa place, centrale, dans l’œuvre de Pasolini. Du côté du réel, avec Marx, du côté du mythe, avec Œdipe.

On sait quelle multiplicité irréductible caractérise l’œuvre et la pensée de Pier Paolo Pasolini, romancier et poète, essayiste et dramaturge, journaliste et cinéaste. Le Christ apparaît à travers chacun des genres que s’est approprié l’artiste, essentiellement au cinéma bien sûr, non seulement dans le grand chef-d’œuvre qu’est L’Évangile selon saint Matthieu, mais aussi sous forme parodique dans La Ricotta, sous forme métaphorique dans Accatone et Mamma Roma, en filigrane dans Théorème, mais encore dans deux projets avortés, Le Père sauvage et Saint Paul. On pourrait dérouler à l’infini ce déploiement de présence(s), surtout quand on considère que le terme Christ donne en italien le nom commun cristo, qu’on peut traduire par “pauvre hère”, “pauvre bougre”, soit le type de personnage qui intéresse Pasolini au premier chef. Figure réversible à souhait : le Christ, fils de petit charpentier, incarnation mythifiée du prolétaire ; le prolétaire, par excellence figure christique, sacrifié du capitalisme.

Puisqu’il faut des catégories – mais en gardant à l’esprit que Pasolini passe sa vie à les déjouer –, nous pouvons dire que c’est à une version marxiste du Christ que nous avons affaire. Mais à cette différence près (et majeure) que Pasolini ne cherche pas à désacraliser la figure du Christ, bien au contraire. Ce dont il s’explique à propos de son Évangile : « je ne suis pas intéressé par la désacralisation : c’est une mode que je déteste, petite-bourgeoise. Je veux re-consacrer les choses le plus possible, je veux les remythifier. Je ne voulais pas reconstituer la vie du Christ telle qu’elle a été vraiment ; je voulais faire l’histoire du Christ selon deux mille ans d’histoire chrétienne, car ce sont deux mille ans d’histoire chrétienne qui ont mythifié cette biographie qui, autrement, en tant que telle, aurait été presque insignifiante. » Si Pasolini se revendiquait athée, son rapport à la religion et plus généralement à la question du sacré reste complexe, délicat, au point qu’on pourrait le qualifier d’athée non irréligieux, athée chrétien peut-être.

L’aspect mystique et mythique de la figure christique intéresse autant Pasolini que son aspect révolutionnaire, tribun et prolétaire. Son Christ est clairement approfondi en fonction d’un regard de gauche, mais au matérialisme et au positivisme de son camp politique, Pasolini oppose une admiration inquiète et habitée du sacré, liée dans son œuvre à la nostalgie du monde paysan. De son Frioul natal, son paradis perdu, Pasolini retient un rapport au monde et à la nature empreint d’une spiritualité à la fois simple et profonde, consubstantielle à cette forme de civilisation qu’il voit s’éteindre. Au cauchemar rationalisé et technicisé de la civilisation urbaine, Pasolini oppose le Christ et son mythe pré-industriel, jusqu’à s’identifier à lui. Or, ce destin de tribun persécuté qui fut celui Pasolini, par-delà la reconnaissance de son œuvre artistique, ce destin qui le conduit à une mort violente sur la plage d’Ostie, n’est-il pas christique à maints égards ? N’est-il pas encore le destin d’un cristo, d’un pauvre bougre ? À tout le moins, la persistance de Pasolini à questionner le Christ tout au long de sa vie laisse ouverte l’énigme de l’affinité si spécifique entre ces deux figures, témoins persécutés, martyrs héroïques. Le recueil proposé par les éditions Bayard s’accompagne d’une préface exhaustive et passionnante de René de Ceccaty, à conserver dans sa bibliothèque.

Maxime Roffay

Chef d’oeuvre hongrois [6]

Emerence Szeredàs est un personnage qui ne laisse personne indifférent. Elle fait partie de cette catégorie d’êtres humains qui mettent la communauté entière au défi. Cette femme est au centre d’une confession, celle de l’écrivaine hongroise Magda Szabó. Emerence fut la domestique de la narratrice pendant 20 ans. « Le monde d’Emerence connaissait deux sortes d’hommes, ceux qui balaient et les autres », raconte la narratrice. La vieille femme est anti-intellectuelle, ne reconnait que les métiers qui appellent au travail manuel ou qui demandent un effort physique. Seuls ces derniers sont dignes de considération. Elle est l’unique habitante d’un royaume dont elle est la souveraine. Le regard qu’elle porte, alors, envers le couple que formaient la narratrice et son mari écrivain, est empreint de scepticisme avec « son impossible système où la respectabilité de chacun dépendait du fait qu’il balaie ou non ».

Publié en 1978, adapté au cinéma, ce roman hongrois est devenu une référence dans la littérature nationale. Le régime communiste hongrois ayant mis à l’index l’auteure, ce n’est qu’en 2003 que le roman reçoit le prix Femina. La Porte, roman d’une extraordinaire finesse, a été élu meilleur livre de l’année 2015 par le New York Times. Comme beaucoup de romans de Szabó, La Porte aborde des figures féminines de toutes origines sociales, soumises à de minutieuses analyses psychologiques et ce dans le bouleversement du changement de système en Hongrie. Le roman est une confession publique dans laquelle la narratrice montre l’échec des tentatives pour comprendre l’autre, le dysfonctionnement de la communication à plusieurs niveaux, la trahison que ne peut supporter l’amitié, et la faute tragique à laquelle une bonne intention peut concourir. Magda Szabó maîtrise avec une main de maître cette stratégie narrative où la subjectivité est doublée. Les dialogues directs sont rares dans le livre, ce qui renforce le caractère du monologue intérieur. Cette technique a été saluée par les critiques dès les débuts de la carrière de l’écrivain hongroise.

Deux classes sociales différentes, des personnalités opposés mais c’est surtout deux visions du monde en pleine confrontation. Ainsi, le départ à la messe de l’employeuse s’accompagne souvent de remontrances anticléricales d’Emerence. Le roman dépeint un milieu où l’opposition frontale entre deux façons de vivre n’empêchait pas une vie commune et une solidarité entre voisins. Cela n’est pas sans rappeler la France que décrivait Charles Péguy dans L’Argent où les écoliers recevaient en une même journée le discours religieux du prêtre et celui antireligieux du maître d’école. Or, ces deux visions du monde réussissaient à coexister car un même état d’esprit les habitait : celui du sérieux, de la dignité et de l’humilité. Une époque révolue donc mais que Magda Szabó refait vivre avec brio. La profondeur des deux personnages principaux est le reflet de celle de l’époque. Malgré tous les aléas de la vie en communauté, les gens ordinaires de Budapest, comme partout dans le monde, remplissent leurs existences avec le sens du devoir, du don et de l’amitié entre voisins.

S’il existe des passerelles entre les deux mondes, une véritable compréhension semble toutefois être presque impossible, comme le prouve la faute de l’écrivain à l’égard de l’employée qui la sauve d’une existence non désirée. Szabó semble vouloir expliquer que la domestique représente certaines valeurs que les intellectuels ont perdues. Ces derniers doivent leur mérite moins à leur nature qu’à leur éducation. La porte de l’appartement d’Emerence referme symboliquement toute la dignité de ce personnage qu’on n’oubliera pas.

Shathil Nawaf Taqa

Rousseaulâtrie macabre [7]

On le sait, Jean-Jacques Rousseau avait une aptitude particulière à déchaîner toutes sortes de passions chez ses contemporains. Caillassé dans certaines villes, accueilli avec des bals et des rubans dans d’autres, le Citoyen de Genève peut se vanter d’avoir été le premier philosophe à jouir d’une telle aura de rockstar, et à compter autant de groupies (à commencer par Robespierre !) que d’ennemis mortels.

Jean-Jacques narre l’histoire, presque trop vraisemblable, de deux frères, deux vieux garçons solitaires, passionnés au dernier degré par le “Maître”. Le but ultime de leur vie : après avoir étudié à maintes reprises (et avec un certain insuccès) les œuvres de Rousseau, convier le philosophe chez eux, dans une demeure et un jardin tout spécialement aménagés pour lui, selon ses préceptes et ses goûts. Hélas, la mort de leur idole intervient bientôt. Qu’à cela ne tienne : puisque Jean-Jacques n’a pu venir habiter chez eux vivant, il viendra y passer son dernier repos. Les deux frères profanent discrètement la tombe du Maître, volent sa dépouille et l’enterrent dans leur jardin, bien décidés à lui offrir une paix absolue loin des méchancetés des hommes qui l’ont si mal compris. Bien des années plus tard, l’un des deux frères est mort à son tour, et la Révolution a éclaté. On parle de transférer Rousseau au Panthéon, mais personne ne se doute que son tombeau est vide… Le second frère renoncera-t-il à son idole et rendra-t-il le corps à une société enfin devenue raisonnable et digne de l’accueillir ?

Bourré de références et de clins d’œil pratiquement à chaque page, loin d’être dénué d’humour, peuplé de personnages attachants à défaut d’être raisonnables, Jean-Jacques fera le bonheur des rousseauistes en herbe… mais pas seulement ! Le dessin de Makyo, souvent touchant et chaleureux, ainsi qu’une histoire d’amour parallèle qui n’est pas sans rappeler les leçons de la Nouvelle Héloïse, plairont bien au-delà du cercle des admirateurs du philosophe.

Frédéric Santos

Sattouf atteint l’adolescence [8]

Le tant attendu quatrième volet du best-seller de Riad Sattouf est arrivé en librairie. Lors des trois précédents tomes, le dessinateur nous a raconté avec humour ses neuf premières années en Libye, puis en Syrie, pays marqués par le socialisme arabe. Changement d’ambiance, puisque cette fois le héros rentre (presque) définitivement en France. [Attention spoilers] En effet, sa mère refuse de suivre son père en Arabie saoudite, où il vient d’obtenir un poste d’enseignant-chercheur. Dérangée par le sort des femmes dans le pays du Moyen-Orient, elle décide de rentrer dans sa Bretagne natale avec ses trois fils, dans le village de ses parents. Changement d’ambiance radical pour la petite famille, mais les difficultés ne s’arrêtent pas pour autant.

Voilà comment Riad se retrouve en CM1 dans un pays qu’il ne connaît que peu. Il voit peu son père et a peu de nouvelles de lui, sans qu’il ne lui manque particulièrement. Ce dernier rentre de temps en temps et emmène même quelques mois sa famille en Syrie. En Arabie saoudite, il subit l’influence du wahhabisme. De pathétique dans les premiers numéros il devient détestable, notamment avec sa femme qui doit assumer seule une maladie et trois enfants. Au bout de deux ans, ils déménagent à Rennes, où Riad va au collège. Le héros devient peu à peu un adolescent. Son corps se transforme. Ses cheveux perdent leur blondeur et il s’enlaidit. Riad a du mal à se faire des amis et subis les moqueries, notamment de ses camarades, à l’école. Finalement, l’école française ne paraît pas plus “humaine” que l’école syrienne.

Bien que plus sombre, la bande-dessinée, plus longue que les précédentes, ne perd rien en humour et le scénario est toujours aussi intense. Elle traite toujours autant de la difficulté de vivre entre deux mondes. Cette fois, l’adolescence, période ingrate et sujet apprécié par le dessinateur-réalisateur, est aussi abordée. À sa sortie, l’album s’est payé le luxe de détrôner le dernier pamphlet droitard d’Éric Zemmour en tête des ventes de livres… Un succès amplement mérité !

K. B. V.

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